Le Président de la Banque africaine de développement salue l’initiative prise par le G8 d’alléger davantage la dette des pays pauvres très endettés

16/06/2005
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Le Président de la Banque africaine de développement salue l’initiative prise par le G8 d’alléger davantage la dette des pays pauvres très endettés

Tunis, 16 juin 2005 – Le Président de la Banque africaine de développement, M. Omar Kabbaj, s’est félicité de l’accord conclu par les ministres des Finances du G8 d’annuler l’intégralité de la dette que doivent à la Banque africaine de développement, au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale les pays pauvres très endettés parvenus au point d’achèvement au titre de l’initiative PPTE. Il a instamment invité les autres pays donateurs à apporter leur soutien à cette initiative.

M. Kabbaj a rendu hommage au Premier ministre Tony Blair et au Chancelier Gordon Brown pour le rôle moteur joué par le Royaume-Uni qui a permis cette importante avancée.

Par ailleurs, M. Kabbaj s’est réjoui de l’engagement pris par le G8 de préserver l’intégrité financière des institutions internationales, ainsi qu’il ressort de la décision du G8 de compenser le manque à gagner subi par la Banque africaine de développement et la Banque mondiale du fait de l’annulation des remboursements de principal de la dette et des intérêts. « Il est de la plus haute importance pour les perspectives de développement de l’Afrique que ces institutions restent en mesure de financer le développement à long terme », a-t-il indiqué. Le Président Kabbaj a accueilli favorablement l’engagement du G8 selon lequel le financement de l’allégement de la dette viendrait s’ajouter aux reconstitutions habituelles de l’IDA et du FAD.

M. Kabbaj a fait observer que le nouvel accord des ministres du G8 allait dégager des ressources considérables pour les pays bénéficiaires et leur permettre d’accroître les investissements dans des secteurs aussi importants que l’éducation et la santé, et de financer d’autres initiatives de réduction de la pauvreté. Cela devrait, à son tour, contribuer à la réalisation des objectifs de développement du millénaire (ODM).

À cet égard, M. Kabbaj a noté que les pays parvenus au point d’achèvement avaient fait des progrès appréciables sur le plan de la stabilité macroéconomique et pris des mesures pour améliorer le climat d’investissement en réformant leur secteur financier et en poursuivant la réforme de la gouvernance. M. Kabbaj s’est dit convaincu que ces pays allaient maintenir le cap des programmes de réforme, qui sont essentiels pour accélérer la croissance économique et faire reculer la pauvreté.

M. Kabbaj a espéré qu’au sommet de Gleneagles en juillet 2005, le G8 prendra d’autres mesures cruciales pour appuyer l’effort de développement de l’Afrique. Il s’agit notamment de relever sensiblement les niveaux de l’APD conformément aux engagements pris à Monterrey en 2002 et récemment dans d’autres enceintes. En outre, il a formulé l’espoir qu’un accord sera trouvé sur d’autres propositions visant à augmenter l’APD et à la débloquer rapidement, comme la Facilité de financement internationale (FFI) proposée par le Royaume-Uni et différentes propositions internationales relatives à l’instauration d’une taxe, qui ont reçu le soutien de la France et de l’Allemagne. Il a par ailleurs noté que le Japon a proposé un programme d’aide renforcée au secteur privé dont la gestion serait confiée à la Banque africaine de développement.

M. Kabbaj a souligné que la Banque africaine de développement, le FMI et la Banque mondiale se réuniraient bientôt pour arrêter les modalités de mise en œuvre de l’initiative du G8 sur l’annulation de la dette, dont la réussite passe par une étroite collaboration et une coordination active entre les trois institutions.

Note de presse: Les ministres des Finances du G8 ont annoncé, le 11 juin lors d’une réunion à Londres, leur décision d’annuler plus de 40 milliards de dollars de dette due à la Banque mondiale, au FMI et à la Banque africaine de développement (BAfD). Le communiqué du G8 indique que les pays membres annuleront l’intégralité de la dette que doivent aux institutions financières multilatérales les pays pauvres très endettés parvenus au point d’achèvement dans le cadre de l’initiative PPTE.

Quatorze des dix-huit pays parvenus au point d’achèvement qui bénéficieront immédiatement de l’annulation de 100 % de leur dette multilatérale se trouvent en Afrique(1). Neuf pays parvenus au point de décision bénéficieront également de cette mesure lorsqu’ils auront atteint le point d’achèvement au titre de l’initiative PPTE renforcée(2). En outre, neuf autres pays qui ne sont pas encore parvenus au point de décision(2) (essentiellement des pays en proie à des conflits et sortant de conflit qui accusent d’importants arriérés) bénéficieront d’un allégement supplémentaire de leur dette dès qu’ils auront atteint les points de décision et d’achèvement. Au total, ce sont 32 pays d’Afrique subsaharienne qui devraient tirer avantage de cette importante mesure d’allégement de la dette.

1. Ces 14 pays sont le Bénin, le Burkina Faso, l’Éthiopie, le Ghana, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Niger, l’Ouganda, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie et la  Zambie.

2. Les 9 pays passant par la période intérimaire sont le Cameroun, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Malawi, la RDC, São Tomé & Principe, la Sierra Leone et le Tchad.

3. Ces pays sont le Burundi, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la République centrafricaine, la Somalie, le Soudan et le Togo.