Renforcer les partenariats avec les think tanks africains pour mieux positionner la BAD comme une institution du savoir : Administrateur Tse

31/10/2012
Share |

Il faut renforcer les partenariats avec les groupes de réflexion africains pour mieux positionner la BAD comme une institution du savoir, a  déclaré l’administrateur Hau Sing Tse de la BAD

« L’établissement de partenariats avec les groupes de réflexion doit faire partie intégrante des efforts de la Banque pour devenir une institution du savoir importante. » – Hau Sing Tse, administrateur  de la Banque africaine de développement pour le Canada, la Chine, la Corée du Sud et le Koweït

Un des temps forts de la 7ème Conférence économique africaine, organisée à Kigali, au Rwanda, était la session de réseautage avec les groupes de réflexion africains, en vue de favoriser un dialogue politique sur le thème « Flux de financement et transformation de l’Afrique ». Les participants ont exprimé la nécessité d’établir de véritables partenariats. Organisée un jour avant l’ouverture de la conférence, cette réunion a permis de souligner le besoin prépondérant de créer une synergie entre les principaux groupes de réflexion en Afrique. Les participants ont reconnu le rôle des groupes de réflexion dans l’efficacité de la Banque sur le terrain, mettant en avant la nécessité de renforcer les partenariats entre eux afin de faire de la BAD une solide institution du savoir.

Plus de 60 participants issus du secteur industriel, des organisations non gouvernementales, des universités et instituts de recherche ont pris part à cette réunion. Parmi les participants de haut-niveau figurait Hau Sing Tse, administrateur de la BAD pour le Canada, la Chine, la Corée du Sud et le Koweït, qui a fait remarquer que les relations de la Banque avec les groupes de réflexion africains étaient essentielles : « Les partenariats de notre institution avec ces groupes de réflexion doivent faire partie intégrante de notre effort visant à devenir une solide banque de savoir. »

Du fait incontestable que la BAD est une institution financière pour le développement qui a un intérêt tout particulier à tirer avantage de son savoir, M. Tse a également souligné que « ces partenariats auraient peut-être intérêt à promouvoir la recherche appliquée, soit sous forme de recherches en commun ou bien en étudiant les résultats de recherches générés par les institutions partenaires qui ont de fortes implications politiques et contribuent à notre expertise.  

« Il est également nécessaire d’encourager de manière continue la croissance de ces groupes de réflexion africains, et de renforcer leurs capacités, car ces derniers sont les mieux placés pour réfléchir aux problèmes de développement en Afrique », a-t-il ajouté. « Tisser un solide réseau entre ces groupes et favoriser leur collaboration mutuelle peuvent s’avérer un moteur de savoir efficace aux niveaux national, régional et local. »

Interrogé que ce qu’il a retiré de sa participation aux discussions sur les flux de financement et la transformation économique de l’Afrique, le directeur général a répondu qu’il avait « énormément profité de cette opportunité d’apprentissage ».   

« Cet atelier était enrichissant », a-t-il ajouté. « J’ai également appris sur l’importance des réformes dans le secteur financier, car elles font partie intégrante de toute transformation économique structurelle. » Il a de plus poursuivi en affirmant que transformer les résultats de recherche en recommandations politiques et les rendre accessibles aux responsables politiques est un aspect que tous les groupes de réflexion se doivent d’améliorer. En d’autres termes, la notion d’application des recherches et la génération de résultats de recherche qui aboutissent à des recommandations politiques, en veillant parallèlement à ce que ces résultats soient faciles à comprendre, sont tout aussi importantes que la recherche elle-même, voire plus.

De l’avis de l’administrateur, malgré la difficulté d'obtenir des données de bonne qualité au moment voulu et la capacité de nombreux pays en développement à effectuer une analyse des flux de financement, c’est un effort de recherche utile pour orienter le développement d’options politiques. Simultanément, ajoute-t-il, certains de ces concepts pourraient être appliqués dès maintenant, comme l’a démontré le Gouverneur de la Banque nationale du Rwanda. En assurant le suivi du flux de financement des banques commerciales, des banques de développement, des institutions de micro-finance et des coopératives, le gouvernement rwandais est mieux équipé pour comprendre la source et l'utilisation des fonds et de prendre des décisions sur, par exemple, l'émission d'obligations ou pour élaborer des options de financement des projets d'infrastructure. Toutefois, M.Tse a souligné que la réalisation de cet objectif dépendait de manière importante du renforcement des capacités de suivi des flux principaux de financement, comme illustré par le cas de la Banque centrale du Rwanda.

L’Institut africain de développement a également saisi l’opportunité fournie par cette session avant la conférence pour lancer un ouvrage présentant les résultats de recherche sur le secteur informel au Sénégal, au Bénin et au Burkina Faso. Selon M.Tse, « un message important à retenir était l’importance essentielle de comprendre les différences de comportement entre les grandes et les petites entités du secteur informel».

Les grandes entités se comportent de manière assez identique aux entités de taille similaire du secteur formel. Cela suggère que les petites entités constituent une priorité en termes de mobilisation des ressources nationales dans le secteur informel, » a affirmé l’administrateur. « Je crois savoir qu'il existe des meilleures pratiques pour aider les gouvernements à faire cela de manière constructive. »