L’eau, un élément central pour atteindre le Top 5 et les Objectifs de développement durable en Afrique

09/09/2016
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Le conseiller principal du président de la Banque africaine de développement pour la croissance inclusive et verte, Kevin Urama, a souligné le rôle critique de l’eau dans la réalisation de la réduction de la pauvreté et de la croissance économique à long terme en Afrique. Dans une allocution prononcée lors d’un rassemblement à Stockholm, en Suède, de dirigeants mondiaux dans le secteur de l’eau, Urama a présenté les nouvelles priorités stratégiques de la BAD et le caractère central de l’eau pour l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD).

« L’eau est essentielle à la réalisation de tous les Objectifs de développement durable », a-t-il déclaré. Parmi ces acteurs clés de la communauté mondiale pour la mise en œuvre de ces nouveaux objectifs, il existe une reconnaissance qu’en l’absence d’une action transformatrice dans la gestion des ressources en eau en Afrique, il sera extrêmement difficile d’atteindre les ODD et de réaliser l’Accord de Paris sur le changement climatique. Ce rassemblement à Stockholm a appelé à une Initiative verte en faveur de l’eau en Afrique en matière d’eau, afin d’accélérer le mouvement vers la réalisation de ces objectifs sur le continent africain.

Urama a déclaré devant les quelque 3 000 acteurs de l’eau rassemblés que, bien que l’Afrique se distingue comme étant la plus vulnérable des régions du monde déficitaires en eau, il existe de nombreuses solutions de gestion de l’eau pour assurer une croissance économique durable et un progrès social en Afrique. « Les technologies et les innovations qui améliorent l’efficacité de l’utilisation de l’eau de pluie dans la production agricole sont disponibles et peuvent être rapidement déployées pour assurer une révolution verte s’appuyant sur l’eau, notamment en Afrique. Ces technologies, en particulier la collecte de l’eau de pluie, les micro-barrages, les terrasses et les approches de dérivation des eaux de crue, sont à la fois rentables et respectueuses de l’environnement ».

La Semaine mondiale de l’eau 2016, qui s’est déroulée du 28 août au 2 septembre 2016 sur le thème « L’eau pour la croissance durable » a permis aux experts et aux dirigeants mondiaux du secteur de l’eau d’explorer de nouvelles solutions et les perspectives qui apparaissent pour assurer une croissance durable grâce à une meilleure gestion de l’eau. Il est ressorti de la rencontre de cette année que l’investissement dans la sécurité de l’eau est toujours un défi, en dépit de l’existence de ressources financières importantes disponibles dans le monde. Il a été admis que les donateurs et les institutions financières de développement devraient jouer un rôle de catalyseurs, afin de combler cette lacune grâce à la génération et au partage du savoir, à l’identification des risques et au développement de mécanismes de mobilisation de financement par le marché.

Il est apparu que le leadership politique est fondamental pour construire des villes résilientes, durables et inclusives. Il existe une gamme de solutions innovantes, institutionnelles, technologiques et politiques pour la gestion des ressources en eau, la prestation des services d’approvisionnement en eau, la gestion des déchets, la récupération et la réutilisation des ressources, ainsi que pour la gestion des catastrophes dans les espaces urbains de l’Afrique.

Le rôle clé des institutions multilatérales de développement dans la prestation des services d’approvisionnement en eau dans les situations précaires a été souligné. Bien que difficiles à mettre en œuvre, ces services sont essentiels pour amortir les effets de la précarité. Dans ce domaine, les partenaires au développement ont entre autres responsabilités celle de renforcer la capacité des organismes publics et privés participant à la prestation de services.

La réalisation des nouvelles priorités stratégiques de la Banque exigera une approche de gestion intégrée des ressources en eau. « Nous considérons l’eau comme une ressource essentielle dans la réalisation de la composante hydraulique du New Deal pour l’énergie en Afrique », a déclaré Urama. « Elle est essentielle au programme Nourrir l’Afrique du point de vue de l’agriculture pluviale et de la récupération écologique de l’eau ». Concernant les liens entre l’eau et l’Industrialisation de l’Afrique, le conseiller principal du président de la BAD a fait valoir que « l’économie bleue » représente un grand potentiel pour l’industrialisation de l’Afrique.

« L’eau constitue également un lien entre de nombreux pays et régions d’Afrique ainsi qu’une ressource essentielle pour l’intégration de l’Afrique », a-t-il dit. « Sans gestion efficace de l’eau sur le plan transfrontalier, des conflits régionaux éclatent, menaçant le développement des infrastructures de transport sur l’eau. Bien que les investissements traditionnels dans le secteur aient surtout porté sur des projets d’intervention en matière d’eau et d’assainissement qui améliorent la qualité de vie des populations en Afrique, d’énormes possibilités d’accélération de la transformation structurelle du secteur de l’eau en Afrique existent pour la Banque dans chacun des Top 5 ».

Des cadres du Département de l’eau et de l’assainissement de la Banque ont également assisté à la Semaine mondiale de l’eau. Outre le partage de nouvelles perspectives sur la façon d’aborder efficacement et de toute urgence le défi posé par l’eau dans le monde en général et en Afrique en particulier, l’équipe a rencontré plusieurs partenaires au développement afin de renforcer une vaste coalition dans le secteur de l’eau au bénéfice de l’Afrique. Plus de 340 millions de personnes n’ont pas accès à de l’eau potable propre, et environ 550 millions de personnes n’ont pas accès à des services d’assainissement adéquats.

La BAD est un important prestataire de services d’approvisionnement en eau et d’assainissement en Afrique, avec un volume de financement total s’élevant à environ 7 milliards de dollars EU. En 2006, la Banque a créé un Département de l’eau et de l’assainissement pour diriger et coordonner les activités du secteur de l’eau et promouvoir une gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) dans l’ensemble des interventions de la Banque en matière d’approvisionnement en eau et d’assainissement.