Power Africa : un partenariat solide dopera la production d’électricité en Afrique, dixit les officiels

23/05/2014
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La Banque africaine de développement (BAD) ainsi que ses partenaires dans la production d’électricité en Afrique sont convenus qu’un partenariat fort pourrait concrétiser l’initiative “Power Africa”.

Les constats ont été faits lors de la table ronde intitulée « Power Africa Roundtable », programmée le mercredi 21 mai, dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque, qui se déroulent cette année à Kigali. La session s’est concentrée sur ce que peuvent être les plus grands défis auxquels les investisseurs et financiers doivent faire face en matière d’investissements dans les projets d’énergie en Afrique.

Alex Rugamba, le directeur du Département de l’énergie, de l’environnement et du changement climatique de la BAD, a affirmé que la Banque était fière de faire partie de l’initiative Power Africa, que le président des États-Unis, Barack Obama, avait présentée en exclusivité le 30 juin 2013, au Cap, en Afrique du Sud. Power Africa a pour objectif de doubler le nombre de personnes ayant accès à l’électricité en Afrique subsaharienne.

Cet objectif sera atteint en faisant fructifier les sources importantes d’énergie dans la région, tant éolienne, que solaire, hydraulique, au gaz naturel et géothermique, afin de renforcer la sécurité énergétique, de réduire la pauvreté et de promouvoir la croissance économique.

« Dans le cadre de notre projet de mise en œuvre de l’initiative Power Africa, la BAD vient d’approuver une opération de grande envergure pour soutenir l’Angola dans la structuration de son secteur énergétique et l’amélioration du climat pour la participation du secteur privé », a indiqué Alex Rugamba.

« Nous aidons également les services publics à devenir plus “bankables”, de sorte de gagner la confiance des producteurs d’énergie indépendants ; en Tanzanie, par exemple, nous travaillons avec les services publics pour restructurer et réformer le secteur de l’énergie et en améliorer les performances ».

Et de noter que, dans le cadre du Programme d’intégration régionale de la Banque, la BAD encourage les pools énergétiques et les investissements régionaux dans les infrastructures transfrontières, en particulier les lignes de transmission.

« Nous hébergeons un certain nombre d’instruments à la Banque, dont certains visent à soutenir les préparations de projets – par exemple, le Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA) », a-t-il souligné.

« Nous disposons également de l’instrument de préparation de projets d’infrastructures du NEPAD, dont le but consiste à préparer des projets régionaux transformationnels, a précisé Alex Rugamba. La Banque sera impliquée dans certaines initiatives continentales complexes – par exemple, des projets d’énergie hydraulique en République démocratique du Congo ».

Il a poursuivi en indiquant que la Banque abrite également la plateforme africaine de l’initiative “Énergie durable pour tous” et un certain nombre d’initiatives qui mobilisent des financements privés.

Prenant la parole, Helen Tarno, fondatrice et directrice générale d’Aldwych International, une société énergétique présente dans les économies d’Afrique en expansion, les risques associés à l’investissement dans la production d’électricité en Afrique sont importants. « Le défi majeur réside généralement dans les politiques réglementaires et juridiques nationales qui, trop souvent, impliquent des tarifs subventionnés, des pratiques de recouvrement faibles et des régimes d’investissement limités », a-t-elle déclaré.

« Une histoire faite d’instabilité économique peut aggraver les problèmes, et entraîner ensuite d’importantes fluctuations de devises et augmenter les risques de défaut de paiement de la part des prestataires étatiques de services publics. Il est important de disposer d’une fondation solide pour investir dans l’énergie ».

Helen Tarno a précisé que son entreprise se consacre à la production d’électricité au Kenya et au Nigeria et entend s’étendre à travers le continent.

Elle a souligné qu’une solide gestion économique de l’énergie, des cadres réglementaires satisfaisants et des régimes d’investissement attractifs sont essentiels pour accélérer les projets d’investissement dans l’énergie sur le continent.

« Les investisseurs pourraient encore avoir besoin d’un gouvernement solvable et de banques multilatérales de développement disposées à apporter leur soutien pour accélérer les investissements dans le secteur de l’énergie », a-t-elle ajouté.

Vice-président de la Banque mondiale pour la région Afrique, Makhtar Diop a vanté les progrès considérables que la Banque mondiale a accomplis, grâce à une coopération étroite entre l’USAID, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et la BAD.

« Pour accélérer le processus, nous envisageons un scénario où les acheteurs participeraient à la production d’électricité. Par exemple, on remarque une forte progression d’accords pour des contrats de production, ce qui s’explique par l’implication grandissante du secteur privé dans la production ».

Et Makhtar Diop de souligner les progrès probants qui ont été réalisés en matière d’interconnexion dans les sous-régions, par exemple en Afrique de l’Est, tant dans la production que dans la transmission.

« Avec la BAD, nous identifions les chaînons manquants dans le transport de l’énergie, en particulier dans les États fragiles qui présentent encore d’énormes déficits en énergie, et nous renforçons leurs capacités pour combler le fossé énergétique ».

Power Africa sera lancée en travaillant avec les gouvernements africains, le secteur privé et d’autres partenaires, comme la Banque mondiale et la BAD, en Éthiopie, au Ghana, au Kenya, au Liberia, au Nigeria et en Tanzanie – pour ajouter plus de 10 000 mégawatts (MW) de capacité de production d’électricité propre et fiable.

Power Africa a pour objectif d’offrir un accès à l’électricité à plus de 20 millions de personnes et aux structures commerciales, ce qui renforcera les capacités de gestion des ressources énergétiques, permettant aux pays partenaires de satisfaire leurs besoins vitaux en énergie et de parvenir à une sécurité énergétique durable à long terme.

La BAD prévoit d’allouer jusqu’à 3 milliards de dollars EU au cours des cinq prochaines années. De quoi permettre de mobiliser au moins quatre fois plus d’investissements dans le secteur de l’énergie.