Renforcer les personnels de santé en Afrique, une priorité pour la BAD

18/11/2013
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Sujet crucial pour les pays africains, “Les ressources humaines pour la santé dans le cadre du programme de développement post-2015 et de l’adhésion politique à la couverture médicale universelle (CMU)” est le thème dont plus de 2 000 participants venus de 80 pays ont débattu, durant le troisième Forum mondial sur les ressources humaines pour la santé (RSH), qui s’est tenu du 10 au 13 novembre 2013 à Recife, au Brésil. Le 14 novembre, ce forum a été suivi d'une réunion du conseil d'administration de l'Alliance mondiale pour les personnels de santé (AMPS), dont la BAD est membre et dotée d’un siège, afin de mettre en place l’agenda à venir des personnels de santé.

Des chefs d’État, des représentants de ministères de la Santé et des Finances, d’organisations de premier plan de la société civile, des experts internationaux spécialisés en RHS, des professionnels de santé, des agents de santé spécialisés, des chercheurs et autres décideurs, ont identifié et discuté des priorités post-2015 en matière de développement sanitaire.

L'un des objectifs majeurs de cette manifestation d’une semaine, organisée par l'AMPS sous le patronage du gouvernement du Brésil, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Organisation panaméricaine de santé (OPS), était l'annonce de nouveaux engagements tangibles en matière de RHS, qui permettront d’accélérer les progrès accomplis en faveur de la couverture médicale universelle (CMU) et de mettre en avant d’importantes opportunités qui placeront cette thématique en priorité de l’agenda mondial pour le développement sanitaire.  

« La communauté internationale doit radicalement changer son approche traditionnelle des personnels de santé. Adopter une approche globale du marché du travail pour mieux comprendre les forces qui influencent à la fois l’offre et la demande en personnels de santé est essentiel. Et c’est particulièrement crucial en Afrique, qui compte une charge de morbidité élevée et une faible densité de personnels de santé », note  Agnès Soucat, directrice du Département du développement humain au sein de la BAD et membre principal du conseil d'administration de l'AMPS, dans son récent ouvrage, intitulé The Labor Market for Health Workers in Africa: A New Look at the Crisis (“Le marché du travail pour le personnel de santé en Afrique : un nouveau regard sur la crise”).

Agnès Soucat a présidé la session “Financement des ressources humaines, le développement l’éducation, la formation et la capacité”. Lors de cette rencontre d’exception, elle a exposé la vision pour les dix prochaines années de la Banque en faveur du développement du capital humain en Afrique, en particulier dans le secteur de la santé. Elle a expliqué que la dynamique du marché du travail qui caractérise celui-ci nécessite des professionnels instruits et qualifiés d’un nouveau genre, capables de répondre à la croissance rapide des industries pharmaceutique et biomédicale. Dans son intervention, Feng Zhao, responsable au sein du Département développement humain, a appelé à changer de paradigme dans les investissements mondiaux relatifs aux personnels de la santé.

Développer les compétences et l'utilisation des technologies pour bâtir le capital humain est au cœur de la stratégie décennale de la BAD (2013-2022). Celle-ci vise à transformer le continent, en créant des opportunités pour une croissance inclusive et verte.

En effet, la crise en matière de personnel de santé en Afrique reste d’actualité dans de nombreux pays membres. Cette crise est, pour l’essentiel, liée à l’existence de programmes souvent obsolètes, à une faible rémunération et à des possibilités limitées d’évolution de carrière, en particulier dans les zones rurales. Face à tous ces facteurs, créer un nouveau paradigme pour le capital humain, jugé être la ressource la plus précieuse en Afrique, est l'une des priorités de la stratégie 2014-2018 de la Banque pour le développement humain, surtout en matière de santé.

Au cours des trois dernières années, la BAD a aidé les pays membres régionaux à développer leur capital humain dans le secteur. En Ouganda, par exemple, un projet de 98 millions de dollars EU a été lancé pour transformer l'hôpital de Mulago en un centre d'excellence dédié à la prestation de services de soins, au développement de l'éducation et à la formation des étudiants en sciences humaines. Par ailleurs, attentive à la croissance que connait l'industrie pharmaceutique en Afrique, la Banque a établi des partenariats public-privé (PPP) pour aider les pays à investir dans le développement des compétences dans le secteur et à renforcer la base de connaissances nécessaires pour créer de l’emploi et une croissance durable.