La Banque commémore la journée internationale de lutte contre la corruption

09/12/2011
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Interview de la directrice du département IACD, Anna Bossman

Lutte contre la corruption : Vous êtes, chacun à son niveau, les yeux et les oreilles de la Banque

La Banque africaine de développement (BAD) a marqué à Tunis, ce 9 décembre 2011, la journée internationale de lutte contre la corruption avec pour slogan : «Agissons maintenant contre la corruption, avec le département de l’intégrité et de la lutte contre la corruption (IACD)».

Organisé sur deux jours par le département IACD, l’évènement a été un franc succès, pour les participants. Il intervient dans un contexte général où la corruption est flagrante au sein des plus hautes instances de prise de décision de certains pays africains. Selon des rapports de la Banque sur la gouvernance, la corruption été à l’origine de violentes agitations sociales et politiques en Afrique ces dernières années. Elle continue cependant d’être considérée comme un sujet tabou. L’organisation Global Transparency International chiffre, quant à elle, à plusieurs milliards de dollars par an, le coût de la corruption dans les pays africains.

Rien que depuis le début de ses activités de lutte contre la corruption en 2007, IACD a reçu, ouvert et examiné un nombre considérable de plaintes. Selon le rapport 2009-2010 du département, les allégations de fraude étaient les plus répandues, et la plupart des plaintes étaient liées à des projets financés par la Banque, notamment des projets d’agriculture et de développement rural.
Anna Bossman, directrice du département IACD, a expliqué que la Banque s’est déjà positionnée comme chef de file de la lutte contre la corruption et la fraude sur le continent. «En sa qualité d’institution de financement du développement de premier plan en Afrique, la BAD est déterminée à extirper à la racine les actes d’inconduite, de fraude et de corruption en son propre sein, ainsi que dans le cadre de la mise en œuvre des projets qu’elle finance».

Cependant, a-t-elle poursuivi, il s’agit de fléaux d’envergure qui ne peuvent être combattus de manière isolée. «La coopération et l’échange d’informations sont essentiels pour mener à bien les enquêtes». Pour la directrice d’IACD, l’atteinte de l’objectif zéro tolérance nécessite impérativement l’appropriation du slogan de cette année par l’ensemble du personnel, qui devra faire de cette lutte un combat quotidien. «Chacun,  à son niveau, doit être les yeux et les oreilles de l’institution. La lutte contre la corruption est l’affaire de tous !» a-t-elle déclaré.

L’administrateur de la BAD pour l’Algérie, Abdelhak Benallegue, s’est, pour sa part, dit satisfait que la Banque fasse de «la lutte contre la fraude et la corruption en son sein et dans ses projets, son cheval de bataille». Exemples à l’appui, l’administrateur estime qu’il faut éduquer la jeunesse à la base et amener la société civile, ainsi que les organisations non-gouvernementales, à jouer leur rôle. «La fraude et la corruption doivent être bannies de nos sociétés. Le personnel et la Banque peut et doit servir de modèles pour le continent africain», a-t-il affirmé.

Dans cette veine, Kazeem Shina Ogundele, jeune cadre en poste au département des Ressources humaines à la Banque, a souligné la nécessité «d’un changement immédiat» de mentalité de la jeunesse africaine. Et de déclarer : «Nous, jeunes de ce continent devrions envisager une nouvelle Afrique, en œuvrant pour que l’homme africain tourne résolument dos à la fraude et à la corruption».

IACD est l’axe central autour duquel s’organisent les efforts déployés par la Banque pour améliorer le climat des investissements en Afrique. De par ses activités, ce département contribue à réduire le risque de voir proliférer des pratiques prohibées au sein de la Banque et dans les projets bénéficiant de ses concours. Sa politique en matière de dénonciation ouvre la voie au personnel, ainsi qu’à d’autres qui le souhaitent, pour déposer des plaintes, de manière confidentielle ou anonyme, portant sur tout acte répréhensible.

La rencontre a mobilisé plusieurs experts, ainsi qu’un représentant des Nations Unies, venus partager leur savoir et échanger leurs points de vue sur cette question d’actualité.