Le transfert du savoir-faire Sud-Sud est essentiel pour l'avenir économique de l'Afrique, déclare le président de la BAD

08/09/2012
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Les investissements Sud-Sud ainsi que l'échange en matière de savoir-faire sont de véritables sources de croissance et de prospérité en Afrique. L’expérience du groupe chinois Huajian en Ethiopie est édifiante à cet égard.

Tel était le message du président de la Banque africaine (BAD), Donald Kaberuka, ouvrant un séminaire de haut niveau, le 7 Septembre 2012, à Tunis.

Le groupe chinois Huajian, spécialisé dans la fabrication de chaussures, s’est installé en Ethiopie en 2011, en vue de mettre en œuvre le plan de croissance et de transformation du pays. En moins d’une année, elle a mis en route deux chaines de production de chaussures «Fabriquées en Ethiopie» vendues à l’extérieur, pour un chiffre d’affaires mensuel d’un million de dollars. L’usine emploie plus de 800 travailleurs locaux et produit 2000 paires de chaussures, par jour.

C’est  en relation avec cet état des lieux que Mme Helen Hai, vice-présidente et directrice générale du groupe chinois Huajian, a effectué son exposé et apporté les réponses «attendues» aux questions centrales : «Quelles leçons la BAD pourrait-elle tirer des liens entre la Chine et l'Afrique en général, et le groupe chinois Huajian en particulier, pour stimuler de manière durable les investissements dans le continent? Qu’est-ce qui fait la spécificité de l'Ethiopie, pour être en mesure d'attirer l'un des plus grands fabricants de chaussures en Chine, avec à la clé, un transfert réussi de la technologie et la création d'emplois dans le pays ?»

Les questions liées à l’expérience de la Chine en matière de croissance économique, ainsi qu’à ses relations avec l'Afrique étaient au cœur des échanges. Les discussions ont surtout porté sur la manière d'élargir l’exemple de réussite du groupe Huajian en Ethiopie à d’autres pays africains.

L'Afrique a l'un des taux de croissance économique les plus rapides du monde, avec une moyenne d'environ 6 pour cent. En ce moment, elle a besoin du transfert des technologies pour accélérer sa croissance et atteindre la prospérité, dans des partenariats gagnants-gagnants. Pour les participants, l’exposé a montré “une image différente de celle qui est habituellement présentée des investisseurs chinois.» «Nous sommes très impressionnés. L'Afrique peut devenir un lion économique à côté du dragon chinois et le tigre indien, si l'expérience du groupe chinois Huajian, est répliquée dans les pays membres régionaux», ont commenté des participants.

En réponse aux questions, Helen Hai a affirmé : "L'Afrique et la Chine ont besoin l’une de l’autre mutuellement… Cependant, il faut une volonté politique forte, des états de droit et des institutions fortes en Afrique." Pour Mme Hai, le groupe Huajian s’est établi en Ethiopie, en raison du coût de la main-d’œuvre locale et de la fourniture de matières premières, mais plus important encore, en raison de la forte volonté du gouvernement et de la motivation des communautés locales elles-mêmes.

Elle a également affirmé n’être ni un économiste ni une politicienne, et expliqué que «l’accent mis sur le social à l’égard des employés» est au cœur de la réussite du groupe. «La discipline, le travail d'équipe et la gestion des travailleurs, en tant que ressources humaines, sont des facteurs clés de succès de notre entreprise», a soutenu Helen Hai, devant de nombreux membres du conseil d'administration, de la direction et du personnel.

Les relations économiques sans cesse croissantes entre la Chine et l'Afrique ont ouvert la voie au partage des connaissances, un point clé inscrit dans la stratégie à long terme de la Banque, qui, nul doute, a conduit le président Donald Kaberuka à inviter Mme Helen Hai à la Banque pour partager l’expérience du Groupe dans l’industrie légère. «Notre continent s’est engagé à explorer les moyens d'une croissance durable qui correspondent à ses propres réalités ... La Banque s'efforcera de rencontrer un spectre plus large d’hommes d’affaires privés, pour partager leurs expériences sur les défis et opportunités d'investissement», a conclu le président Kaberuka.

Pour le groupe Huajian et le gouvernement d'Ethiopie, l'industrie légère offre un sentier viable pour le pays, étant donné qu’elle transforme sa structure économique et favorise la création d'emplois. Ce partenariat public-privé illustre le potentiel des pays africains à devenir leaders dans le secteur manufacturier, tout particulièrement dans l’industrie légère et la création de millions d’emplois.