Assemblées annuelles 2015, « fenêtre de la Banque sur le monde »

24/05/2015
Share |


« Tous les ans, durant une semaine de travaux intenses, les Assemblées annuelles de la Banque deviennent ce qu’est son site Web pendant les 52 semaines de l’année : la fenêtre de la BAD sur le monde », déclare Joël Kibazo, directeur de la communication et des relations extérieures de la Banque africaine de développement (BAD), s’adressant à des journalistes à la veille de l’ouverture de cet événement d’ampleur, qui se déroule à Abidjan du 25 au 29 mai 2015. 

M. Kibazo a évoqué ce sur quoi porteront ces assemblées : la performance de l’Afrique en 2014 et 2015, les activités de la Banque pendant cette période, ainsi qu’une vue d’ensemble sur ce qu’elle a accompli au fil de ses 50 années d’existence et les réalisations de son président Donald Kaberuka, dont le deuxième mandat arrive à terme.

Thématique des Assemblées

« Le thème, « L’Afrique et le nouveau paysage mondial », a été fort opportunément choisi », a tenu à souligner le directeur du Département de la communication. Et de préciser : « L’Afrique fait partie du paysage mondial et, en cette année 2015, elle présente à la fois des opportunités et des défis au monde. Les opportunités sont claires : la croissance du continent s’est maintenue en 2015, en dépit des incertitudes économiques mondiales. Selon nos projections, les investissements étrangers directs augmenteront de près de 12 % pour atteindre 55 milliards de dollars EU. » 

« Mais les défis sont tout aussi clairs, a-t’il ajouté. Trois conférences mondiales auront lieu cette année et les décisions qui y seront prises auront de profondes conséquences pour l’Afrique et d’autres régions en développement, outre leurs répercussions sur l’économie mondiale. Ici, à Abidjan, je peux vous assurer que l’Afrique continuera à définir ses positions dans la perspective de la Conférence sur le financement du développement, qui se tiendra à Addis Abeba en juin, de la Conférence sur le développement durable, prévue à New York en septembre sous les auspices des Nations unies, et de la 21e Conférence des Parties sur le changement climatique, à Paris, en décembre. » 

« Nous estimons que ces trois événements sont tous manifestement à propos de l’Afrique, mais qu’ils sont aussi à réaliser par l’Afrique. Dans nos messages à Addis Abeba et New York, nous soulignerons que l’Afrique s’emploie à gérer et, de plus en plus, à financer la destinée de son développement. Et, à Paris nous ferons passer ce message : les ressources disponibles pour répondre au changement climatique sont toujours minimes et l’Afrique n’en reçoit qu’une part de tout juste un peu moins de 5 %.  

La performance de l’Afrique en 2014-2015

« En 2014-2015, l’Afrique a connu une croissance continue, mais les défis qu’elle doit affronter se sont maintenus. Avec un taux de 3,9 %, la croissance de son PIB a dépassé la moyenne mondiale de 3,5 %. L’Afrique de l’Est a mené la charge avec un taux de 7,1%, tandis que l’Afrique de l’Ouest, défiant le virus Ebola, a enregistré une croissance de 6 %.

« Nous connaissons bien les défis qu’il nous faut relever, a poursuivi Joel Kibazo. Pour nous, ici à la Banque, le défi qui nous sollicite le plus tient au manque persistant d’infrastructures sur le continent. À observer les faits, nous sommes embarrassés : seul un quart des Africains a accès à l’électricité, les deux tiers n’ont aucun accès à l’assainissement, et un tiers d’entre eux ne dispose pas d’une source d’eau potable améliorée. Si on y ajoute la propagation du terrorisme et le fait que la crise actuelle des migrations vers l’Union européenne via la Méditerranée a mis en lumière l’instabilité de pays africains dont les citoyens tentent de s’échapper, nous sommes très conscients des obstacles qui se dressent sur notre chemin vers le progrès. »

Ce que la Banque a accompli en 2014-2015

« Nous insistons sur le fait que les activités de la Banque entraînent des changements dans la vie des gens, sur laquelle elle exerce de vrais impacts. Elle est la première institution de financement du développement de l’Afrique et, âgée maintenant de 50 ans, elle est à la hauteur de sa mission et - depuis 2014 - elle est « de retour à la maison ». En 2014, nous avons lancé 232 opérations pour un total de 7,59 milliards de dollars EU. En fait, nous sommes parvenus à dépasser nos cibles ; ce, au cours d’une année où nous avons déménagé d’un pays à l’autre, déplaçant 1 000 collaborateurs et leurs familles de Tunis à Abidjan. »

« À la Banque, tout le monde aime citer le projet qu’il préfère. Le mien se trouve non loin d’ici, en Côte d’Ivoire, où 380 millions de dollars ont été investis dans la construction du pont Henri Konan Bédié, qui franchit la lagune d’Abidjan. Cet ouvrage permet à 70 000 véhicules de passer chaque jour et il a considérablement amélioré la circulation dans la ville. La Banque y a contribué pour 80 millions de dollars. Nous pourrions raconter le même type d’histoire de projets transformateurs à travers tout le continent.

« Nous pouvons chiffrer notre impact sur la vie des populations. Au cours des deux dernières années, 4 millions d’Africains ont bénéficié des projets de la Banque dans les domaines de l’eau et e l’assainissement, 10 millions d’Africains ont bénéficié de notre aide dans le secteur agricole, 11 millions dans celui de l’énergie, 19 millions dans celui des transports et 49 millions dans le secteur de la santé. »


Ivorian President Alassane Ouattara and AfDB President Donald Kaberuka at the inauguration of the Henri Konan Bedié Bridge.

Les activités de la Banque au cours de ses 50 ans d’existence

« Bien sûr, il serait plus difficile de chiffrer les centaines de millions de vies que nous avons changées en l’espace de 50 ans – un demi-siècle au cours duquel nous avons grandi, pour devenir la première institution de financement du développement du continent, et le partenaire de choix non seulement des gouvernements membres, mais également du secteur privé et d’autres agences de développement. »

Joel Kibazo a rappelé d’autres chiffres, significatifs eux aussi : « Nous comptions 26 pays membres en 1964, ils étaient 80 (dont 54 régionaux) en 2014. Notre personnel, qui se résumait à 10 collaborateurs en 1964, en comptait 2 000 en 2015. Nos projets pionniers des débuts, en 1967, se sont multipliés et, à la fin de 2014, nous en avions 4 200 d’une valeur de 103 milliards de dollars au total. C’est dire que notre croissance a été exponentielle. »

« Je dirais que cette croissance porte également témoignage de la façon dont nous avons évolué pour répondre à de nouveaux besoins. Années 1970 : octroi de prêts concessionnels aux membres les moins nantis. Décennie 1980 : accueil de pays membres non régionaux. Années 1990 : début d’opérations pour alléger les problèmes des États fragiles. Années 2000 : lancement de partenariats avec le secteur privé. Années 2010 : prise en charge de nouveaux programmes « inclusifs » et « verts ». Tels ont été, parmi d’autres, les points saillants de chaque décennie.

« La survenue de nouveaux défis mettra nos facultés d’adaptation et d’évolution à l’épreuve. Il nous reste toujours à trouver de nouveaux mécanismes de financement ainsi que de nouveaux partenaires de financement afin de répondre aux besoins continus de l’Afrique, particulièrement en matière d’infrastructures. Nous aurons à renforcer les dispositions physiques et institutionnelles encore faibles de l’intégration économique régionale en Afrique et à résoudre des problèmes de gouvernance, car cela constituera le meilleur moyen d’étayer le développement économique du continent.

Les réalisations du président Kaberuka

« Le regard de l’Afrique et du monde se portera sur les Assemblées annuelles pour une autre raison encore : notre Conseil des gouverneurs élira un nouveau président. Ce sera également l’occasion de jeter un regard sur ce que Donald Kaberuka a accompli, au moment où il arrive au terme de son second mandat de 5 ans. Les dix années de cette présidence ont été marquées par la consolidation des fondements de la Banque, par la réponse aux besoins immédiats de l’Afrique, et par une poussée vers de nouvelles frontières.

« Je pense que nombre d’entre nous se souviendront de Donald Kaberuka pour la manière dont il a su répondre aux crises. Il a si bien galvanisé les réactions collectives africaines et mondiales à la crise financière de 2008 que le volume des prêts a doublé en 2009. De manière analogue, pendant le Printemps arabe de 2011, nous avons accordé un soutien tout particulier aux initiatives lancées à la base par des femmes et de jeunes en Tunisie, qui était alors notre pays d’accueil. Et, de nouveau en 2014, face à la crise d’Ebola, nous avons accordé des financements accélérés à l’OMS et à nos pays partenaires.

« Les succès de Donald Kaberuka n’ont pas nécessairement été de nature à faire la Une des journaux. La Banque a su conserver sa notation financière AAA. Elle a procédé à une augmentation de capital record en 2008, ainsi qu’à trois reconstitutions du Fonds africain de développement. Ses prêts au secteur privé ont décuplé en l’espace de dix ans pour atteindre 2 milliards de dollars par an. Donald Kaberuka a aussi su donner un regain d’intérêt aux États fragiles et à l’égalité de genre, et il a imprimé une nouvelle orientation stratégique à la Banque en consacrant la croissance inclusive et verte comme fondement de cette stratégie pour les années 2013-2022.

« On lui est redevable d’avoir reconnu la nécessité pour la Banque de mobiliser de nouveaux capitaux et d’élaborer un nouveau modèle d’affaires. Nous avons calculé que, pour chaque dollar qu’elle investit, la Banque parvient à débloquer 3 dollars du secteur public et 6 dollars du secteur privé. Au cours des dix dernières années, la Banque a lancé de nouveaux produits de garantie des risques et de nouveaux produits financiers, tels que les obligations vertes, et elle a instauré des partenariats avec de nouveaux bailleurs de fonds, notamment des fondations internationales. L’impact de Donald Kaberuka a été tout aussi prononcé en dehors de l’Afrique. Il a inauguré un nouveau bureau régional pour l’Asie à Tokyo, il a animé le développement de partenariats accrus avec l’Inde et la Chine, et il a érigé la Banque en tant qu’intervenant mondial et grand avocat de l’Afrique. 

« Et cela me ramène à mon point de départ, le thème des Assemblées annuelles 2015 : « L’Afrique et le nouveau paysage mondial ». Venez nous rejoindre à Abidjan, ou suivez-nous sur le site Web de la Banque. Sur ce site, visitez les pages consacrées aux Assemblées. Suivez-nous également avec notre hashtag, #afdbam2015 ».


Sections Connexes

Contact