La BAD plaide pour un Fonds vert pour l’Afrique

08/06/2011
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« L'Afrique pourrait faire beaucoup plus pour lutter contre le changement climatique grâce à la création d'un fonds vert dédié au continent », a déclaré Aly Abou-Sabaa, président du Comité de coordination sur le changement climatique à la Banque africaine de développement (BAD).

M. Abou-Sabaa a fait ce commentaire, le 8 juin 2011, lors d'un point de presse organisé au cours des Assemblées annuelles 2011 du Groupe de la BAD à Lisbonne, au Portugal.

La variabilité du climat a déjà des coûts économiques importants partout en Afrique, et des modèles indiquent que les pertes économiques en Afrique pourraient être l’équivalent de la perte annuelle de 1,5 à 3 pour cent du PIB d’ici 2030. «L'Afrique est le continent le plus touché par le changement climatique », a rappelé M. Abou-Sabaa.

Il a ajouté que la BAD a pris les devants dans la recherche d’une solution à ce problème urgent : elle a adopté un plan d’action sur le changement climatique orienté vers les résultats, et ce plan imprègne toutes les opérations de la Banque en vue de prendre en charge l'atténuation, l'adaptation et le financement.

Le plan d'action de la BAD repose sur trois piliers : un modèle de développement à faible émission de carbone, l'adaptation au changement climatique et l'établissement d'une plate-forme de financement du changement climatique devant être mise en œuvre grâce à une combinaison de plusieurs options de financement.

La Banque africaine de développement a appuyé plusieurs initiatives concrètes sur l'adaptation au changement climatique et l'atténuation dans l'agriculture, l'eau, les transports et l'énergie à travers toute l'Afrique, entre autres : la centrale Buseraka en Ouganda, la centrale électrique de Sahanivotry à Madagascar, une station thermo-solaire au Maroc, le projet de lutte contre le la désertification au Mali et un certain nombre de projets forestiers à travers le Fonds forestier du bassin du Congo (FFBC).

Cependant, avec un coût de plusieurs milliards de dollars E.U., les mesures d’adaptation au changement climatique et d'atténuation en Afrique ne peuvent pas être entièrement réalisées avec les financements actuels.

L’adaptation et l'atténuation ont des coûts supplémentaires. Selon des estimations récentes, les coûts et les ressources supplémentaires pour l’adaptation et l’atténuation nécessaires pour engager l’Afrique sur la voie d’une croissance à faible intensité de carbone s’établissent à environ 22 à 31 milliards de dollars E.U. par an d'ici 2015, et de 52 à 68 milliards de dollars E.U. par an de 2015 à 2030.

L’effet de levier financier est donc nécessaire, a déclaré M. Abou-Sabaa, et la BAD plaide pour un fonds spécial : le Fonds vert pour l'Afrique.

Hébergé par la Banque africaine de développement, ce fonds permettrait le développement d'une économie sobre en carbone et résistante au climat, faisant de l'Afrique un partenaire essentiel dans l'effort mondial de lutte contre les effets du changement climatique.

La Banque est actuellement en consultation avec les partenaires pour mieux comprendre ce que seraient une architecture acceptable du fonds et les paramètres d'accès au fonds, ainsi que sa fonction dans le cadre général du Fonds climatique vert.