Conférence de l’ONU sur le financement du développement, Doha : appel du président de la BAD à la communauté internationale pour concrétiser ses engagements à l’endroit de l’Afrique

02/12/2008
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La communauté internationale se réunit à Doha du 29 novembre au 2 décembre 2008 dans le cadre d’une conférence organisée par l’ONU pour examiner la mise en œuvre du Consensus de Monterrey sur le financement du développement, et discuter des modalités de suivi. Le communiqué final, qui doit être approuvé le 2 décembre, sera publié à la fin de l’événement. Il doit réaffirmer les engagements de la communauté internationale dans tous les principaux domaines couverts par le consensus, allant de la mobilisation des ressources nationales et internationales au rôle du commerce international et de l’aide au développement, en passant par la dette extérieure et les problèmes systémiques, tout en proposant des perspectives d’avenir.

La conférence connaît une remarquable participation: chefs d'Etat africains, président français, ministres de la plupart des États membres de l'ONU.

Les besoins de l'Afrique ont bénéficié d’une attention particulière, sur fond d’appels répétés pour que le continent soit mieux représenté dans le processus du G20 ainsi que dans de plus larges instances internationales de décision.

La Banque africaine de développement a co-organisé, lundi 1er décembre 2008 en marge de la conférence, une table ronde sur les perspectives africaines sur la crise financière et économique, avec l'Union africaine, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique et l'Africa Progress Panel. Le président de la BAD, Donald Kaberuka, a analysé l'impact probable sur l'Afrique et les différents canaux de transmission possible des effets de la crise. Il a souligné que la crise financière vient s'ajouter à l'impact de l’envolée des prix alimentaires et des cours du pétrole. Il a souligné la responsabilité d’une part des pays africains dans la nécessaire poursuite de leurs réformes économiques, et, d’autre part, de la communauté internationale dans la mise en œuvre de ses engagements de soutien accru à l'Afrique. Le président Kaberuka a souligné l'importance que l'Afrique fasse entendre sa voix dans les discussions actuelles du G20, qui doivent prendre en compte l’agenda global du développement.

Le ministre sud-africain des Finances, Trevor Manuel, a ouvert la réunion en insistant, à la lumière de la crise, sur la nécessité de mettre en œuvre l'Accord d'Accra. Il a mentionné que la situation actuelle est un véritable test de leadership dans la région. Abdoulie Janneh, secrétaire exécutif de la CEA a décrit brièvement les améliorations de la performance économique de l’Afrique depuis Monterrey, tel que souligné dans le récent rapport de la CEA et de l'Africa Progress Panel [www.africapartnershipforum.org], mais a rappelé que les flux financiers vers l’Afrique ne sont toujours pas au niveau requis pour assurer une croissance durable.

Jean Ping, le président de l'Union africaine, a souligné que la crise actuelle n’est pas seulement financière, mais économique, et qu’elle nécessite une réponse mondiale. L'ancien secrétaire-général des Nations Unies, Kofi Annan, a mentionné que les besoins de développement de l'Afrique ont besoin d’être davantage reconnus et représentés dans le débat mondial. Il s'est félicité des progrès accomplis par l'Afrique depuis Monterrey et a rappelé lui aussi la nécessité d'avoir une réponse collective aux défis à venir.

Les donateurs, y compris le Royaume-Uni, la Communauté européenne, l'Allemagne et la France, ont réaffirmé leur intention de maintenir leurs engagements d'aide au développement. Les réponses des ministres africains ont porté sur la nécessité pour l'Afrique de promouvoir un développement plus durable, en prenant des mesures pour mobiliser les recettes intérieures, favoriser l'intégration régionale Sud-Sud et la coopération, construire des infrastructures et accroitre leur compétitivité en matière de commerce.


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