À travers le financement de programmes d’infrastructures de transport et de production énergétique, la Banque participe au développement du continent africain

19/12/2008
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À travers le financement de programmes d’infrastructures de transport et de production énergétique, la Banque participe au développement du continent africain

Institution financière de premier plan d’Afrique, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a fait des infrastructures et de l’intégration régionale les fondements de ses opérations. Dans son approche du développement, la BAD privilégie la promotion de la coopération et de l’intégration régionales en vue de permettre aux pays africains de profiter d’économies d’échelle et de retirer des avantages de marchés plus vastes qui contribuent au renforcement de la capacité productive de l’économie du continent.

Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), après avoir identifié les infrastructures et l’intégration régionale en tant que paramètres déterminants de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté en Afrique, a confié à la BAD le rôle de chef de file en matière de développement des infrastructures. L’état actuel des infrastructures africaines constitue une sérieuse entrave à la productivité et à la compétitivité du continent. Par conséquent, subvenir à ses besoins en infrastructures régionales s’impose comme un préalable à son développement. 

L’intégration régionale est un facteur essentiel à l’édification de marchés, à la création d’économies dynamiques et diversifiées, à la multiplication des opportunités de croissance, et à l’attrait de nouvelles sources de financement des investissements. Elle revêt une importance capitale pour l’Afrique où 40 % de la population et le tiers des économies sont pris au piège de l’enclavement de pays dont le commerce et le développement sont tributaires d’évènements exogènes. Compte tenu de cette situation, la BAD s’est fixé comme objectif de renforcer l’harmonisation des économies, du commerce et des politiques tout en privilégiant les investissements dans les infrastructures régionales ainsi que l’appui aux Communautés économiques régionales.

Elle poursuit la conception et la mise en œuvre de divers projets novateurs axés sur les résultats et dont l’objectif primordial est d’accroître les investissements dans les infrastructures au sein des Pays membres régionaux (PMR), notamment au sein des secteurs du transport et de l’énergie, grâce à la prise en compte des questions liées aux changements climatiques, à la problématique hommes-femmes, à l’environnement et aux impacts sociaux en vue de l’optimisation des avantages sociaux et économiques et d’assurer la durabilité à long terme. Elle a récemment approuvé trois projets majeurs d’infrastructures qui devront avoir une incidence non négligeable sur l’intégration régionale et la croissance économique en Afrique.

Programme de facilitation du transport entre le Nigéria et le Cameroun – Construction d’une grande autoroute devant relier l’UEMOA et la CEEAC

Le Programme de facilitation du transport au niveau du Couloir Bamenda-Mamfe-Abakaliki-Enugu, une première en Afrique, relie les régions d’Afrique du Centre et de l’Ouest en misant sur leurs principales économies respectives – celles du Cameroun et du Nigéria. Ce programme, tout en favorisant le renforcement de la coopération et du commerce au plan régional, est par ailleurs perçu comme une des mesures de confiance les plus efficaces entre les deux nations. 

Fort d’une contribution de la Banque se chiffrant à 305 millions de dollars EU, le programme vise à réhabiliter aux normes 400 km de routes bitumées ainsi que des structures autoroutières du couloir reliant Bamenda (Cameroun) à Enugu (Nigéria), un tronçon qui fait partie intégrante de l’Autoroute transafricaine Lagos-Mombasa. Une fois terminée, cette nouvelle voie praticable en toutes saisons donnera un coup de fouet au commerce des produits manufacturés et agricoles entre les deux pays restés isolés du fait de la médiocre qualité de leurs liens routiers. Du côté camerounais, la zone d’implantation du projet est l’un des greniers du pays dont l’essentiel de la production alimentaire est commercialisé sur les marchés environnants. Enugu est une ville industrielle majeure du Nigéria, et Abakaliki, capitale de l’État d’Ébonyi, l’autre localité importante du pays située le long du couloir, un centre commercial de grande renommée assurant l’écoulement des produits agricoles. 

Sur le plan social, le programme permettra de jeter un pont entre les communautés, de renforcer l’accès aux marchés, de réduire la pauvreté ainsi que le temps de parcours sur les routes, et d’offrir aux résidents de la zone d’implantation du projet d’autres perspectives en matière d’activités économiques. Il renforcera l’accès à l’éducation et aux centres de santé, et permettra aux femmes, aux hommes et aux enfants d’accéder à la croissance économique et sociale. L’investissement se traduira par une réduction des coûts de transport qui seront quasiment ramenés au tiers de leurs niveaux actuels, ce qui dégagera des économies pour le financement d’autres activités économiques et sociales.

Par ailleurs, le programme vise à renforcer l’efficacité de la chaîne logistique du transport tout le long du couloir Bamenda-Enugu grâce à l’adoption de mesures de facilitation. Dans cette optique, la CEEAC et l’UEMOA ont signé un Protocole d’accord à l’effet d’éliminer les obstacles à la fluidité de la circulation par la mise en place d’un poste de contrôle commun et la limitation du nombre de postes de contrôle sur l’axe routier.

Interconnexion des réseaux électriques de cinq pays

Bénéficiant d’un financement de la BAD à hauteur de 149 millions de dollars EU, le Projet d’interconnexion des réseaux électriques des pays du Nil équatorial porte sur la construction et l’amélioration de 800 km de lignes de transport d’électricité en vue de l’interconnexion des réseaux électriques de 5 pays (Burundi, RD-Congo, Kenya, Ouganda, et Rwanda) dans un environnement politique difficile. Le projet, dont la zone d’implantation couvre 286 350 km² dans le Bassin des lacs du Nil équatorial, a pour but d’améliorer les conditions de vie d’une population estimée à 135 millions d’habitants grâce à l’accès à l’électricité bon marché. Il permettra d’améliorer la qualité et l’impact des programmes nationaux de développement dans des domaines tels que l’éducation, la santé, la communication, l’administration, l’approvisionnement en eau et l’assainissement grâce aux gains en efficience induits par l’utilisation de l’électricité, particulièrement dans les zones rurales qui, jusque-là, n’ont pas accès aux services énergétiques modernes.

Pour la Banque, il ne s’agit pas d’un projet d’intégration régional typique du secteur infrastructurel. Le projet doit sa spécificité au caractère qu’il revêt en tant que composante essentielle du programme d’action des Initiatives du Bassin du Nil (IBN) visant à exploiter les ressources en eau communes du Nil afin d’assurer une plus grande prospérité et la paix, et de promouvoir des actions concertées entre les cinq pays en vue de l’éradication de la pauvreté et du renforcement de la coopération régionale. En apportant son appui à la mise en œuvre de ce projet, la Banque contribue ainsi à la mise en place et à l’exploitation d’une infrastructure de base indispensable à la promotion de la coopération et à l’intégration des secteurs énergétiques de ces pays et, ce faisant, contribue aussi au renforcement du commerce transfrontalier de l’électrique et à la facilitation de l’exploitation à des coûts réduits des ressources énergétiques au plan régional. Le projet jette les bases indispensables à la création d’un marché régional d’électricité comprenant non seulement les pays du Bassin du Nil, mais aussi ceux du Pool énergétique de l’Afrique de l’Est. L’émergence d’un tel marché aura un impact positif considérable sur la mise en place des centrales électriques majeures identifiées par le plan directeur régional de production d’énergie électrique, notamment des centrales hydroélectriques, dans la mesure où elle encouragera la participation du secteur privé aux investissements requis pour la construction et l’exploitation de ces équipements.

Étude sur le pont ferroutier Kinshasa-Brazzaville et la voie ferrée Kinshasa-Ilebo

Les activités de la Banque en matière d’intégration régionale ne se limitent pas au financement de projets. Elles portent aussi sur l’assistance technique. La BAD a récemment approuvé le financement de l’étude de faisabilité relative à la concrétisation d’un rêve de longue date – la construction d’un pont sur le fleuve Congo pour relier les capitales des deux Congos, Kinshasa (RD-Congo) et Brazzaville (République du Congo), et d’une voie ferrée longue de 1 015 km entre les villes de Kinshasa et d’Ilebo en RD-Congo. 

La mise en œuvre du projet de pont ferroutier Kinshasa-Brazzaville et l’extension de la voie ferrée Kinshasa-Ilebo vise à donner un coup de fouet aux échanges entre les deux pays et à mettre en place un des principaux maillons manquants du couloir Tripoli-Windhoek. Globalement, l’étude porte sur la conception d’une série d’infrastructures visant à: (i) améliorer les systèmes régionaux de transport et d’échanges commerciaux grâce à la construction d’un ouvrage permanent reliant Kinshasa et Brazzaville, et (ii) assurer la continuité du trafic ferroviaire entre Matadi (la principale localité portuaire de la RDC) et Lubumbashi, la capitale de la Province du Shaba, dans la zone cuprifère de la RDC, et au-delà, ce qui facilitera par ailleurs les liaisons en direction des zones australes de l’Afrique (Zambie, RSA, tout en présentant de bonnes perspectives d’assurer le lien ferroviaire avec la région Afrique de l’Est) et, par conséquent, les interconnexions entre les réseaux ferroviaires en Afrique centrale, en Afrique de l’Est, et en Afrique australe.

Ces opérations de grande portée de la BAD susmentionnées à titre d’exemples augurent de meilleures perspectives tout en présageant la poursuite des investissements dans des projets régionaux visant à promouvoir l’intégration régionale. Aussi bien du point de vue social qu’économique, ces projets peuvent être perçus comme des liens indéfectibles établis entre nos régions. Tout en contribuant à la réduction de la pauvreté, ils favorisent la croissance économique aux plans national et régional.

Néanmoins, beaucoup reste à faire en vue d’une intégration complète du continent. Nonobstant les investissements considérables consentis et la mise en place d’institutions politiques régionales et de leurs organes techniques connexes, le réseau des infrastructures africaines reste fragmentaire et n’arrive pas, tant au plan régional que continental, à assurer une bonne connectivité et, ce, qu’il s’agisse des secteurs routier, de l’électricité ou des TIC. Les opérations de la Banque en matière de développement des infrastructures ont constamment privilégié l’intégration régionale et, en partie, l’Institution doit sa bonne performance aux partenariats solides qu’elle a noués avec l’Union africaine (UA), les Communautés économiques régionales (REC), et les Institutions de développement.

Actuellement, sous la houlette de la Banque, des efforts sont en cours en vue du renforcement des capacités des institutions régionales afin de les rendre aptes à jouer efficacement leur rôle en tant que facilitateurs de la mise en œuvre d’infrastructures régionales. La Commission de l’Union africaine assure la coordination de plans et de priorités visant à forger une vision commune en matière d’infrastructures transfrontalières, et s’apprête à accueillir en février 2009 le Vingtième sommet des Chefs d’état et de gouvernements africains qui sera entièrement consacré aux infrastructures africaines.


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