Le VP GANTSHO discute le rôle de la banque dans une Afrique futuriste (Suite)

22/08/2007
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Le VP GANTSHO discute le rôle de la banque dans une Afrique futuriste (Suite)

Q. Bien que la feuille de route ne soit pas claire en ce qui concerne un gouvernement de l’union en Afrique avec toutes ces discussions, des entreprises sont de plus en plus intéressées par l’étude des possibilités d’investissement. L’Afrique est en train d’établir rapidement des partenariats d’affaires avec d’autres régions, comme on l’a constaté lors des Assemblées annuelles et des rendez-vous d’affaires clés de cette année entre les dirigeants africains et l’Union européenne.  Et il y a abondance d’espace dans les pays africains pour élargir les relations commerciales et d’investissement. L’économiste en chef de l a Banque voit beaucoup de possibilités d’établissement de coentreprises et il encourage les entreprises africaines à entrer en relation de manière plus dynamique avec les compagnies asiatiques dans le domaine de la fourniture de matières premières travaillées et des investissements associés au tourisme. En tant que vice-président chargé des opérations - infrastructure, secteur privé et intégration régionale – quel conseil donnez-vous aux investisseurs étrangers qui suivent le processus de mise en place d’un gouvernement unitaire en Afrique et qui ont l’intention d’investir dans les CER?

A. Votre question porte sur le secteur privé et sa capacité de tirer profit des très nombreux nouveaux débouchés qui s’offrent. Laissez-moi bien faire comprendre ceci au secteur privé. Je voudrais leur dire que l’Afrique a passé le moment critique. Elle enregistre une croissance économique soutenue. Il y a des opportunités de promouvoir davantage la croissance, l’une d’elles étant l’investissement dans l’infrastructure et le soutien du développement du secteur privé lui-même. Nous avons parlé de l’intégration régionale qui est la clé de la solution des défis auxquels font face les marchés à faible densité et les pays enclavés, et de la promotion du commerce. Dans un tel environnement, renforcer le rôle du secteur privé représente un impératif  clé en termes aussi bien d’investissement étranger direct, de partenariats judicieux, que de l’esprit d’entreprise africain lui-même. En résumé,  voici le conseil que je donnerai en termes de débouchés et de promotion de l’intégration régionale. Premièrement, l’environnement des affaires s’améliore; les investisseurs étrangers devraient profiter des processus d’harmonisation…des règles et des politiques. Ils devraient profiter des marchés plus vastes, investir dans l’infrastructure vivifiée par l’espace économique et les économies d’échelle qui découleraient alors d’un espace économique plus vaste. Cela signifierait aussi accès à un pool technologique plus vaste, à des compétences et à des ressources plus étendues. Le secteur privé aurait, en conséquence, à sa disposition de meilleurs marchés où opérer, des marchés plus vastes pour ses produits, ainsi que le capital humain dans les pays, là où les régions ont été à même de s’intégrer.

Q. Vous venez juste d’accomplir une année à la BAD. Quelle est votre évaluation de ce temps passé dans la première institution de financement du développement de l’Afrique?

A. Il est correct de décrire la BAD comme la première institution de développement pour l’Afrique. C’est une institution dont la mission est d’aider les pays africains à combattre la pauvreté et à générer la croissance économique.  Travailler pour une organisation qui joue un rôle aussi crucial représente toujours un privilège. J’ai aimé le temps que j’ai passé ici. Dans le seul domaine des opérations du secteur privé, nous avons engagé davantage de fonds d’investissement au cours de ces 12 derniers mois que la somme totale engagée pour les activités réalisées au cours des 10 dernières années. Nous avons trouvé des transactions novatrices et d’entrepreneur dans les secteurs public et privé. Nous avons été à même d’accélérer les activités de l’Initiative sur l’approvisionnement en eau et l’assainissement en milieu rural, sensibiliser la communauté des donateurs sur les immenses défis en matière d’infrastructure auxquels doit faire face le continent et, en faisant cela, nous avons pu obtenir plus de soutiens pour le développement de l’infrastructure sur le continent. Ces soutiens seront traduits en des engagements plus importants lors des futures sessions de reconstitution du FAD. Nous ne les avons pas vus tenir leurs promesses en se  transformant en engagements financiers concrets mais nous sommes vraiment confiants que les gens ont été sensibilisés. Le programme de prêt est sur la bonne voie et le Président, dans  son discours de clôture lors de la réunion du Conseil (le 24 juillet) a loué nos efforts dans le cadre des guichets BAD-privé et FAD, guichet concessionnel, où les taux d’exécution depuis le début de l’exercice (six mois) pour l’OIVP sont au moins de 160% et 76%, respectivement.  Nous avons prouvé que les sceptiques qui considéraient l’Afrique comme un marché à risque pour les affaires avaient tort, en étant capables d’accroître et de doubler certains objectifs, et de battre des records des années précédentes dans nos activités de prêt.  Ces sont des réalisations sur lesquelles je voudrais insister. Bien sur, il y a aussi eu des déceptions. La Banque est une institution bureaucratique établie et ceci peut être parfois frustrant, bien qu’il y ait du pour et du contre en ce qui concerne cette bureaucratie dans une institution multilatérale comme celle-ci. Mais, venant d’un milieu moins bureaucratique, je suis plus souvent frustré. Je crois que nous pouvons assouplir un peu le coté bureaucratie. J’ai été vraiment impressionné par le niveau de professionnalisme dont font montre les gens qui travaillent pour cette organisation. Cela a été un plaisir de travailler avec eux. Donc, dans l’ensemble, mon expérience a été positive et je me réjouis de pouvoir continuer ma collaboration avec les collègues de toute la Banque dans l’accomplissement de la mission de la BAD.