Le développement durable a besoin de financements innovants et de l’appui du secteur privé, selon les experts

19/06/2012
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Les sources innovantes de financement et les ressources du secteur privé sont essentielles à la réalisation du développement durable en Afrique, ont reconnu les dirigeants africains et les experts du monde hier, lors de la Conférence des Nations Unies pour le développement durable, ou Rio+20, à Rio de Janeiro.

S'exprimant lors du panel de haut niveau sur « Le financement du développement durable en Afrique », les Etats africains et leurs partenaires ont débattu de la mobilisation des ressources pour le développement durable, - au niveau national comme international.

Représentant un certain nombre de partenaires tels que la Banque africaine de développement (BAD), le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, le ministère ivoirien de l'Economie et des finances et la Chambre panafricaine de commerce et d'industrie, le panel s’est également penché sur le fossé entre les gestionnaires des ressources (les institutions financières internationales - les banques de développement, les bailleurs de fonds etc.) et les animateurs du développement (organisations non gouvernementales, organisations de la société civile).

Les institutions qui ont accès aux ressources financières mondiales sont parfois limitées par leur incapacité à fonctionner efficacement au niveau où les initiatives de développement durable s’exécutent de manière significative. Celles qui peuvent le faire sont souvent incapables de mobiliser les ressources dont elles ont besoin, ou se voient refuser l'accès aux institutions qui ont ces ressources.

Alors que la croissance verte est souvent perçue comme une voie coûteuse de développement, Aly Abou-Sabaa, président du Comité de coordination de la BAD sur le changement climatique a fait observer que « Ce ne sont pas toutes les options de développement vert qui sont coûteuses, car beaucoup parmi elles peuvent attirer des avantages», ce qui en fait des investissements réalistes pour toutes les catégories d'acteurs. Grâce à ses diverses activités de soutien à la transition à une économie verte en Afrique, la BAD a identifié des possibilités énormes pour le continent.

Ibrahim Thiaw, directeur du PNUE pour la mise en œuvre des politiques d’environnement, a donné des exemples concrets de ces opportunités. «Deux des principaux problèmes qui affligent le continent, à savoir la désertification et la gestion des déchets, représentent quelques-unes des principales opportunités», a-t-il noté. Il a expliqué en outre que «la désertification a le potentiel pour la restauration des terres, le reboisement et la création d'emplois verts, la conservation de la biodiversité, la recharge des sources d'eau souterraines et les activités agricoles».

Percevoir les conditions du développement durable, non plus comme un fardeau ou un risque, mais comme  une nouvelle panoplie d'opportunités, est nouveau. De nombreux pays en développement pourraient même bientôt commencer à lever des financements pour le développement, à partir de sources internes, à mesure que leur PIB continue de croître, a déclaré Kebour Ghenna, président de la Chambre panafricaine de commerce et d'industrie. «Le secteur privé a de plus en plus foi qu’il peut faire des affaires en Afrique, ce qui représente une importante occasion», a-t-il ajouté.

La transformation des économies africaines vers un modèle de croissance verte offre une occasion de mobiliser des ressources supplémentaires. Le déficit infrastructurel actuel de l’Afrique la met en position de faire un saut qualitatif vers des technologies et des infrastructures plus avancées, en lui permettant en même temps de faire face aux besoins pressants du développement et de réduire l'empreinte écologique.

Cependant, les défis de l’heure, tels que le risque de ne pas hiérarchiser les aspects d'une économie verte et les exigences du développement durable, sont particulièrement pertinents dans des situations d'instabilité nationale, a déclaré Gustave Aboua, directeur général du Développement durable en Côte d'Ivoire. «Les stratégies nationales de développement social fragile et le manque de cadres définis sont un défi à la mise en œuvre d'une économie verte », a-t-il indiqué aux participants, invitant les institutions comme la BAD à apporter le soutien nécessaire, y compris l'assistance technique et un surcroît de financement.

Les représentants des pays et les partenaires au développement sont convenus que les engagements au développement durable doivent être pris au sein du continent. Il est également essentiel que ces engagements soient accompagnés de l’assurance que leur mise en œuvre est possible dans un contexte plus large, ont-ils fait remarquer.

Note aux éditeurs:

La Commission de l'Union africaine (CUA), la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), la Banque africaine de développement (BAD), le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) se sont associés à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, "Rio+20", pour porter l’agenda de l'Afrique, fondé sur la ferme croyance que le continent ne peut pas se permettre de manquer cette occasion pour orienter la réflexion et l’action vers l'avenir qu’elle veut - avec un programme de développement qui correspond à ses aspirations. Rio+20 se déroule à Rio de Janeiro, au Brésil, du 13 au 22 juin 2012.