La formation professionnelle des jeunes en vue de l’emploi, première priorité pour les pays africains

14/04/2014
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Le Pôle de qualité de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) sur le développement des compétences techniques et professionnelles (PQIP/ DCTP) a tenu à Abidjan, du 31 mars au 1er avril 2014, un « Séminaire inter-pays sur l’emploi des jeunes en Afrique». Ce séminaire, qui a réuni des experts du PQIP/DCTP, avait pour objectif de préparer la Conférence ministérielle sur l’emploi des jeunes en Afrique qui se tiendra les 21, 22 et 23 juillet prochain à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

La Conférence ministérielle adoptera un Plan d’action régional au service de l’emploi des jeunes.

Etaient présents à la réunion les 23 pays invités à réaliser des rapports qui analysent en profondeur les stratégies mises en place par leur pays pour l’insertion, l’emploi et la création d’emplois au profit des jeunes. Figuraient parmi ceux-ci : l’Afrique du Sud, l’Angola, le Bénin, le Burundi, le Cap-Vert, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, l’Egypte, l’Ethiopie, le Ghana, la Guinée-Bissau, la Guinée, le Libéria, le Mali, le Maroc, Maurice, le Niger, le Sénégal, la Tanzanie, le Togo, la Tunisie, la Zambie et le Zimbabwe. Deux pays ont été empêchés : la Mauritanie et la RDC.

Les experts ont fait le point sur l’état d’avancement des rapports pays, qui doivent être finalisés et servir de base à la production d’un rapport de synthèse général. Assorti de propositions d’action en faveur de l’emploi des jeunes, ce dernier sera le document de travail principal de la Conférence ministérielle de juillet. Il constituera une première dans la collecte et la réflexion sur les stratégies menées par les pays africains pour répondre aux défis de l’insertion professionnelle et de l’emploi des jeunes en Afrique.

La conférence ministérielle de juillet sera organisée par le PQIP/DCTP en collaboration avec les coopérations allemande, française, suisse, luxembourgeoise et canadienne, ainsi qu’avec la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation internationale de la francophonie (OIF).

Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Emploi, des Affaires sociales et de la Formation professionnelle (MEMEASFP) de la Côte d’Ivoire, Moussa Dosso, qui a procédé à l’ouverture et à la clôture du séminaire, a déclaré : « Le développement des compétences des jeunes, leur insertion dans un emploi qui leur permette de gagner dignement leur vie, le renforcement de leurs capacités à créer des activités génératrices de revenus ne sont pas seulement des objectifs souhaitables. Ce sont des objectifs nécessaires et incontournables pour faire accéder notre continent à la croissance et au développement durable que lui prédisent tous les économistes à l’aube de ce XXIème siècle. Ce sont également des objectifs urgents si on veut mettre fin à l’exclusion sociale et économique des jeunes et les faire sortir du chômage, du sous-emploi et de la pauvreté qui sont des bombes à retardement susceptibles de fragiliser nos sociétés sinon de les faire tomber dans la violence et le conflit ».

Richard Walther, consultant pour le PQIP/ DCTP et co-organisateur de la réunion a indiqué que  
« l’ensemble des activités du Pôle avait pour but principal de mettre le meilleur des expériences pays au service d’une cause qui apparaît de plus en plus centrale pour le développement durable de l’Afrique : mettre fin à la sous-qualification professionnelle des jeunes et à leur trop grande exclusion hors du monde du travail ».

Selon les Perspectives Economiques en Afrique de la BAD publié en 2012, les jeunes âgés de 15 à 25 ans représenteront plus de 75 pour cent de la population du continent d’ici 2015 et plus de 45 pour cent de sa main-d’œuvre totale. La BAD estime à 133 millions environ le nombre de jeunes africains illettrés (soit plus de 50 pour cent du total). La plupart n’ont que peu ou pas de compétences et sont donc pratiquement exclus de la vie économique et sociale.
Le PQIP/DCTP réunit des pays africains pour lesquels le développement des compétences techniques et professionnelles (DCTP) constitue une première priorité. Il sert de Forum pour le partage de connaissances et d’expériences en vue d’améliorer les stratégies et programmes mis en place par les pays. Piloté par le Ministère d’Etat, Ministère de l’Emploi, des Affaires sociales et de la Formation Professionnelle de Côte d’Ivoire, le PQIP/ DCTP  a été créé en 2010. Il a jusqu’à présent organisé deux conférences des ministres et deux séminaires de travail.  

Un premier séminaire, tenu en juillet 2012, a rassemblé 12 pays autour d’un partage d’expériences sur les dispositifs d’insertion des jeunes. Un deuxième séminaire a permis à 14 pays de discuter des cadres nationaux de certification (CNC), qui permettent la mise en place de dispositifs de validation de diverses formes de compétences acquises, quels que soient leur mode d’acquisition.

L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) représente un partenariat entre les ministères africains de l’Éducation et de la Formation professionnelle et les partenaires du développement, un forum pour le dialogue sur les politiques d’éducation et de formation, un réseau de décideurs, de professionnels et de chercheurs de l’éducation, et un catalyseur pour la réforme de l’éducation en vue du développement accéléré et durable de l’Afrique. Les programmes de l’ADEA sont mis en œuvre par son Secrétariat, ses groupes de travail, Task Force et Pôles de qualité inter-pays (PQIP). L’ADEA est hébergée par la Banque africaine de développement (BAD).