Trente ans de gestion durable des forêts en Afrique

10/04/2012
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Comme contribution à la commémoration de l'année internationale des forêts de l'ONU (2011), le Forum des Nations Unies sur les forêts a commandé la publication d'un livre intitulé « Des forêts pour la population ». L’ouvrage contient des propositions soumises par les principales institutions, ainsi que des chercheurs du secteur forestier.

L'année internationale des forêts a fourni une plate-forme utile «pour informer la communauté mondiale sur les grandes valeurs des forêts – et les coûts sociaux, économiques et environnementaux extrêmes qu’entrainerait leur disparition. L’expérience de la Banque dans le financement des projets de gestion durable des forêts en Afrique au cours des trois dernières décennies a été un des articles proposés. Le livre a été lancé au siège des Nations Unies en février 2012.

Les forêts en Afrique ont de multiples utilisations, intégrant les dimensions économiques, sociales et spirituelles. Le couvert forestier total du continent est estimé à 674 millions d'hectares, représentant 23 pour cent de la superficie des terres et 17 pour cent du couvert forestier mondial. Ces forêts disposent d’un immense potentiel contribuant au développement économique et social du continent, dans la mesure où elles fournissent une gamme de services écologiques, économiques et sociaux, dont la protection des ressources en eau et du sol.

En vue de promouvoir la croissance inclusive de ses pays membres régionaux, la Banque africaine de développement apporte un appui en matière de reforestation et de reboisement, de réhabilitation des terres dégradées, de gestion participative des forêts naturelles et de plantation de forêts, de conservation des ressources forestières et de gestion des bassins versants, notamment autour des grands bassins hydrographiques. Elle soutient également toutes les autres activités qui atténuent les menaces pesant sur la stabilité des écosystèmes.

Ces engagements sont traduits dans la stratégie du secteur agricole 2010-2014 de la Banque, qui met en évidence l'importance du secteur forestier dans son deuxième pilier. En outre, les interventions liées au changement climatique constituent une priorité dans le portefeuille du secteur forestier de la Banque, par sa participation au programme d’investissement des forêts (PIF) avec l’appui du Fonds d'investissement climatique. Le Ghana, le Burkina Faso et la République démocratique du Congo participent au programme comme pays pilotes et sont appuyés par la Banque, pour préparer et financer un certain nombre d’opérations, en collaboration avec la Banque Mondiale et la Société financière internationale.

Les aspects pris en compte dans la phase d’investissement du PIF concernent essentiellement la réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en voie développement (REDD +). Ainsi, la Banque est-elle déterminée à soutenir le renforcement des capacités par l’élaboration de projets bancables.

Des tendances positives ont été récemment observées dans le secteur forestier en Afrique, davantage dans certains pays africains, par la réorganisation de leurs institutions forestières et des réformes introduites dans leurs politiques et législations pour leur permettre de mieux répondre aux défis actuels. Ces tendances accordent aux collectivités locales et au secteur privé une place plus importante dans la gestion des ressources forestières. Il en ressort également une meilleure appréciation de la valeur globale des forêts. Dans ce contexte, la Banque s'engage à travailler avec les gouvernements et les autres partenaires au développement pour assurer le maximum d'avantages pour les populations africaines. L'accent mis sur « Des forêts pour les population» restera donc pertinent dans les décennies à venir.