La Bad lance la Facilité africaine de l’eau à Tunis

07/07/2005
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Tunis, le 7 juillet 2005 – La Banque africaine de développement (Bad) organise le vendredi 8 juillet 2005 à l’hôtel Sheraton de Tunis la conférence inaugurale du conseil de direction de la Facilité africaine de l’eau. Cette importante manifestation réunira les représentants du Conseil des ministres africains chargés de l’eau (Amcow), le président de la Bad, M. Omar Kabbaj, le secrétaire d’Etat tunisien chargé des ressources hydriques et de la pêche, M. Amor El Abed, ainsi que les experts dans le domaine de l’eau de la Bad, de l’agence des Nations unies pour l’eau (UN Water) et de l’Union africaine dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) ainsi que les bailleurs de fonds internationaux contributeurs de la Facilité: l'Union européenne, le Canada, la Norvège, la Suède, le Danemark, l'Autriche et la France. Le conseil de direction de la Facilité africaine de l’eau se réunira pour la première fois à Tunis pour définir les priorités d’intervention de ce fonds.

Le Conseil des ministres africains chargés de l’eau (Amcow) a décidé de créer la Facilité africaine de l’eau dans le but de mobiliser les ressources requises pour financer les activités visant à faciliter et à promouvoir les investissements et la mise en place d’infrastructures de développement dans le secteur de l’eau en Afrique. La Bad a donné son accord pour abriter la Facilité et en assurer l’administration.

La création de la Facilité africaine de l’eau répond à la situation actuelle difficile du secteur de l’eau en Afrique, mais aussi au contexte positif créé par les réactions enregistrées aux niveaux mondial et régional. Le continent souffre d’une couverture faible en matière d’eau et d’assainissement avec seulement 62 % d’Africains ayant accès à une bonne alimentation en eau. Il est également reconnu que le niveau de mise en valeur et d’exploitation des ressources en eau dans la région est faible: certes, la disponibilité de l’eau par habitant est plus élevée qu’en Asie du Sud ou en Europe de l’Ouest, mais seuls 6 % environ des terres cultivées sont irriguées; les ressources hydro-électriques restent, pour l’essentiel, inexploitées. En effet, si la situation de l’eau en Afrique est actuellement des plus préoccupantes, la communauté internationale semble avoir pris conscience de ce défi. A ce titre, un espoir de mobilisation mondiale sans précédent semble se dessiner pour le secteur de l’eau en Afrique et dans le monde.

La Facilité est destinée à financer toutes les activités dans le secteur de l’eau des pays membres de la Bad, notamment la gestion intégrée des ressources en eau, des bassins communs, la réforme du secteur de l’eau, l’appui aux capacités, le développement de centre de formation et le suivi du progrès dans le secteur de l’eau.

La Facilité africaine de l’eau, création des états africains, entend répondre aux besoins immenses du continent. L’intérêt que lui manifestent déjà les différents bailleurs de fonds est encourageant. La Facilité s’efforcera de jouer un rôle catalyseur pour attirer d’avantages de ressources pour le secteur de l’eau en Afrique. Les ministres africains en charge de l’eau ont fait confiance à la BAD, première institution du financement de développement en Afrique, pour gérer ce fonds. Le défi est énorme pour elle et elle se doit de répondre à cette attente. « La Facilité vient tout simplement renforcer la place de l’eau là ou elle devrait être, c'est-à-dire au centre de la vie », lance M. Kordje Bedoumra, le tout nouveau directeur de la Facilité africaine de l’eau.

L’eau en Afrique

  • Taux d’accès à l’eau: 62 % en Afrique (moyenne mondiale: 82 %, Asie: 81 %, Amérique latine: 85 %)
  • 35 des 55 pays du monde utilisant moins de 50 litres d’eau/personne/jour sont africains
  • Eau et santé: la moitié des pays africains font face à l’une des 6 maladies d’origine hydrique
  • Les femmes et les enfants consacrent en moyenne 2 à 6 heures par jour à la recherche de l’eau
  • Près de 300 millions de personnes en milieu rural ne disposent pas d’infrastructures d’approvisionnement en eau ou d’assainissement.