La libéralisation du commerce n’a pas entraîné une croissance des exportations (Table ronde AEC)

30/10/2013
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Selon une étude sur l’incidence de la libéralisation du commerce dans la croissance des importations et des exportations de 28 pays d’Afrique subsaharienne pendant la période 1981 à 2010, il n’existe pas de lien significatif entre la libéralisation des échanges et la croissance des exportations.

Au cours d’un séminaire sur l’incidence de la libéralisation du commerce lors de la Conférence économique africaine, qui s’est tenue du 28 au 30 octobre à Johannesburg en Afrique du Sud, Lanre Kassim, doctorant à l’Université du Kent, a indiqué, en présentant ses conclusions, que la croissance des exportations avait été plus lente que celle des importations pendant la période suivant la libéralisation. « D’après les résultats empiriques obtenus, nous pouvons conclure que la libéralisation du commerce a provoqué une augmentation substantielle des exportations en Afrique subsaharienne. Toutefois, la croissance des importations a été plus rapide dans une proportion d’environ 2 %, ce qui donne une preuve prima facie que l’équilibre commercial dans la région s’est détérioré pendant la période qui a suivi la libéralisation », a-t-il indiqué.

Mr Kassim a déclaré que ces constatations sont solides, tant en raison des techniques d’estimation utilisées que parce qu’elles concordent avec celles d’autres études sur les pays en développement.

« Nous constatons que la libéralisation du commerce augmente sensiblement l’élasticité de la demande par rapport aux prix des produits d’exportation et d’importation. En revanche, elle n’affecte pas remarquablement l’élasticité de la demande par rapport au revenu », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, un autre travail de recherche, évaluant les résultats de l’intégration du commerce intra-COMESA à ceux de l’intégration réussie de la région ASEAN, fait apparaître un volume d’échanges commerciaux inférieur au potentiel commercial régional.

La recherche entreprise par Ebaidalla Mahjoub Ebaidalla, professeur adjoint à l’Université de Kassala au Soudan, a permis de conclure que les pays de l’échantillonnage retenu sont loin d’avoir atteint leur niveau potentiel d’échanges commerciaux. « Le rapport entre les échanges commerciaux potentiels et réels connaît une courbe descendante pour la plupart des binomes de pays, indiquant un comblement de l’écart entre les échanges commerciaux potentiels et réels dans le temps. Ces résultats laissent supposer que le processus d’intégration commerciale régionale entre les membres du COMESA n’a pas dégagé de résultats positifs ».

Sur les huit pays du COMESA évalués et groupés par Mr Ebaidalla, il en ressort que le binome Kenya-Ouganda a réalisé l’intégration commerciale bilatérale la plus réussie de tous les membres du COMESA. Les deux pays partagent une frontière et une langue communes, entre autres similitudes.

Un autre rapport de recherche rédigé par Malcolm Spence, un chargé de recherche au Ministère des affaires de la Communauté de l’Afrique de l’Est en Ouganda, est parvenu à des conclusions identiques concernant le commerce africain intra-régional dans la zone de libre-échange tripartie couvrant 26 pays, avec une population totale combinée de plus de 530 millions de personnes et un PIB par tête estimé à 650 dollars. Les échanges commerciaux sont restés à un niveau désespérément faible dans la région.

Parmi les recommandations politiques émises par les chercheurs, on note le renforcement et la mise en œuvre de politiques intérieures sur le commerce régional, l’investissement dans l’infrastructure des transports de même que l’édification du secteur industriel.