Les BMD peuvent réduire les risques en partageant leurs points forts, affirme Tim Turner

27/05/2014
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La deuxième journée des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) du 20 mai 2014 à Kigali (Rwanda), a démarré par une session intitulée « Gestion de l’exposition au risque souverain ». Cette rencontre visait à mettre en exergue les défis dans la gestion de l’exposition aux risques d’emprunts souverains de banques multilatérales de développement (BMD) ; ou à analyser comment  les BMD peuvent  réduire les risques de concentration dans leurs pays en partageant leurs points forts.

Ouvrant la session, François Kruger, président du comité des vérifications et des finances du Conseil d’administration de la BAD, a déclaré que l’atténuation des risques de concentration des pays permettra d’exploiter de nouvelles capacités de prêt pour les emprunteurs les plus attractifs de la Banque, en optimisant l’utilisation des fonds propres.

Il a également souligné la nécessité de diversifier le portefeuille. « La BAD doit diversifier son offre de produits et sa clientèle. Nous avons déjà pris certaines mesures, comme les fonds récemment créés : « Africa Grow Together Fund » et le « Fonds Afrique 50 ». Les échanges d’exposition entre les BMD font partie des diverses initiatives en cours destinées à permettre à la BAD de gérer activement son portefeuille », a déclaré Kruger.

Pour le responsable de la gestion des risques de la BAD, Tim Turner,  le risque de concentration est une source de préoccupation commune pour la majorité des BMD. Car elle limite les nouveaux prêts aux emprunteurs les plus actifs et  les agences de notation citent cela comme un facteur de risque majeur.

Turner a fait remarquer qu’en octobre 2013, au cours des réunions du G8 sur le partenariat de Deauville pour l’Afrique du Nord, les dirigeants avaient reconnu les contraintes qu’une  forte concentration des pays imposait sur  les BMD. Pour réagir à ces contraintes, le G8 avait recommandé aux responsables des BMD d’évaluer la faisabilité des échanges d’exposition entre les BMD afin de réduire la concentration.

Pour s’assurer du bon fonctionnement d’un échange d’exposition, Turner a indiqué que plusieurs BMD peuvent diversifier leurs portefeuilles en échangeant une part de leurs expositions les plus importantes au risque souverain. « Nous pouvons le faire en échangeant les risques sur un groupe de pays. À travers un échange juste des expositions, les BMD participantes peuvent bénéficier de la diversification sans changer le risque moyen de leurs portefeuilles ».

L’expert de la BAD a souligné qu’un échange d’exposition constitue une opération de gestion des risques et non une opération de prêt. Il a également ajouté que les échanges d’exposition n'affecteraient pas le rôle de la BMD qui consent les prêts. La BMD qui assume une part du risque de crédit de la BMD qui consent les prêts, constitue pour l’essentiel une forme de garantie partielle en cas de défaillance d’un des pays impliqué dans l’échange.

Turner a souligné que les avantages que l'on peut attendre d’un échange d’exposition dépassent largement les risques potentiels. Ces avantages comprennent une réduction efficace des expositions concentrées, une optimisation des fonds propres pour une croissance des prêts au développement et  une accélération de la mise en œuvre par rapport aux alternatives. Ils portent aussi sur une réduction des coûts et du risque de contrepartie

Toutefois, Tuner a souligné que les BMD régionales participant aux échanges d’exposition assumeraient des risques de crédit mal connus en dehors de leurs mandats régionaux.  Pour lui, si les BMD partagent leurs  points forts, ils peuvent  réduire leurs.