Journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre 2015 - « Protection sociale et agriculture - Briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale »

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De: 16/10/2015
A: 16/10/2015
Lieu: Abidjan, Côte d’Ivoire

Initiée en 1979, la Journée mondiale de l’alimentation est une journée d’action contre la faim. Tous les ans, le 16 octobre, la volonté d’éradiquer la faim est affirmée à travers le monde entier. La Journée mondiale de l’alimentation est aussi l’occasion de célébrer la création de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui a vu le jour en 1945, au Québec, au Canada.

Cette année, le thème est « Protection sociale et agriculture - Briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale ». La protection sociale porte sur la prévention, la gestion et la maîtrise de situations qui nuisent au bien-être des personnes, selon la définition proposée par l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social. La protection sociale recouvre des politiques et des programmes élaborés pour lutter contre la pauvreté et la vulnérabilité en promouvant des marchés de l’emploi efficaces, en diminuant l’exposition des personnes aux risques et en renforçant leur capacité à gérer les risques économiques et sociaux, tels que le chômage, l’exclusion, la maladie, l’invalidité et la vieillesse.

En Afrique, le développement agricole contribue fortement à la protection sociale. L’agriculture est le principal moteur de développement économique sur le continent, où plus de 70 % de la population, selon les estimations, vit et travaille en milieu rural. Principale source d’emplois et de revenus en Afrique subsaharienne, l’agriculture y représente plus de 65 % des emplois. Plus de 60 % des populations rurales vivent en situation de pauvreté extrême (définie comme caractérisant ceux qui vivent avec 1,25 dollar EU par jour ou moins) et près d’une personne sur trois souffre de sous-alimentation chronique. Des éléments empiriques démontrent qu’une productivité agricole plus élevée peut contribuer de manière positive à la lutte contre la pauvreté par l’augmentation des revenus ruraux, la diminution des prix des produits alimentaires sur les marchés domestiques, la création d’opportunités économiques dans le secteur non agricole, ainsi que la stimulation et le soutien à la transformation économique.

Le monde entier est concerné par la faim et la pauvreté. La nécessité d’éradiquer l’extrême pauvreté et la faim, qui constituait le premier objectif du Millénaire pour le développement (OMD), occupe encore les première et deuxième places dans la liste des 17 nouveaux Objectifs de développement durable (ODD). Grâce aux efforts déployés pour atteindre ce premier objectif des OMD, la proportion des populations vivant dans une situation de pauvreté extrême s’est vue réduite de 47 % dans 74 pays. L’Afrique a connu une croissance économique accélérée et forte. Elle a mis en place des filets de protection sociale ambitieux, en élaborant des politiques pour promouvoir l’éducation et lutter contre de nombreuses maladies. Néanmoins, la croissance n’a pas été assez rapide ou inclusive pour stimuler la création d’emplois. Aussi, les taux globaux de pauvreté s’avèrent encore élevés, oscillant autour de 48 %. Il reste donc beaucoup de travail à abattre pour continuer d’améliorer les conditions de vie de tous les Africains.

 

La Banque agit en faveur de la protection sociale et de la lutte contre la pauvreté par le biais d’activités agricoles

La Banque africaine de développement a pour mission de stimuler un développement économique durable et le progrès social dans l’ensemble de ses pays membres régionaux (PMR), participant ainsi à la lutte contre la pauvreté. Pour ce faire, elle a recours à différentes approches.

Dans le secteur agricole, la BAD a surtout travaillé à l’amélioration de la production et de la productivité. Depuis 2008, la Banque se concentre sur le développement de l’infrastructure rurale pour permettre de relier la production agricole aux marchés, de fournir des installations d’entreposage adéquates, d’apporter plus de valeur ajoutée aux produits agricoles, tout en augmentant leur durée de conservation grâce à la transformation agro-alimentaire. Ce qui réduirait sensiblement les pertes post-récoltes, de l’ordre de 40 % de la production agricole selon les estimations (favorisant, du coup, pénuries et carences alimentaires), faciliterait l’accès des petits exploitants aux marchés, augmenterait la valeur ajoutée de leurs produits et améliorerait le commerce des produits agricoles ainsi que le bien-être des collectivités rurales.

Construction de routes rurales et de dessertes praticables par tous les temps pour relier les villages aux routes principales, de marchés ruraux et de centres de collecte de marchandises…, ces améliorations créent des foyers de croissance dans certaines zones rurales, ouvrant la voie à des équipements de transformation agro-alimentaire exploités par des opérateurs individuels ou des coopératives cuves de refroidissement du lait et produits laitiers, moulins à riz et décortiqueuses à café) ou louées à des opérateurs privés ; elles offrent un plus large accès à une électricité fiable qui, à son tour, alimente les installations d’agro-industrie, de débarquement et de transformation du poisson.

Il est prouvé que, même sans transformation ni augmentation de la valeur ajoutée des produits agricoles, l’accès des agriculteurs aux marchés leur a permis d’accroître leurs revenus. En effet, il n’y a plus d’intermédiaires, les distances par rapport aux marchés et le coût de transport sont réduits, et il y a moins de pertes dues à l’absence de marchés ou aux retards dans le transport. En conséquent, ceux qui exercent une activité commerciale voient leur nombre s’accroître, ce qui vient renforcer la concurrence.

La Banque a aussi participé à des actions de protection sociale, telles que des programmes de cantines scolaires, des transferts d’argent en espèces, des plans de crédit rural (spécifiquement pour les femmes), ainsi que le développement de compétences pour tous (pour les femmes et les jeunes notamment).

La BAD travaille, en partenariat avec ses PMR et les secteurs public et privé, à une nouvelle stratégie pour transformer l’agriculture en Afrique, avec pour but d’éradiquer la pauvreté d’ici à l’horizon 2025. 

Programme de la BAD pour la Journée mondiale de l’alimentation 2015

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, la Banque africaine de développement exposera le travail auquel elle se livre dans le secteur agricole. Un débat suivi d’une séance de questions-réponses permettra de sensibiliser à la future mission de la Banque dans ce secteur.