Économie et croissance vertes : la BAD s’engage avec force

30/05/2013
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Le 28 mai2013, en marge de ses Assemblées annuelles, la Banque africaine de développement (BAD) a organisé un événement de grande importance afin de débattre des opportunités de transition vers une économie verte, pour les pays africains. Avec la validation de la stratégie 2013-2022 de la Banque, la croissance inclusive et la transition vers une croissance verte ont été consacrées comme les deux objectifs stratégiques qui doivent guider l’action de l’institution pour la décennie à venir.

En plus d’assurer une croissance plus inclusive, la croissance verte donnera également aux pays africains les moyens d'atteindre leurs objectifs de développement, leur permettra d’optimiser l'exploitation de leurs ressources naturelles, minimisera gaspillages et pollution, tout en renforçant leur résilience. Bâtir des économies vertes n’est autre à veiller à ce que la population, croissante, du continent africain accomplisse des progrès économiques considérables et durables, face aux changements environnementaux qui surviennent tant à l’échelle locale que mondiale.

Un panel de décideurs et d’experts africains a planché sur les moyens de concrétiser cette transition vers des économies vertes. La Sierra Leone a mis la croissance verte inclusive au cœur de son processus de planification du développement. Oluniyi Robbin-Coker, ministre de l’Énergie de la Sierra Leone, a d’ailleurs insisté sur la nécessité, pour les pays africains, de définir des stratégies à long terme et de s’approprier cet objectif primordial. Desta Mebratu, directeur adjoint du Bureau régional du PNUE pour l'Afrique, a ajouté qu'il était particulièrement important de s'approprier cette croissance verte en matière d’innovation sociale, dans la mesure où les communautés et les agriculteurs locaux, par exemple, sont les plus créatifs en termes d’économie verte. Mohammedi Allach, directeur général adjoint du Département commercial et financier de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable du Maroc (ONEE), a souligné quant à lui la nécessité d'insister fortement sur l'aspect "inclusif", tout autant que sur la dimension "verte", afin que les voies du développement s’avèrent durables d’un point de vue environnemental et social.  

En tant que co-responsables des activités émergentes de la Banque en matière de croissance verte, le vice-président Aly Abou-Sabaa, des Opérations secteurs (OSVP), et Hela Cheikhrouhou, directrice du Département de l’énergie, environnement et changements climatiques (ONEC), ont mis en exergue les efforts consentis actuellement par la Banque, ainsi que les engagements que celle-ci a pris, en vue de faciliter la transition vers des économies plus vertes dans ses pays membres de la région. Le vice-président Abou-Sabaa a, en particulier, mis l’accent sur l’importance d'analyses de qualité pour faire les choix politiques appropriés. Dans l’ensemble, le passage à des économies vertes ne doit pas être perçu comme une contrainte, mais plutôt comme une opportunité pour le continent africain. Alors que la majeure partie de ses infrastructures doivent encore être mises en place, et compte tenu du riche capital en ressources naturelles de l’Afrique, une telle transition devrait aboutir à l’émergence d’économies efficaces, durables et fortes sur le continent, dans un monde marqué par une population en augmentation et une raréfaction des ressources.