Lancement de la plateforme pour l’Afrique de l’Initiative énergie durable pour Tous

31/05/2013
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Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, a lancé vendredi à Marrakech en marge des Assemblées annuelles de l’institution, la plateforme africaine de l’Initiative énergie durable pour Tous, en partenariat avec les Nations Unies et les gouvernements danois et américains.

L’initiative vise à répondre aux objectifs annoncés par le Secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon. Il s’agit d’ici à 2030, de fournir un accès universel à une énergie moderne, de doubler le taux global d’amélioration de l’efficacité énergétique, et de doubler la part des énergies renouvelables dans les sources d’énergie mondiales.

La BAD va prendre en charge la plateforme  pour l’Afrique qui doit permettre « de  mieux coordonner et de faciliter la mise en œuvre de l’initiative énergie durable pour Tous en Afrique. Il s’agit d’une structure légère », a précisé lors de la réunion, Daniel Schroth, coordinateur de la plateforme pour la BAD.

En Afrique subsaharienne, plus de 600 millions de personnes n’ont pas accès aux services énergétiques modernes et dépendent exclusivement de la biomasse traditionnelle pour les tâches ménagères. Paradoxalement, l’Afrique dispose d’immenses ressources en énergie hydroélectrique, solaire, éolienne, biomasse et géothermale, mais ne produit qu’environ 9,5% de la production totale mondiale. En 2011, la BAD a aidé à financer la production de 630 MW supplémentaires d’énergie propre et prévoit de devait doubler ce chiffre en 2012.

La commissaire de l’Union Africaine pour les infrastructures et l’énergie, Elham Mahmoud Ibrahim, a souligné « la nécessité de développer des projets régionaux d’énergie durable afin notamment de limiter les coûts et d’augmenter l’efficacité ».

Les Etats-Unis investissent 5 millions de dollars

Pour le président de la BAD, « notre continent a assez de sources d’énergie propre pour atteindre ses objectifs. Cette initiative est soutenue par le Danemark et les Etats-Unis. Mais à la fin, il s’agit de notre continent et nous devons nous-mêmes trouver les ressources internes adéquates dans nos propres pays. Ensuite, nos amis peuvent nous aider. Nous allons lever ces ressources intérieures ».

L’administrateur adjoint de l’USAID, l’organe d’aide au développement américain, Earl Gast, a annoncé que son pays allait placer cinq millions de dollars dans le Fonds.

Pour sa part, le ministre sierra-léonais de l’Energie, Oluwiyi Robbin-Coker, a souligné la nécessité de rénover et de mieux entretenir les infrastructures énergétiques déjà existantes pour éviter les déperditions, estimant aussi que les projets concernant les énergies renouvelables doivent s’inscrire dans un cadre juridique clair et une limitation des risques afin d’attirer le secteur privé.

Selon les perspectives énergétiques mondiales de l’agence internationale de l’énergie de 2011, pour que l’Afrique atteigne l’objectif de l’accès à l’énergie pour tous d’ici 2030, comme l’a proposé le Secrétaire général des Nations Unies en 2011, il faudrait environ 20 milliards de dollars par an, compte tenu de la croissance démographique.

Pour l’Afrique, cette situation constitue une opportunité extraordinaire : l’accès à l’énergie pour tous peut devenir une réalité grâce à des énergies et des moyens de distribution propres. L’Afrique a aujourd’hui la possibilité d’effectuer un saut écologique unique au monde.

Entre 2009 et 2012, dans le cadre de sa stratégie de lutte contre les effets du changement climatique et du développement des énergies renouvelables, la BAD a aidé à faire approuver 13 plans d’investissements des Fonds d’Investissements Climatiques (FIC) et à lancer plusieurs projets.

Par exemple, en tirant profit des ressources des FIC aux côtés des ressources propres de la Banque, deux projets d’énergie renouvelable ont été lancés en 2011 : le projet d’énergie renouvelable Eskom en Afrique du Sud (265 millions de dollars de la BAD et 100 millions de dollars des FIC), ainsi que le projet géothermique Menengai au Kenya (80 millions de dollars de la BAD et 25 millions de dollars des FIC). En mai 2012, le Conseil de la Banque a approuvé le projet de complexe à concentration d’énergie solaire à Ouarzazate au Maroc (240 millions de dollars de la BAD et 100 millions de dollars des FIC).

La stratégie de la BAD pour lutter contre les effets du changement climatique est déjà une réalité.Fidèle à ses engagements, la BAD ouvre la voie au déblocage de financements innovants en faveur de nouvelles politiques et de nouveaux projets de lutte contre les effets du changement climatique sur les économies africaines.