AEC 2014 - Savoir et innovation n’auront pas le même impact sur les pays et les secteurs, en fonction des investissements réalisés

04/11/2014
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Où en sera l’Afrique dans les prochaines décennies et quels sont les scénarios principaux de sa construction ? Quels facteurs façonneront l’avenir du continent pour sa transformation ? Telles sont les questions que se sont posées les panélistes présents lors de la troisième et dernière journée de la Conférence économique africaine, qui se tenait à Addis-Abeba, du 1er au 3 novembre 2014.

Un constat a fait consensus : renforcer les capacités en matière de sciences et d’innovation est un moteur clé des secteurs économiques à venir de l’Afrique – secteurs formel et informel compris. Les panélistes ont présenté les mesures politiques qu’il faut prendre en ce sens, soulignant les méthodes qui permettraient aux Africains d'apprendre les sciences et les technologies et de les mettre en pratique.

L’un des panélistes, Gabriel Negatu, également directeur du Centre régional de ressources d’Afrique de l’Est de la Banque africaine de développement (BAD), a fait remarquer que « le savoir et l’innovation offriront de nombreuses opportunités à l’Afrique, mais les impacts divergeront selon les pays et les secteurs, en fonction des investissements qui auront été réalisés ».

Il a également désigné d’autres moteurs du savoir et de l’innovation qui pourraient façonner l’avenir de l’Afrique : la gouvernance, la démocratie, la culture et le profil démographique (jeunes et femmes).

Selon Gabriel Negatu, une convergence en matière de propriété du savoir et de l’innovation entraînera une banalisation et une commercialisation du savoir : « la plupart des activités liées à l’innovation et au savoir seront fondées sur les technologies de l’information, mais certains pays en bénéficieront plus que d’autres. » 

« Avant tout, les infrastructures technologiques seront la pierre angulaire, et la nature des technologies de l’information que nous utilisons changera et affectera notre vie », a déclaré Gabriel Negatu. Et d’ajouter que « La façon dont nous apprenons et dont nous mettons en pratique le savoir jouera un grand rôle dans la sécurité alimentaire, l’agriculture urbaine, la santé et la prestation de services ». Ses propos ont fait l’unanimité auprès des autres panélistes.

De l’avis d’Angela Arnott, coordonnatrice du groupe de travail de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), il y aura un nouveau processus de prise de décision à l’international et l’Afrique devra faire entendre sa voix. Elle a fait référence au monde des technologies sans fil, à la créativité et aux secteurs informel et formel – où jeunes et femmes seront interconnectés.

Selon Angela Arnott, la transformation de l’Afrique sera réalisable si les infrastructures  technologiques sont développées pour les nouvelles générations de diplômés africains. « Le savoir que l’on peut acquérir et partager en ligne sera forcément pour les générations à venir, mais on a besoin d’un environnement porteur ». L’éducation est cruciale, quel que soit le cas de figure. « Je vois une région dont la population de jeunes est dynamique et intellectuelle et parfaitement au fait des concepts de société ouverte », a-t-elle poursuivi.

Maddalena Campioni, conseillère principale auprès du directeur exécutif du bureau d’ONUSIDA, a exposé les différents scénarios que son institution a élaborés, en tenant compte des choix politiques. ONUSIDA a ainsi développé et esquissé deux scénarios quant à l’avenir de l’Afrique : une prospection en cours de route et les forces motrices.

Pour que les technologies continuent de jouer un rôle de catalyseur de transformation réaliste, d’autres mesures cruciales ont été identifiées, qui incluent le renforcement du rôle des formations professionnelles dédiées aux jeunes et aux femmes, la restructuration du secteur public et des partenariats, l’amélioration des programmes d’enseignement et, surtout, la volonté politique.

Organisée chaque année par la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette 9e édition de la Conférence économique africaine a rassemblé décideurs, dirigeants d’entreprises, économistes et universitaires du monde entier, amenant les participants à réfléchir à la manière de fructifier le savoir et l’innovation en faveur de la transformation économique de l’Afrique.