Autoroutes de l’information en Afrique : l’information au service du PIB

28/10/2013
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Partenaire clé du développement en Afrique, la Banque africaine de développement (BAD) quantifie les progrès accomplis d’année en année pour mieux ajuster ses politiques. Aussi, son initiative “Autoroutes de l’information en Afrique”(AIA) entend faciliter la gestion et la diffusion de l’information et des statistiques à travers tout le continent. Depuis son lancement, en mars 2013, 40 pays africains sont devenus actifs sur la plate-forme en ligne OpenData Afrique, et 8 autres devraient la rallier avant la fin de l’année et partager ainsi le contenu de leurs bases de données statistiques.

« Les statistiques sont un bien public, elles devraient être accessibles au public », a ainsi déclaré Beejaye Kokil, directeur de la Division des statistiques économiques et sociales de la BAD, lors de la Conférence économique africaine (CEA) dédiée à “l’intégration régionale en Afrique”, qui s’est ouverte le 28 octobre 2013 à Johannesbourg, en Afrique du Sud. Et d’ajouter : « La gouvernance et la transparence en termes de développement s’en trouveront améliorées ».

La BAD travaille, de concert avec le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), à la normalisation de la qualité des données. L’UNESCO harmonise les données fournies par les gouvernements africains et les communautés sous régionales – telles que la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) –, de façon à pouvoir comparer les variables respectives des différents pays concernés.

Les “Autoroutes de l’information en Afrique” assurent la diffusion gratuite des informations, tout en favorisant le débat entre producteurs et utilisateurs des statistiques. « L’objectif est le suivant : les pays africains disposent d’importants volumes de données, mais ne les diffusent pas en l’absence d’outils appropriés. [L’initiative “Autoroutes de l’information en Afrique”] fournit les outils et la structure nécessaires aux pays, ce qui leur évite de devoir les développer, tout en leur permettant de rendre les informations accessibles au public », a expliqué Beejaye Kokil.

Les données doivent être compréhensibles, pour que les chercheurs, les universitaires, le grand public, le secteur privé, les médias et les ministères gouvernementaux puissent les exploiter efficacement et télécharger les données qu’ils recherchent. Le directeur de la Division des statistiques économiques et sociales de la BAD encourage d’ailleurs vivement les Africains à se saisir activement de l’information au profit de leur pays et de leur communauté régionale.

Interactive, la plate-forme OpenData Afrique est régulièrement mise à jour, en fonction des retours des usagers.

« Apprendre au public à utiliser la plate-forme constitue un autre défi. C’est pour cette raison que nous intervenons lors de conférences comme celle-ci », a précisé Beejaye Kokil, au sujet de l’édition 2013 de la CEA. « Afin de montrer aux utilisateurs que des outils comme celui-ci existent. Il reste beaucoup de travail de persuasion à faire ».

« Les gouvernements ne peuvent pas tout faire, car ils ne disposent pas des ressources nécessaires », a souligné Beejaye Kokil, avant d’exhorter les étudiants africains à créer des applications mobiles de diffusion de l’information. « La plate-forme simplifie la transmission de l’information pour les professionnels des médias, a-t-il déclaré, qui peuvent ainsi revenir à une source crédible ».

Et de poursuivre : « Bien plus qu’une simple source d’information, l’initiative AIA permettra d’améliorer la transparence. Nous serons au fait de ce qui se passe sur le continent. Nous [la BAD] souhaitons devenir un centre de traitement de toutes les données de développement en Afrique ».

Des politiques nationales de diffusion des données doivent être engagées à travers toute l’Afrique. Certes, les difficultés d’accès à Internet et son coût élevé restent problématiques, mais la BAD soutient plusieurs pays, comme la Sierra Leone et la Gambie, tant au niveau des coûts relatifs à la bande passante que du déploiement de serveurs.

Une certitude, que partage la BAD et qu’a rappelée Beejaye Kokil : la communication est un facteur clé pour gagner en productivité et accroître le PIB. En témoigne d’ailleurs l’annonce faite lors du Sommet “Transformer l’Afrique“ au Rwanda (qui se tient en même temps que la CEA à Johannesburg) : le lancement d’un réseau à large bande à grande vitesse (4G LTE) permettrait d’augmenter la croissance du PIB du pays de 10 % à 13 %. Autre exemple des bienfaits de la communication et de la diffusion de l’information, qu’a cité le responsable de la Division des statistiques économiques et sociales de la BAD : « Un agriculteur qui fabrique ses produits doit connaître les prix auxquels il pourra les vendre. C’est un développement de taille. Et les marchés de produits sont également facilités par l’exploitation de l’information ».

Telle a été la démonstration, édifiante, de Kokil Beejaye : la communication n’est pas simplement un secteur en soi, elle est également – et surtout – un facteur de renforcement et d’expansion pour d’autres secteurs, raison pour laquelle elle s’avère essentielle à la croissance économique et à l’intégration régionale.