Journée mondiale de la population-Miser sur les opportunités d’une Afrique jeune

12/07/2010
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Avec plus de 40% de sa population ayant moins de 15 ans, l'Afrique est de loin le continent qui abrite la plus jeune population au monde. Mais, ironie du sort, l'Afrique est aussi le continent le plus pauvre au monde : un continent avec près de la moitié de sa population composée de jeunes ; une terre gorgée littéralement de ressources inouïes minérales et naturelles, et un lieu où la pauvreté semble avoir trouvé un refuge de choix.

En règle générale, jeunesse est synonyme de dynamisme, de détermination, d’inspiration, de créativité et d’habileté manuelle. « Il n'est pas possible que la civilisation recule tant qu'il y a des jeunes dans le monde », a déclaré l'auteur américaine et activiste politique, Helen Keller. Cette citation sonnerait totalement faux en Afrique, continent qui est devenu la « dernière frontière » pour le pillage et la famine abjecte.

Cette contradiction doit être source de réflexion pour la jeunesse africaine, en cette année où la plupart des pays du continent célèbrent un demi-siècle de libération de la domination coloniale. Elle doit également être le leitmotiv de cette Journée mondiale de la population, célébrée le 11 juillet 2010 sur un thème plutôt vague : « Tout le monde compte – Dites ce qu’il vous faut. »

La population du continent était estimée à 1 milliard d’habitants en novembre 2009, le Nigeria (148 millions d’habitants), l’Egypte (79 millions d’habitants) et l'Éthiopie (78 millions d’habitants) venant en tête. Sur les 53 pays africains, 34 sont parmi les pays les moins développés du monde (PMA).

Mais pour l'Afrique, la démographie est bien plus que des chiffres, et la croissance démographique ne doit pas évoquer la prédiction de Malthus selon laquelle la population croîtra toujours plus vite que la nourriture, condamnant l'humanité à la pauvreté et la misère sans fin.

Au contraire, les experts en développement se concentrent maintenant sur les défis et les opportunités que présente la jeunesse de la population du continent, et sur ce qu’il y a lieu de faire pour optimiser son rôle dans le développement national.

« C’est [l’Afrique] le continent le plus jeune, celui qui connaît l’urbanisation la plus rapide. Cela veut dire une opportunité à saisir. Mais c'est aussi un défi, expliquait récemment le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka.

« Comment donner espoir à la majorité des Africains – à la jeunesse de l’Afrique? » s’est-il demandé. « Nous le faisons, en libérant le potentiel de notre marché », a ajouté M. Kaberuka.

Un marché africain stimulera la demande et provoquera des économies d'échelle qui auront un effet multiplicateur sur les secteurs essentiels du développement économique et social du continent, surtout en ce qui concerne la création d'emplois, l'éducation, la santé, l'amélioration du niveau de vie et de la croissance globale du PIB.

La BAD s’est attelée à promouvoir le développement économique, social et humain depuis qu’elle a commencé ses opérations en 1967, conformément à la priorité que ses statuts et stratégies accordent à la réduction de la pauvreté. Ses interventions contribuent à la réduction de la pauvreté en mettant l'accent sur les activités qui stimulent une  croissance économique forte et équitable.

Dans le secteur social,  cela veut dire se concentrer sur l'enseignement supérieur, la science et la technologie (ESST), en vue de produire du capital humain (des scientifiques, des ingénieurs, des chercheurs, des médecins, etc.), qui serviront dans les centres l'excellence des pays et dispenseront l’enseignement et la formation techniques et professionnelles (ETFP) pour répondre aux besoins de main-d'œuvre qualifiée dans les secteurs productifs.

En 2009, la Banque a approuvé 228,6 millions d'UC (343 millions de dollars EU) pour 17 opérations dans les secteurs sociaux. L'éducation a reçu la plus grande part avec 199,2 millions d'UC, suivie des interventions pour la réduction de la pauvreté et la protection sociale (20,7 millions d'UC), et de la santé, (8,7 millions d’UC). Le total de ses prêts, dons et autres approbations en 2009 s'est élevé à 8,06 milliards d'UC (12 milliards de dollars EU), contre 3,53 milliards d'UC (5,3 millions d’UC) en 2008.