Ouverture en Ouganda de l’Atelier sur la Déclaration de Pari

16/11/2005
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Entebbe, Ouganda 16 novembre 2005 – Mercredi s’est ouvert à Entebbe, en Ouganda, un atelier de deux jours organisé par la Banque africaine de développement, la Banque mondiale et le PNUD, en collaboration avec l’OCDE-CAD

Cet atelier, qui porte sur la voie à suivre en vue de renforcer l’efficacité de l’aide, devra discuter de la mise en oeuvre des engagements pris à Paris et de l’harmonisation par les institutions de développement et des pays partenaires de leurs politiques en vue de promouvoir le développement.

L’Atelier, qui enregistre la participation de représentants de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe, des bailleurs de fonds et des organisations de la société civile, se situe dans le prolongement de la Déclaration de Paris, un document de portée historique comportant tout un éventail d’initiatives assorties de délais qui ont été approuvées dans la capitale française en mars 2005 et visent à renforcer l’efficacité du développement et à promouvoir la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire.

S’adressant aux participants, M. Philibert Afrika, le Responsable de la Vice-présidence de la BAD chargée de la planification, de la politique et de la recherche, a déclaré que l’atelier offre "l’occasion de partager nos expériences institutionnelles et nationales, ce qui nous permettra d’affiner nos plans d’exécution et de convenir des meilleures voies à suivre pour la mise en place de mécanismes de contrôle et de suivi destinés à la mise en œuvre au niveau des pays des engagements pris à Paris ".

Il est important, devait-il poursuivre, que les partenaires au développement unissent leurs efforts au niveau des pays bénéficiaires de leur aide afin de renforcer leur appui non seulement aux processus gouvernementaux et de consolider un cadre destiné à la mise en œuvre des objectifs de développement, mais aussi au suivi des avancées enregistrées par les pays et des résultats qu’ils auront obtenus.

"Aujourd’hui, nous pouvons unanimement convenir que le plan d’action portant sur l’harmonisation et l’alignement va au-delà de l’harmonisation et de l’alignement purs et simples des procédures et processus. Il revient au bailleurs de fonds et aux partenaires au développement d’en prendre conscience et de déployer les efforts requis en vue d’oeuvrer de concert dans un cadre  de responsabilisation mutuelle et de parvenir à des résultats," devait souligner M. Afrika.

Dans son allocution d’ouverture, le Ministre chargé des affaires générales au niveau de la Primature de l’Ouganda, le Professeur Mondo Kagonyera, a affirmé que son pays adhère tout à fait à un appui budgétaire accru en tant que moyen capital de renforcement de l’efficacité de l’aide. Par ailleurs, il a déclaré que l’Ouganda a été à même de prendre en mains son programme de développement grâce à son Plan d’action d’éradication de la pauvreté (PEAP) adopté il y a huit ans par le gouvernement et à d’autres mesures budgétaires offrant un cadre à l’alignement et à l’harmonisation de l’aide fournie par les bailleurs de fonds.

La discipline budgétaire sous-tendant le Cadre d’action à moyen terme du gouvernement ainsi la priorité accordée à son Fonds d’action de lutte contre la pauvreté, a-t-il poursuivi, ont donné aux bailleurs de fonds qui, eux aussi, sont comptables envers leurs contribuables, la confiance requise pour l’octroi de l’aide sous forme d’appui budgétaire direct.

"Cette manière d’opérer assure réellement l’alignement de l’aide sur les priorités gouvernementales ainsi que son harmonisation effective avec celles-ci tout en soustrayant le gouvernement à des frais de transaction qu’auraient occasionnés une multitude de programmes et de projets", a dit le Professeur Kagonyera, en expliquant que c’est pour cette raison que Kampala ne cesse de plaider pour un recours accru à l’appui budgétaire.  

De son côté, Madame Judy O’Connor, la Directrice du bureau de pays de la Banque mondiale pour la Tanzanie, a déclaré que le plan d’action de Paris revêt une importance cruciale pour la croissance et la réduction de la pauvreté pour les pays africains ainsi que pour d’autres pays à travers le monde en développement.

"Nous devons nous concentrer non pas sur les principes de base, mais sur les questions liées à la mise en oeuvre. Nous avons largement dépassé l’étape des principes. La raison principale qui nous réunit en ces lieux consiste à axer nos échanges de vues sur les questions d’ordre opérationnel, et faisons en sorte que l’Atelier d’Entebbe ouvre la voie dans cette direction," a-t-elle souligné.

Le PNUD quant à lui percevait l’atelier comme un pas important et concret vers un effort collectif visant à mettre l’aide au service du développement africain et de la promotion de la réalisation des ODM en Afrique.

"S’il est vrai que les stratégies de réduction de la pauvreté, notamment les DSRP (Documents de stratégie de réduction de la pauvreté) sont  en passe de devenir l’ outil d’alignement de l’aide octroyée par les bailleurs de fonds sur les priorités nationales, elles devront donc constituer l’un des instruments les plus importants d’intégration pleine et entière des ODM dans les  priorités, les  politiques, ainsi que dans l’affectation des ressources", a dit M. Lamin Manneh, le Chef de l’Unité des initiatives stratégiques et régionales du PNUD, dans une allocution lue au nom du Secrétaire exécutif de la CEA, M. Abdoulie Janneh.

Une telle perspective, a-t-il ajouté, fait de l’affermissement de la prise en mains par les pays de leurs politiques et processus un impératif dont la réalisation rendra l’aide efficace; elle fait aussi du renforcement des capacités nationales un préalable à la réalisation des ODM et à la réduction de la pauvreté.

Les participants à l’atelier discutent de la mise en oeuvre des engagements pris à Paris – en d’autres termes, de la question de savoir ce qu’ils signifient pour les pays et pour les bailleurs de fonds, comment renforcer leur mise en œuvre, comment assurer le suivi, l’évaluation et le compte rendu des avancées en la matière, et comment les bailleurs de fonds et les pays partenaires africains peuvent effectivement travailler ensemble.

Les préparatifs sont en cours pour l’organisation en début 2006 d’un atelier du même genre à l’intention des pays de l’Afrique du Centre et de l’Ouest.

Objectifs clés de la Déclaration de Paris

  • 75% des pays dotés de budgets nationaux de qualité
  • Amélioration de la gestion financière par 50% des pays
  • Amélioration des acquisitions par  60% des pays
  • 90% d’appui budgétaire
  • 50% de coopération technique par le biais de programmes coordonnés
  • Réduction des CEP de 66%
  • Prédictibilité de l’aide à 90%
  • Poursuite des efforts conjugués en matière d’aide
  • Recours de 66% de l’aide à l’approche axée sur les programmes
  • 40% des missions seront conjointes
  • Réalisation conjointe de 66% des études analytiques
  • 33% des pays dotés d’un cadre de résultats de qualité
  • Évaluation mutuelle de l’aide dans 100% des pays partenaires