La transparence et l’obligation de rendre compte sont essentielles pour une gestion des finances publiques en Afrique

01/11/2012
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Transparence et obligation de rendre compte sont essentielles pour la bonne gestion des finances publiques en Afrique.

La Conférence économique africaine s’est poursuivie le mercredi 31 octobre à Kigali, par des débats sur les finances publiques animés par des experts de haut niveau.

L’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région d’Afrique, Shantayanan Devarajan, est intervenu sur les cadres de gestion des finances publiques et de la gouvernance en Afrique. Faisant le lien entre la gestion des finances publiques et le thème de la Conférence économique africaine de cette année, notamment « Le développement durable inclusif dans une ère d’incertitude économique », il a indiqué que l’incertitude rendait la gestion efficace des finances publiques plus difficile. Du fait de cette incertitude au niveau international, les gouvernements africains doivent optimiser les dépenses publiques tout en améliorant la mobilisation des ressources nationales. Les gains découlant d’une plus grande efficacité des dépenses publiques peuvent s’avérer au moins aussi importants que les nouvelles aides. « Les pays ne peuvent être assurés d'un flux d'aide prévisible », a-t-il souligné.

Évaluant la gestion des finances publiques en Afrique, M. Devarajan a fait remarquer qu’il existait des écarts importants, certains pays comme le Sénégal, l’Ouganda, le Kenya et le Ghana réalisant des gains significatifs. Il a révélé que ces dernières années, la note d’évaluation des finances et des dépenses publiques s’était améliorée dans ces pays, alors que parallèlement il existait des fuites importantes et une qualité de service médiocre et que la gestion des finances publiques était faible. Au Tchad, par exemple, il a observé que le taux de fuite des dépenses publiques extra salariales était de 99 pour cent, citant à titre d’exemple les enseignants des écoles primaires publiques en Tanzanie qui enregistrent un taux d’absentéisme de 23 pour cent.

M. Devarajan a également réaffirmé que les principaux ingrédients d’une bonne gestion des finances sont la transparence et la responsabilité, en donnant l’opportunité au grand public notamment d’avoir un droit de regard sur la manière dont l’argent est collecté et dépensé. Simultanément, la responsabilité permet à chacun de savoir ce que l’on attend de lui et que des sanctions sont à craindre si les résultats escomptés ne sont pas obtenus.

M. Devarajan a déclaré qu’il était entièrement d’accord avec les propos du président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, prononcés lors de son discours du 13 septembre dernier devant les députés du Fonds africain de développement à Praia, Cap-Vert, dans lequel il a souligné qu’ « il est tout aussi essentiel de renforcer les propres institutions de l’Afriques et de tirer avantage de leur légitimité que de fournir des ressources. »

« Les institutions solides sont celles qui comptent des agents individuels responsables et c’est ce que peut apporter un bon système des finances publiques » a affirmé M. Devarajan.