«La BAD a adopté une politique agressive en matière de lutte contre le changement climatique», déclare le vice-président Pittman

26/05/2010
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La Banque africaine de développement (BAD) a adopté une politique agressive en matière de lutte contre le changement climatique, non pas du fait que les fonds soient disponibles mais parce  que les clients en ont besoin.

C’est  ce qu’a déclaré, mercredi 26 mai 2010, à Abidjan le vice-président de l’institution, chargé de l’infrastructure, Bobby Pittman, lors d’une conférence de presse sur le changement climatique et l’énergie  propre.

M. Pittman,  qui intervenait dans le cadre  des Assemblées annuelles de la BAD à Abidjan, a dans cette veine indiqué «nous devons être proactifs pour évaluer les projets et leur impact sur le changement climatique».

Il a illustré ses propos par des exemples de projet ayant fait l’objet d’un examen additionnel attentif et  ayant enregistré un rajout d’une  étude sur l’impact. Le vice-président a aussi indiqué que la Banque vient de créer un nouveau département  dédié à l'énergie. « Nous voulons que les pays africains puissent accéder à des fonds stratégiques», a t-il précisé.

«Nous avons un pipeline de 26 projets pour un montant de 11 milliards USD et voulons que ces réserves croissent.  Ces projets portent sur les trois prochaines années, a ajouté le vice-président Pittman, qui fait remarquer que ces opérations concernent d’ores et déjà des pays ayant des projets d’énergie propre (solaire, hydroélectrique etc.).

Les propos de M. Pittman ont été étayés par la nouvelle directrice du département énergie, environnement et changement climatique, Mme Hela Cheikrouhou qui assistait à la conférence de presse.

«Notre réserve est diversifiée …la BAD recherche l’équilibre en matière d’énergie propre et renouvelable, à travers un mécanisme pour un développement propre (MDP) et les marchés de carbone", a affirmé Mme Cheikhrouhou.

S’agissant de l’énergie, elle a reconnu qu’il existe une complexité pour accéder aux crédits. Quant à l’énergie solaire, elle a souligné que celle-ci est chère pour les pays africains, à  quelques exceptions au Nord du continent, et qu’ «il faut disposer de clients prêts à payer». L’alternative, selon elle, se trouverait dans l’appui indirect apporté aux petites institutions, à travers des fonds dédiés, puisque la BAD,  de par ses procédures, ne peut faire des opérations de petite taille.

Pour sa part, M.Anthony Nyong, chef de division environnement et de la protection sociale à la BAD a insisté sur le fait que l'institution  a beaucoup fait pour le MDP et  qu’elle a engagé près de 30 millions USD pour renforcer les capacités d’institutions régionales travaillant sur le climat.