L’eau, est un secteur privilégié par la BAD

03/11/2013
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La question de l’eau au Sahel constitue une des principales préoccupations de la Banque africaine de développement. Qu’il s’agisse d’agropastoralisme, de croissance inclusive, de sécurité alimentaire, l’eau représente un défi bien plus pressant au Sahel, en raison de la grande variété dans sa distribution, que dans d’autres régions du continent.

A la veille du rendez-vous de 2015 fixé pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le taux d’accès à l’eau potable dans la région du Sahel pour les populations rurales est en moyenne de 54 %, celui de l’accès aux services d’assainissement est encore en dessous de 30 % alors que la part des prélèvements des ressources en eau renouvelables ne dépasse pas 5%.

Ainsi, la gestion efficace et durable des ressources en eau pour accroitre l’accès à l’eau potable à des fins domestiques et agricoles ainsi que l’accès des populations à des services d’assainissement est au cœur des préoccupations régionales. 

La Banque africaine de développement considère l’eau comme un secteur prioritaire. Elle a développé ces dernières années deux initiatives majeures pour soutenir les pays africains dans la gestion des ressources en eau, le développement des investissements pour la sécurité de l’eau, l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement en milieu rural : l’Initiative pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement en milieu rural et la Facilité africaine de l’eau.

Grande concentration des opérations de la BAD au Sahel

Les pays du Sahel ont beaucoup bénéficié de l’Initiative pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement en milieu rural (IAEAR), lancée par la BAD en 2003. Le tiers des investissements de l’IAEAR (plus connue sous son acronyme anglais RWSSI) a ciblé les pays du Sahel. L’objectif général de cette initiative était d’atteindre un taux de 80 % pour l’accès aux services d’alimentation en eau et l’assainissement de base à l’horizon 2015, et de parvenir à l’accès universel au plus tard en 2025. 

Depuis 2003, la BAD ainsi fourni de l’accès à l’eau potable à quelque 6 millions de personnes au Burkina Faso, au Tchad, au Mali et au Niger, sans compter les autres pays du Sahel. Dans certains de ces pays, les interventions de l’IAEAR ont été couronnées d’un tel succès que de nouvelles opérations y ont été lancées (Mali I et Mali II, Niger I et Niger II…).

Durant les huit dernières années, plus de dix opérations de l’IAEAR ont été financées par la Banque dans les pays du Sahel, principalement au Burkina Faso, au Niger, au Mali, au Sénégal et au Tchad, pour favoriser l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement en milieu rural et ainsi améliorer les conditions de vies des populations. 

L’autre initiative de taille de la Banque africaine de développement pour répondre à la problématique de l’eau est la Facilité africaine de l’eau (FAE), mise en place par le Conseil des ministres africains de l’Eau en 2006.

Là encore, le Sahel a beaucoup profité des interventions de la FAE. Si la FAE a financé 84 projets depuis le lancement de ses opérations en 2006, pour un montant total de 103 millions EUR, le quart de ces opérations a ciblé le Sahel : 9 projets nationaux et 11 projets multinationaux. Huit de ces projets concernent le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad dont cinq appuis à travers des projets multinationaux.

Globalement, les appuis de la FAE en direction de ces quatre pays visent le renforcement des capacités nationales pour la mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources en eau dans les quatre pays. Ils ont également ciblé les inventaires des infrastructures d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement. Ils concernent également la préparation des investissements pour l’assainissement des centres urbains au Tchad et au Burkina Faso (Ouagadougou), la création des organismes de bassin et la mise en place de cadres appropriés pour la gestion concertée des ressources en eau partagées (bassin de la Volta et lac Tchad, aquifères de Ilullemeden, Taoudeni et du bassin du Niger) et la promotion de la gestion de l’information sur l’eau dans le bassin du Niger.

Appui stratégique

Au-delà de sa contribution à l’amélioration des taux d’accès des populations rurales à l’eau potable et à l’assainissement, la BAD a aidé les pays du Sahel à renforcer les mécanismes  de gestion de leurs ressources tout en prenant en compte les questions liées à l’implication des femmes dans le secteur.

Ces différentes opérations ont eu un impact positif dans la lutte contre la pauvreté, à travers l’amélioration des revenus des femmes, qui ont eu plus de temps à consacrer aux activités génératrices de revenus, mais aussi dans l’accès des jeunes filles à l’école, du fait du gain de temps qui était naguère consacré à la recherche de l’eau.

La Banque africaine de développement, pour qui le secteur de l’eau et de l’assainissement demeure une priorité, du fait de son importance dans le développement économique « réaffirme son engagement à apporter le soutien nécessaire aux pays du Sahel, pour que les questions aussi cruciales que celle de l’accès à l’eau potable, aux services d’assainissement et de la sécurité de l’eau soient résolues de manière définitive dans le Sahel », déclare Mohamed El Azizi, directeur de l’Eau et de l’assainissement.

Ce soutien de la Banque se poursuivra à travers l’intensification des opérations de la FAE mais aussi la mise en œuvre de projets d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement en milieu rural.

Du point de vue éco géographique, la zone sahélienne est composée du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad. Les conditions climatiques dans le sahel sont marquées essentiellement par la faiblesse de la pluviométrie, sa concentration sur une courte période de l’année, mais surtout par la variabilité spatiale, annuelle et interannuelle de la distribution de la pluie. 

Ces conditions naturelles font que la problématique liée à l’accès à l’eau potable et à la sécurité alimentaire est cruciale dans cette zone, particulièrement pour les populations rurales, et ceci malgré les disponibilités très importantes de la ressource dans la région.