Le tourisme en Afrique, une mine d’or inexploitée

06/02/2014
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Le tourisme en Afrique a un avenir très prometteur. Mais son expansion et son développement passent par de meilleures infrastructures de transport – notamment au niveau des liaisons aériennes, des routes et des chemins de fer.  En outre, il faut une plus grande ouverture des frontières et l’amélioration du marketing pour des créneaux comme les voyages écologiques et d’aventure.

Le potentiel du tourisme en Afrique est inexploité, comme l’écrit Mthuli Ncube, économiste en chef et vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), dans l’avant-propos du premier numéro d’Africa Tourism Monitor, une initiative conjointe de la BAD, de Africa Travel Association et de Africa House de l’université de New York.

« Bien que l’Afrique représente 15 % de la population mondiale, elle ne reçoit qu’environ 3 % du tourisme mondial », écrit Mthuli Ncube. « Pour maximiser le potentiel du tourisme en Afrique, il faut des investissements critiques dans des secteurs d’infrastructure clés comme les transports, l’énergie, l’eau et les télécommunications. »

C’est en Afrique que se trouvent certaines des économies les plus dynamiques, et les revenus issus du tourisme en Afrique représentent déjà plus du double du montant de l’aide des donateurs. Il existe des possibilités extraordinaires de développer davantage le tourisme sur le continent africain, mais des défis restent à relever.

La nécessité d’avoir des infrastructures solides (sous forme de couloirs de transport et de routes en bon état), de meilleures liaisons aériennes et moins de visas pour franchir les frontières africaines ne sont que quelques-unes des raisons pour lesquelles le secteur du tourisme ne décolle pas en Afrique.

Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT), 63,6 millions de touristes internationaux sont entrés en Afrique en 2012, contre 17,4 millions de visiteurs en 1990. Les six pays ayant perçu le plus de recettes touristiques internationales en 2012 sont, dans un ordre décroissant : l’Égypte (9,94 milliards de dollars), suivie de l’Afrique du Sud (9,994 milliards de dollars), du Maroc (6,711 milliards de dollars), de la Tunisie (2,183 milliards de dollars), de la Tanzanie (1,564 milliard de dollars) et de  Maurice (1,477 milliard de dollars).

Le potentiel économique du tourisme, qui a un impact direct et indirect sur l’emploi, est remarquable. Rien qu’en Afrique, les voyages et le tourisme ont généré, en 2012, 8,2 millions d’emplois directs.

La population de l’Afrique, dont près de 70 % a moins de 25 ans et dont les jeunes représentent quelque 37 % de la main-d’œuvre -  mais environ 60 % de la population au  chômage -  est la plus jeune du monde. C’est pour cette raison que la BAD entend promouvoir le tourisme par le développement des infrastructures transfrontalières et des couloirs de transport régionaux.  Ceci devrait  faciliter la circulation des personnes et des biens sur le continent.

L’avenir de l’Afrique est radieux, étant donné la très forte croissance du tourisme écologique et d’aventure, conjuguée au riche patrimoine culturel et à la beauté de la nature du continent.

Plusieurs compagnies aériennes des États-Unis, d’Afrique, d’Europe et du Moyen-Orient envisagent déjà de développer leurs liaisons. Les plages vierges et les villages isolés feront bientôt partie du passé.