L’Ouganda bénéficie d’un don pour élaborer un programme stratégique transformationnel de résilience climatique

18/01/2016
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L’Ouganda a obtenu hier du Programme pilote  pour la résilience climatique (dit PPCR en anglais) des Fonds d’investissement climatique (FIC) l’approbation d’un don de 1,5 million de dollars pour élaborer un programme national stratégique de résilience climatique (dit SPCR en anglais). Une fois mis au point, le SPCR qui est basé sur des politiques publiques ouvrira la voie à une transformation du pays par le biais de la mise en œuvre d’un large éventail de projets de résilience grâce à une approche unique faisant intervenir de multiples parties prenantes. La Banque africaine de développement (BAD) appuiera l’Ouganda et jouera le rôle de chef de file pour la mise en œuvre du SPCR.

Le ministère ougandais de l’eau et de l’environnement sera chargé de l’élaboration du SPCR grâce à une équipe de planification PPCR multidisciplinaire et variée qui s’inspirera des politiques et cadres institutionnels actuels relatifs au climat. Cette équipe veillera à une appropriation nationale du SPCR grâce à de larges concertations nationales et infranationales.

« Lors du Sommet mondial de Paris sur le climat, les autorités mondiales ont noté que la grande impulsion nécessaire à l’avènement de sociétés capables de résister aux chocs climatiques ne peut se réaliser avec les maigres ressources actuelles », déplore Gareth Phillips, coordonnateur PPCR à la BAD. « Nous sommes heureux de savoir que le PPCR a octroyé ce financement à l’Ouganda pour lui permettre de poursuivre ses activités urgentes de résistance aux chocs climatiques. Ce pays a démontré qu’il entend soutenir fortement ses citoyens dans la promotion d’une agriculture, de forêts et de villes à l’épreuve du climat, et ce nouveau SPCR fondé sur des politiques publiques devrait contribuer grandement à ce que cela se produise ».

Le SPCR sera essentiellement axé sur la création d’un environnement propice permettant au pays de résister aux changements climatiques, sur la lutte contre la vulnérabilité au changement climatique et sur l’accroissement des possibilités et des incitations destinées à des secteurs et à des acteurs ciblés, notamment des propriétaires privés. Grâce à cette équipe multipartite, le processus de préparation du SPCR passera par les étapes suivantes :

  • Evaluer les capacités institutionnelles de coordination des activités d’adaptation au changement climatique, notamment la prise en compte systématique du changement climatique dans les plans de développement, l’élaboration de stratégies et la mise en œuvre de mesures d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets, et l’établissement d’un système national de gestion des informations liées au changement climatique ;
  • Examiner et renforcer l’évaluation de la vulnérabilité au changement climatique et des activités à risque qui permettront d’identifier les principaux points chauds ;
  • Evaluer la capacité hydrométéorologique et les besoins en matière de développement et les procédures d’utilisation des données hydrométéorologiques dans la conception de projets qui résistent aux chocs climatiques ;
  • Entreprendre des études pour faire face aux vulnérabilités et promouvoir la résistance aux aléas climatiques dans le secteur agricole afin d’améliorer la sécurité alimentaire et réduire la pression sur les terres pour limiter la déforestation ;
  • Envisager des approches de gestion des bassins versants/paysages/bassins hydrographiques en vue de faire face au changement climatique ;
  • Identifier des mécanismes pour améliorer la résistance aux changements climatiques des infrastructures et des équipements collectifs en milieu urbain, notamment l’approvisionnement en eau et l’assainissement, et évaluer les conséquences des migrations d’origine climatique en vue de la construction de villes à l’épreuve du climat ;
  • Prendre des mesures pour gérer les impacts sociaux et environnementaux, instaurer des mécanismes de réclamation et de recours, et des mécanismes de partage des avantages résultant de l’utilisation des ressources génétiques ;
  • Identifier une réserve de projets d’investissement ;
  • Évaluer les besoins financiers et d’investissement nécessaires à la mise en œuvre du SPCR ;

Le financement étant en place, le pays entreprendra sa première mission conjointe en mars, avec l’intention de soumettre le SPCR final au Comité du Fonds fiduciaire du FIC PPCR pour approbation en novembre de cette année.

Le travail des autorités dans la lutte contre les effets du changement climatique présenté dans le SPCR vient compléter leurs deux autres plans d’investissement de grande envergure déjà en place au titre des FIC : l’un destiné à transformer son secteur énergétique grâce aux énergies renouvelables en vertu du programme de valorisation à grande échelle des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (dit SREP en anglais) des FIC, et l’autre visant à transformer son secteur forestier dans le cadre du programme d’investissement forestier (dit FIP en anglais) des FIC. Le plan d’investissement au titre du SREP transformera le secteur énergétique de l’Ouganda en tirant parti de ses ressources en énergies renouvelables, notamment l’énergie éolienne, solaire et géothermique, et en favorisant la vulgarisation d’une énergie durable dans tout le pays. Le plan d’investissement au titre du FIP contribuera à la conservation et à l’amélioration des paysages forestiers en vue de préserver la biodiversité, les moyens de subsistance et les possibilités économiques qu’ils sous-tendent, et renforcer les initiatives nationales REDD+ du pays.

Les trois plans nationaux aideront le pays à tenir ses engagements ambitieux en matière de développement adapté au changement climatique, et notamment ceux relevant de sa contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) soumise lors la convention sur le changement climatique en octobre 2015. L’Ouganda est le premier pays à lancer de manière concomitante la mise en œuvre des trois programmes au titre des FIC. La Banque mondiale et la Banque africaine de développement œuvreront de concert pour identifier et exploiter les synergies inhérentes à cette approche.

À propos des Fonds d’investissement climatique (FIC)

Créés en 2008 comme l’un des plus importants instruments de financement à décaissement rapide au monde pour lutter contre le changement climatique, les FIC, dotés d’une enveloppe de 8,1 milliards de dollars, accordent aux pays en développement des dons et des prêts concessionnels, et ils leur fournissent des dispositifs d’atténuation du risque ainsi que des capitaux, qui leur permettent de lever des fonds substantiels auprès des opérateurs privés, des banques multilatérales de développement (BMD) et d’autres sources. Cinq BMD — la Banque africaine de développement (BAD), la Banque asiatique de développement (BAsD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque interaméricaine de développement (BID) et le Groupe de la Banque mondiale (GBM) — mettent en œuvre des projets et des programmes financés par les FIC.