Le FAD finance pour 38 millions de dollars EU les compétences, l’entrepreneuriat et l’emploi au Rwanda

05/04/2013
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Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 3 avril 2013, un don de 25,7 millions de dollars EU et un prêt de 12,6 millions de dollars EU pour financer le programme rwandais sur les Compétences, l’entrepreneuriat et l’emploi (SEEP). Ces ressources proviennent du guichet du Fonds africain de développement (FAD).

Le programme appuiera les réformes des politiques engagées par le Gouvernement du Rwanda pour promouvoir le développement du capital humain, la croissance inclusive et la lutte contre la pauvreté.

« Notre objectif est de réduire l'inadéquation entre l'offre de compétences par le système éducatif et la demande de main-d'œuvre qualifiée par venant des entreprises, et développer une culture de l'innovation et de l'entreprenariat au Rwanda », a déclaré Agnes Soucat, directrice du département du Développement humain de la BAD.

Le Rwanda a un déficit moyen de compétences de 40 %, avec une croissance limitée d'emplois extra-agricoles de qualité. Cette situation est un facteur majeur du sous-emploi des jeunes.

Malgré de grands progrès dans la réforme de l'éducation, le Rwanda reste confronté aux défis que constituent les lacunes dans les compétences, la qualité de l'éducation et la pertinence de la formation pour le marché du travail. Il importe de prendre des mesures énergiques pour s'attaquer à la disponibilité limitée des compétences et à la faible productivité qui prévalent dans tous les secteurs de l'économie, tout en freinant la croissance et la compétitivité du secteur privé. Le SEEP a pour but d'aider le Gouvernement du Rwanda dans ses efforts visant à créer des emplois et à soutenir la croissance remarquable qu'il a accomplie au cours de la dernière décennie.

Le Rwanda a été un cas de succès économique et a maintenu un rythme de croissance forte, avec une moyenne supérieure à 8 % par an durant la dernière décennie. Il  a également fait des avancées remarquables sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), notamment en sortant un million de personnes de la pauvreté (OMD 1), ainsi que sur la santé (OMD 4, 5 et 6). La réduction remarquable de la pauvreté a été stimulée par la combinaison de l’amélioration des revenus agricoles, la création d'emplois non-agricoles et les transferts publics et privés.

Le programme vise à protéger les programmes de création d'emplois et le secteur de l'éducation, menacés par une aide de longue durée.

Cette opération d’appui budgétaire sectoriel contribuera à l’exécution des réformes dans les domaines des compétences et de l'emploi. Pour sa part, le développement de l'entrepreneuriat sera un outil pour que les résultats notables déjà obtenus par le gouvernement rwandais soient maintenus. La situation pourrait être aggravée par des aides prolongées à moins que des mesures de compensation ne soient engagées.

Les défis à venir concernent le maintien et l'intensification des compétences et de l'emploi en vue de créer des emplois dans le secteur privé, dans un contexte où les perspectives très incertaines de l'aide et de l'environnement mondial demeurent incertaines. Pour le moyen terme, les défis consisteront notamment à maintenir une croissance forte tirée par le secteur privé et à poursuivre la lutte contre la pauvreté, tout en réduisant progressivement la forte dépendance du Rwanda vis-à-vis de l'aide étrangère.

Le SEEP a été élaboré conjointement par la Banque africaine de développement et le Gouvernement du Rwanda, en étroite consultation avec les principaux partenaires au développement (Belgique, Commission européenne, France, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Suisse, Royaume-Uni, Etats-Unis et Banque mondiale) et le secteur privé.

Créé en 1972, le Fonds africain de développement (FAD) est le guichet concessionnel du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD). Le FAD contribue au développement économique et social des 40 pays à faible revenu d'Afrique. Il le fait en accordant des prêts concessionnels et des dons pour des projets et des programmes, ainsi que de l'assistance technique pour les études et le renforcement des capacités. Les prêts du Fonds ne portent pas d’intérêt, mais ils sont assortis d'une commission de service de 0,75 % par an sur l’encours des prêts, et une commission d'engagement de 0,50 % par an sur les engagements non décaissés. Les prêts-projets ont une durée de remboursement de 50 ans, dont un délai de grâce de 10 ans.