La Tanzanie mise sur l’énergie géothermique pour développer les énergies renouvelables

25/03/2013
Share |

Les 13 et 14 mars 2013, un atelier organisé par le gouvernement tanzanien à Dar-es-Salaam, s’est penché sur le « Cadre juridique et réglementaire national de l’énergie géothermique ». Des agents de l’État, des promoteurs privés, des experts en prospection des ressources géothermiques, des partenaires au développement, des juristes, ainsi que des représentants de la société civile figuraient au nombre des participants.

Organisé conjointement par la Banque africaine de développement (BAD) et le Haut-commissariat de Grande-Bretagne, avec l’appui des Fonds d’investissement climatiques (FIC), l’atelier visait à esquisser les modalités de création d’un cadre juridique et réglementaire efficace à même de soutenir le développement de l’énergie géothermique.

Dans son allocution d‘ouverture, le vice-ministre tanzanien de l’Énergie et des mines, Stephen Masele, a souligné la nécessité d’établir un cadre dédié spécialement au développement de l’énergie géothermique, indiquant qu’en l’absence actuelle d’un tel cadre, son gouvernement avait été contraint d’appliquer la loi qui régit le secteur minier dans l’octroi de concessions aux sociétés désireuses d’exploiter l’énergie géothermique.

La représentante résidente de la BAD, Tonia Kandiero, a offert l’appui de son institution, et confirmé que la Banque avait commencé à préparer un important plan d’appui au développement de l’énergie géothermique, financé par le Programme [des FIC] de développement accéléré des énergies renouvelables pour les pays à faible revenu (dit “SREP” en anglais), dont la BAD est l’un des principaux organes d’exécution.

Au cours de cet atelier de deux jours, certain nombre de pistes de réflexion ont été avancées, en vue d’instaurer un cadre efficace pour l’exploitation de l’énergie géothermique :

Cadre juridique et réglementaire :

  • le gouvernement doit inclure, de manière explicite, l’énergie géothermique au nombre des actions prioritaires de développement, dans sa Politique en matière d’énergie actualisée et dans sa nouvelle Politique en matière d’énergies renouvelables ;
  • l’énergie géothermique doit être considérée comme une source d’alimentation viable lors du processus d’actualisation du Plan directeur du réseau électrique ;
  • une loi doit être préparée, qui régisse l’énergie géothermique, de même que des règlementations connexes pour orienter le développement du secteur et attirer les investisseurs privés.

Cadre institutionnel :

  • une Division de la géothermie devrait être créée au sein du Département de l’énergie au ministère de l’Énergie et des mines, afin de veiller à une bonne intégration de l’exploitation de la géothermie dans le développement de l’énergie, et de s’assurer qu’elle bénéficie de toute l’attention requise ;
  • il faudrait définir clairement le rôle et les responsabilités que sont appelés à jouer respectivement les secteurs public et privé dans les différents volets du développement de l’énergie géothermique, de la prospection des ressources à l’exploitation de l’électricité, et doter la Division de l’énergie géothermique d’un effectif suffisant et composé d’experts compétents.

Renforcement des capacités :

Pour l’heure, la Tanzanie dispose de faibles capacités d’exploitation de l’énergie géothermique ; en effet, le pays ne compte que huit (8) experts dans ce domaine. La pleine exploitation du potentiel géothermique requiert donc le renforcement préalable des capacités, tant dans le secteur public que dans le privé. Il faudrait des experts en exploitation des ressources géothermiques, en planification, en développement de l’électricité, en financement de projet, en gestion de projet et protection sociale et environnementale.

En Tanzanie, le SREP offre l’opportunité, exceptionnelle, de mettre en œuvre certaines des recommandations qui seront soumises à l’approbation du gouvernement.