Wangari Maathai, Prix Nobel de la paix, Co-présidente du Conseil d’administration du Fonds forestier du Bassin du Congo

18/06/2008
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Maathai

Attaquer les enjeux de front et de manière responsable

Pr Wangari Maathai attire les foules non seulement à cause de son ardent travail pour l’environnement en Afrique, ce qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 2004, mais aussi par son sourire constant, et sa bonne humeur. La Kenyane s’est bel et bien investie cœur et âme pour la préservation du Bassin du Congo. Elle est co-présidente du Conseil d’administration du Fonds, avec Paul Martin, ex Premier ministre du Canada.

Maintes fois sollicitée lors du lancement du Fonds forestier pour le Bassin du Congo en juin à Londres, prenant la parole plusieurs fois auprès de la centaine de participants présents, ses commentaires trahissaient sa sincère reconnaissance au soutien apporté par la communauté internationale à cette cause encore trop peu connue.

Wagari Maathai:  Commentaires recueillis lors du lancement du Fonds 

« L’Afrique contribue très peu au changement climatique, mais en est la première victime. Les conséquences néfastes du phénomène se sont décuplées du fait du manque de ressources. L’Afrique ne dispose pas encore de la capacité ni des connaissances et moyens pour mitiger les effets négatifs du changement climatique. L’Afrique reste un continent très vulnérable aux chocs naturels et économiques. C’est pourquoi elle doit travailler de près avec la communauté internationale. Ce n’est que tous ensemble que nous pourrons assurer la survie du Bassin du Congo. »

« Le Bassin du Congo n’a pas besoin de nous. C’est nous qui avons besoin de cet écosystème vital. La voie qui s’offre à nous ne peut être que celle du développement durable, d’un effort concerté de toute la communauté internationale. Les acteurs concernés devront travailler ensemble pour préserver les forêts et assurer le développement économique de ses habitants. L’enjeu est de taille, mais notre avenir en dépend. »

« Le Bassin du Congo est un réservoir exceptionnel de biodiversité. Il est encore trop peu connu, et un des mandats du Fonds consiste à s’assurer de rehausser les connaissances sur cette exceptionnelle richesse. Mais en même temps que l’on veut mieux connaître cette vaste région, il faut aussi veiller à sa préservation et au bien-être à long terme des populations dont la vie en dépend. »

« Le Fonds forestier du Bassin du Congo est un rêve devenu réalité. Il faut saluer le leadership des chefs d’Etat de l’Afrique centrale, de même que les gouvernements britannique et norvégien. Il faut souhaiter que d’autres partenaires se joignent à cette initiative unique, consensuelle et innovante. L’existence de ce Fonds prouve que les Africains peuvent prendre leur sort en mains et que, s’ils le font de manière responsable, la communauté internationale est là pour leur prêter main forte. »

« La gestion du Fonds devra être animée des mêmes valeurs qui ont présidé à sa création: la transparence, la coopération, le partenariat, la responsabilité sociale, le soutien indéfectible de toutes les parties prenantes. »