La coopération Sud-Sud: pourquoi cet intérêt croissant ?

05/11/2010
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La coopération Sud-Sud est le nouveau sujet à l’ordre du jour des débats au sein de la communauté du développement. Cette coopération n’est certes pas toute nouvelle, mais elle semble aller en s’accroissant, à la faveur de la progression économique de pays tels le Brésil, l’Inde, la Chine, voire l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Afrique du Sud. Sans compter les banques arabes de développement, actives  dans les pays récipiendaires depuis les années 60.

Il n’est pas étonnant, dans ce contexte, qu’une table-ronde ait été consacrée à ce sujet au cours de la Deuxième réunion régionale sur l’efficacité du développement, qui s’est tenue à Tunis les 4 et 5 novembre 2010.

Devant les résultats parfois mitigés de l’aide traditionnelle Nord-Sud, certains voient dans cette coopération une voie nouvelle pour propulser les pays en développement. Ces pays ne partagent-ils pas en effet une expérience commune, similaire, moins éloignée l’une de l’autre, rendant le transfert d’expertise et de technologies plus fluide ?

Plusieurs idées ont circulé au cours de cette table-ronde. Pour l’un des participants, la coopération Sud-Sud, même si elle revêt une forme différente de la coopération plus traditionnelle entre le Nord et le Sud, ne peut faire l’économie des principes régissant la Déclaration de Paris, soit l’appropriation, l’alignement de l’aide, l’harmonisation, la gestion axée sur les résultats, la redevabilité.

De plus, cette coopération ne doit pas être vue comme un substitut à la coopération avec les pays riches, mais comme un complément. Les deux axes de coopération doivent se renforcer mutuellement, en fait optimiser les efforts de développement engagés par les pays africains.

Si un encadrement formel de la relation d’aide Sud-Sud n’existe pas encore, certains participants souhaiteraient au moins voir émerger un « protocole » régissant les ces liens d’aide entre pays donateurs et pays récipiendaires.

Pour l’heure, peu de pays ont des structures institutionnelles bien établies régissant leur relation d’aide, ni de politiques très claires d’intervention. Et encore moins de mesures concrètes des résultats atteints.

Bien qu’encore peu étudiée et analysée, la coopération Sud-Sud s’imposera à l’ordre du jour du quatrième Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide (HLF-4), qui se tiendra à Busan, en Corée du Sud, en novembre 2011.

D’ici cette importante rencontre, les Africains devront tenter de dégager les leçons apprises de la coopération Sud-Sud, conclut un participant.  De manière à la rendre encore plus effective dans le cadre des actions menées par la communauté internationale pour plus d’efficacité dans les actions de développement consacrées au continent africain.