Les réunions de la Banque mondiale et du FMI prennent fin, le président de la BAD se tourne vers son avenir

20/04/2015
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Une semaine historique s’est conclue à Washington DC, avec l’adoption d’un programme destiné à éradiquer l’extrême pauvreté à travers le monde d’ici à 2030. C’était aussi la dernière fois que Donald Kaberuka assistait aux réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) en tant que président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

« Contrairement aux objectifs du Millénaire pour le développement, qui partaient du principe qu’une grande partie du financement viendrait de l’extérieur, la position de l’Afrique est cette fois totalement à l’opposé », a déclaré Donald Kaberuka lors de sa dernière réunion du Comité du développement conjoint du Groupe de la Banque mondiale et du FMI, à laquelle le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, assistait pour la toute première fois. « Il nous appartient de financer notre propre développement, a lancé le président de la BAD. Pour ce faire, nous avons besoin de politiques de qualité et de capacités suffisantes. »

Tout au long de cette semaine de réunions de la Banque mondiale et le FMI, M. Kaberuka a adressé aux responsables des banques de développement multilatérales, aux dirigeants politiques et aux autres puissants acteurs économiques et financiers du monde entier des messages ciblés, sur la façon dont la BAD peut les aider à atteindre ces objectifs. Au cours des présentations et des discours de politique générale qui se sont succédé au Woodrow Wilson Center, au Brookings Institute, au National Press Club et ailleurs, il a expliqué combien il importe d’endiguer les flux illicites, de créer un système de marché unique pour le continent et d’aider les 54 pays d’Afrique à mobiliser leurs ressources domestiques. 

Le dévouement dont a fait preuve Donald Kaberuka pour améliorer les conditions de vie des Africains de tout le continent n’a pas été négligé. À la clôture de la réunion, du Comité du développement, les participants aux réunions semi-annuelles se sont levés pour offrir une ovation à Donald Kaberuka et rendre ainsi hommage à ses dix années de service passées à la BAD.

Toute la semaine, nombreux sont les éloges qui ont été adressés au président de la BAD, dont le travail a été largement salué. Celui-ci a ainsi reçu le « Champion Award », décerné par le site Internet AllAfrica.com, et le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Kim, a organisé une réception spéciale en son honneur. Vendredi 17 avril, Donald Kaberuka s’est vu décerner le prix « Creating Opportunities for Development in Africa Leadership Award » décerné par Africare. Décideurs du monde du développement, ministres des Finances et Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Libéria, qui lui a rendu un hommage appuyé, ont assisté à la cérémonie à la Chambre de commerce des États-Unis.

« Donald Kaberuka se distingue par son sens du leadership. C’est un leadership qui motive, un leadership avec une vocation née de sa vision pour transformer le continent africain », a déclaré Ellen Johnson Sirleaf. Ainsi, lorsqu’a éclaté l’épidémie d’Ebola, a-t-elle raconté, Kaberuka l’a appelée pour lui dire « J’arrive ! » Alors que d’autres avaient très peur, « il est venu », a souligné Johnson Sirleaf.

La ministre des Finances du Nigeria, Ngozi Okonjo-Iweala, a également pris la parole pour féliciter Donald Kaberuka pour avoir encouragé l’égalité des sexes et l’inclusion et donné naissance à des politiques sensibles à la question de genre dans l’Afrique entière. « Je lui en suis très reconnaissante, a-t-elle dit. Et d’ajouter : « L’une des plus grandes réalisations de Donald, et des plus appréciées à ce jour, est le déménagement de la Banque, revenue à Abidjan, son siège originel. Aujourd’hui, nous levons un toast à ce fils de l’Afrique pour sa magnifique performance au cours de ces dix dernières années passées à la barre de cette grande institution régionale ».

« Ce que j’ai fait, c’était faire mon boulot, et je pense ne pas être le seul à mériter votre reconnaissance, a déclaré le président de la BAD, à propos de son mandat. En effet, les milliers de membres du personnel qui ont travaillé au fil des ans à bâtir cette merveilleuse institution africaine dont vous pouvez être fiers la méritent eux aussi. » Certains employés de la Banque étaient présents, d’autres non et, comme l’a précisé M. Kaberuka, certains sont même décédés. Le président de la Banque a alors demandé à l’assistance une minute de silence en hommage à Amir Zahir, un jeune Soudanais chargé du Département des ressources humaines à la BAD, décédé la semaine dernière alors qu’il se rendait à une réunion de travail.

Alors qu’il s’apprête à quitter la BAD, M. Kaberuka se tourne vers l’avenir : « Pour celles et ceux qui se demandent ce que je vais faire ensuite, on dit que la retraite est la plus longue pause-café du monde. Je ne sais pas combien de temps elle durera, mais quand elle sera terminée, j’espère que vous m’accompagnerez dans mes nouveaux projets, quels qu’ils soient. Je vous remercie de tous ces honneurs, et je vous remercie de votre amitié. »