81 milliards $ mobilisés en 2015 pour lutter contre le changement climatique, selon un rapport conjoint des BMD

09/08/2016
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Les six plus grandes banques multilatérales de développement (BMD) au monde ont mobilisé, ensemble, plus de 81 milliards de dollars EU de financements climatiques en 2015, selon un rapport conjoint publié le 9 août 2016. Ce montant comprend 25 milliards directement fournis par les BMD pour lutter contre le changement climatique, et 56 milliards provenant de sources extérieures.

Tous ces chiffres sont détaillés dans l’édition 2015 du Rapport conjoint des Banques multilatérales de développement sur le financement de la lutte contre le changement climatique, une publication annuelle (en anglais) de la Banque asiatique de développement (BAsD) en collaboration avec les BMD partenaires : la Banque africaine de développement (BAD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d’investissement (BEI), le Groupe de la Banque interaméricaine de développement (GBID) et le Groupe de la Banque mondiale (GBM).

Cette importante contribution au défi mondial du changement climatique s’est vue renforcée, l’an dernier, par l’engagement de toutes les BMD à accroître sensiblement leurs financements climatiques dans les années à venir. Les BMD en ont fait la promesse à la veille de l’Accord de Paris à la COP21, premier accord universel sur le climat adopté par 195 pays en décembre 2015.

Plus de 131 milliards de dollars EU alloués depuis 2011

Le rapport, qui couvre l’année 2015, révèle que les BMD ont financé pour plus de 20 milliards de dollars EU d’activités d’atténuation et pour 5 milliards d’activités d’adaptation. L’atténuation implique une réduction des émissions de gaz à effet de serre grâce à des mesures d’efficacité énergétique et à l’utilisation de sources d’énergies propres et renouvelables. L’adaptation vise, quant à elle, à réduire la vulnérabilité au climat et à renforcer la résilience face au changement climatique, en investissant, par exemple, dans une utilisation des terres résistant au changement climatique et dans la gestion des ressources en eau.

Depuis 2011, les BMD ont investi collectivement plus de 131 milliards de dollars EU de financements dans la lutte contre le changement climatique.

À l’échelle mondiale, ce sont les pays européens hors Union européenne et l’Asie centrale qui ont reçu la plus grande part du financement global, soit 20 %. L’Asie du Sud a bénéficié de 18 % du total ; l’Amérique latine et les Caraïbes en ont reçu 15 % ; l’Asie de l’Est et le Pacifique 14 % ; l’Union européenne 13 % ; l’Afrique subsaharienne 9 % ; et  le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord 9 % aussi du total. Les 2 % restants représentent les engagements multirégionaux.

D’un point de vue sectoriel, les systèmes de drainage des eaux et des eaux usées ont été les plus grands bénéficiaires du financement global en matière d’adaptation (27 %), suivis de l’énergie, des transports et des infrastructures y afférant (24 %), puis de la production agricole et alimentaire (18 %). L’essentiel du financement consacré aux activités d’atténuation est allé aux énergies renouvelables (30 %), les transports bénéficiant de 26 % des fonds et l’efficience énergétique de 14 %.

La BAD, pilier du soutien à l’adaptation et l’atténuation en Afrique

En Afrique, où les services énergétiques de base demeurent rares dans l’ensemble de la région, les pays s’emploient de plus en plus à développer leurs abondantes ressources renouvelables en vue d’inverser cette tendance. Pour appuyer leurs efforts, la BAD a alloué en 2015 905 millions de dollars EU, prélevés sur ses fonds propres, au financement d’activités d’atténuation des effets du changement climatique – un montant complété par 58 millions de dollars EU provenant de sources extérieures. S’agissant du financement de l’adaptation, la BAD a investi 305 millions de dollars EU de fonds propres, auxquels se sont ajoutés 91 millions provenant de sources extérieures, pour soutenir les efforts des pays africains, désireux d’améliorer leur résilience au changement climatique, en particulier dans les secteurs forestier et agricole et dans l’utilisation des terres. La Banque recherche constamment des moyens concrets de faciliter l’engagement du secteur privé, notamment via des prises de participation, la garantie partielle des risques et l’assurance contre les risques climatiques.

« À la BAD, nous pensons que l’Afrique se trouve à un point de basculement majeur en ce qui concerne l’accès aux énergies propres, et qu’au cours des prochaines décennies, les citoyens africains seront nombreux à pouvoir bénéficier d’énergies respectueuses du climat et de la croissance verte, a déclaré Alex Rugamba, président du Comité de coordination sur le changement climatique (CCCC) à la BAD. Notre institution s’est fixée des objectifs ambitieux pour faire en sorte d’y parvenir, en soutenant des projets innovants dans les domaines solaire, éolien, géothermique et hydraulique ». Et d’ajouter : « comme nous l’ont demandé nos pays membres lors de la préparation des Contributions prévues au niveau national (CDN), nous avons mis l’accent sur le renforcement des capacités institutionnelles en multipliant par cinq nos projets d’assistance technique, passés de 7 à 35 en un an. Au moment où les pays alignent leurs objectifs de développement sur les CDN de l’Accord de Paris, nous pensons que la priorité que nous donnons au renforcement des capacités est un signe annonciateur de notre engagement à atteindre ces objectifs. Ce pourrait devenir un nouveau domaine d’engagement important à l’avenir. »

Au vu du rôle important que jouent les BMD pour capter et mobiliser des financements, la mention expresse, dans le rapport de cette année, d’une approche commune dans le suivi des financements conjoints permettra de progresser nettement vers l’établissement de rapports plus fiables et plus transparents sur les flux des financements climatiques. Par ailleurs, les BMD ont travaillé ensemble pour harmoniser leurs rapports sur les émissions de gaz à effet de serre et sur l’utilisation des revenus issus de leurs obligations vertes.

Le rapport poursuit en spécifiant que les BMD étendront les activités climatique à divers secteurs : énergies renouvelables et efficience énergétique ; villes, régions et industries à faibles émissions de carbone et résilientes au changement climatique ; transports à faible émission de carbone ; efficience des ressources naturelles ; agriculture respectueuse du climat et sécurité alimentaire. Ces efforts permettront aux pays membres et aux clients de respecter les engagements de l’Accord de Paris et de réduire leurs émissions de carbone au cours des années à venir.