Le sommet de Washington, une impulsion majeure aux relations entre les États-Unis et l’Afrique

07/08/2014
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Après près d’une semaine de discussions animées à Washington D.C., les chefs d’entreprise et les décideurs politiques des États-Unis et de l’Afrique considèrent le tout premier Sommet des dirigeants États-Unis-Afrique comme un énorme succès.

Félicitant Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement (BAD), pour son rôle dans le resserrement des liens commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique, le Président Barack Obama a déclaré : « Nous avons rencontré les représentants des gouvernements africains, de la Banque africaine de développement et du secteur privé – et pour tout vous dire, le résultat a dépassé nos attentes ». Le Président Obama a poursuivi son intervention en affirmant que « des projets et des négociations sont en cours et, lorsqu’ils auront été achevés, nous aurons atteint près de 80 pour cent de notre objectif final. Je vous annonce qu’en sus des ressources significatives que les États-Unis ont déjà consacrées à cet objectif, nous allons augmenter nos engagements de financement à 300 millions de dollars par an ».

Ce sommet consistait en un rassemblement d’entrepreneurs et de chefs d’entreprise américains et africains ainsi que, chose remarquable, de plus de 40 chefs d’État intéressés à exploiter la puissance économique de l’Afrique, où se trouvent six des dix économies les plus dynamiques au monde.

Parlant des questions économiques et de développement ayant fait l’objet de débats au cours de ce sommet de trois jours, Donald Kaberuka, président de la BAD, a déclaré : « J’ai déjà assisté à de nombreux sommets dont le sujet de discussion portait sur l’Afrique, mais j’ai trouvé que cette fois-ci les discussions se sont déroulées dans un esprit de compréhension mutuelle. Je tiens à féliciter le Président Obama pour l’organisation de ce sommet axé sur l’entreprise, dont le but était de considérer l’Afrique comme une terre d’opportunité, avec des défis qui restent à surmonter sans aucun doute, mais une terre d’opportunité quand même ».

Le sommet a souligné la volonté de part et d’autre de l’Atlantique d’améliorer la sécurité de l’Afrique, ainsi que son développement humain et démocratique, au moyen d’une série de partenariats public-privé. Les principaux thèmes du dernier jour du sommet ont porté sur la paix et la stabilité régionales, la gouvernance susceptible de bénéficier à la prochaine génération d’Africains et l’investissement dans l’avenir du continent.

Concernant les perspectives d’avenir de l’Afrique, Kaberuka a affirmé qu’il sera important que toutes les parties travaillent avec acharnement pour s’assurer que les accords conclus lors du sommet se concrétisent. Un des principaux projets auquel Kaberuka tient particulierement, et sur lequel il gardera un œil, est le programme « Power Africa ».

« La Banque africaine de développement joue un rôle majeur », a poursuivi Kaberuka. « Dans le cadre du programme Power Africa, nous avons engagé près de 3 milliards de dollars pour qu’en Afrique davantage de foyers et d’entreprises puissent bénéficier de l’électricité ».

Suite aux nouveaux engagements de financement pris envers le programme lors du sommet, Kaberuka a affirmé que la Banque « travaillera de concert avec les institutions américaines pour accélérer les programmes relatifs aux échanges commerciaux et à la facilitation de ceux-ci, à la logistique, aux mouvements de marchandises et de personnes à travers les frontières du continent africain, car, comme le Président [Obama] l’a si bien dit, le commerce avec le monde commence par des échanges avec le pays voisin ».

Parmi les autres résultats du sommet, on relève la promesse de la Commission de l’Union africaine de redoubler d’efforts pour faire progresser les opportunités d’études à travers l’Université panafricaine. Le Bénin a établi deux pépinières d’entreprises et s’est engagé à recruter et affecter 15 000 jeunes en 2015 à des postes de fonctionnaires. Le Burkina Faso a annoncé un projet d’investissement en faveur de la jeunesse concernant 46 800 jeunes, hommes et femmes, qui auront l’occasion de trouver des emplois durables sur le marché du travail.

Mais l’amélioration de la situation du continent africain apportera son lot de défis, dont un des plus urgents a trait aux soins de santé. C’est un sujet à propos duquel Kaberuka a fait les gros titres des médias internationaux en début de semaine, en annonçant que la BAD a mis à disposition immédiate près de 60 millions de dollars pour combattre la pire épidémie d’Ebola de l’histoire récente.

« Ces pays ont besoin d’une aide d’ordre structurel pour renforcer leurs systèmes de santé », a confié Kaberuka à Reuters.

Qu’il s’agisse d’alimenter le continent en électricité, de consolider les systèmes de santé, de sécuriser les pays ou d’éduquer la prochaine génération de dirigeants africains, les négociations fructueuses et les engagements bilatéraux conclus cette semaine ont généré plus de 14 milliards de dollars en contrats d’investissements commerciaux. Ils constituent une évolution marquée dans la relation entre les États-Unis et l’Afrique, qui sera non plus simplement axée sur l’aide, mais à présent aussi sur le commerce.