La BAD lance son Indice de l’égalité des genres en Afrique : priorité à l’autonomisation des femmes

26/05/2015
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Femmes et hommes sont-ils sur un pied d’égalité ? Telle fut la question débattue lundi 25 mai 2015 à Abidjan, lors du lancement, par la Banque africaine de développement (BAD), de son tout premier Indice de l’égalité des genres en Afrique.

Intitulé « Autonomiser les femmes africaines : Plan d’action », cet indice, a été dévoilé au premier jour des 50e Assemblées annuelles de la Banque d– qui se déroulent sur une semaine –, lors d’une séance de travail baptisée « Égalité entre les sexes : où en sommes-nous ? ».

Geraldine Fraser-Moleketi, envoyée spéciale de la BAD pour les questions de genre, a expliqué que cet indice devrait servir de point de référence aux gouvernements africains, pour évaluer l’efficacité de leurs politiques respectives visant à faire progresser l’égalité des genres.

L’indice, qui couvre 52 des 54 pays d’Afrique, examine le rôle des femmes en tant que productrices, sur le plan du développement humain, ainsi que comme citoyennes actives et dirigeantes, et fournit également des cartes pour chaque domaine étudié.

Son lancement intervient au moment où l’autonomisation des femmes constitue une priorité du programme de l’Afrique, l’Union africaine ayant déclaré 2015 « Année de l’autonomisation des femmes et du développement de l’Afrique pour la concrétisation de l’Agenda 2063 », afin d’optimiser les ressources au bénéfice de tous les Africains.

Dans un bref commentaire sur la création de cet indice, le président de la BAD, Donald Kaberuka, a déclaré que la Banque avait décidé de jouer un rôle de premier plan dans les efforts en faveur de l’égalité des genres : c’est pour cette raison qu’a d’ailleurs été créé le poste d’envoyée spéciale pour les questions de genre.

« Au moment de la création du poste, la BAD excellait dans de nombreux domaines, mais n’était pas tout à fait à la hauteur dans beaucoup d’autres. La création du poste d’envoyée spéciale pour les questions de genre a été le signe que ce sujet revêtait une grande importance dans les activités de la Banque, et j’espère que mon successeur continuera sur cette lancée », a-t‘il indiqué.

L’indice fait l’éloge de pays africains comme le Rwanda, qui, avec64 % de femmes  dans les services publics (y compris au Parlement), a la plus forte représentation féminine au monde – une performance que la BAD encourage les autres pays africains à imiter.

Au cours d’un débat de groupe de haut niveau sur ce nouvel indice, Frannie Leautier, PDG de Mkoba Private Equity Fund (Tanzanie), a déclaré que les hommes et les garçons ont un vrai rôle à jouer pour assurer l’inclusion des femmes et des filles.

« Sans des politiques efficaces en matière de genre, les femmes peuvent quand même réussir, mais il leur faut être fortes pour évoluer sur un terrain de jeu inégal, et j’espère que les histoires de femmes qui ont réussi pourront inspirer d’autres femmes pour réussir elles aussi », a expliqué Frannie Leautier.

Lui aussi membre du groupe de haut niveau, Ashish Thakkar, fondateur du groupe Mara et de la Mara Foundation, estime qu’il faut célébrer les femmes qui ont le plus réussi, en dépit des difficultés actuelles à surmonter dans nombre de pays africains.

Il a indiqué que son groupe Mara a une approche inclusive en matière de genre dans ses choix de créateurs d’entreprises avec lesquels il travaille, même si les femmes candidates sont encore peu nombreuses.« Sur les 500 jeunes entrepreneurs avec qui nous travaillons actuellement, seuls 30 % environ sont des femmes. C’est un pourcentage faible. Il nous reste beaucoup à faire pour encourager les femmes jeunes à réussir », a-t-il reconnu.

Selon Saran Daraba Kaba, secrétaire exécutive de l’Union du fleuve Mano, basée en Sierra Leone, pour aider les femmes à réussir davantage, il faudrait commencer par leur permettre d’atteindre un niveau d’éducation élémentaire afin de leur donner les bases pour réaliser de plus grandes choses.

Les membres du groupe de haut niveau sont convenus que les gouvernements africains devaient chercher à obtenir une croissance inclusive qui ne produise pas de laissés-pour-compte, dont les femmes.

L’envoyée spéciale de la BAD pour les questions de genre, Geraldine Fraser-Moleketi, a toutefois également incité les femmes et les filles à revendiquer leurs droits et leur place : « Les femmes doivent faire l’effort de réclamer leur place et d’occuper l’espace, car ce que les hommes peuvent faire, elles le peuvent aussi », a-t-elle déclaré.


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