Journée mondiale du tourisme : La Banque africaine de développement contribue l’amélioration de l’accès et des infrastructures sur le continent

27/09/2016
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Le 27 septembre 2016, l’industrie des voyages et du tourisme célèbre la Journée mondiale du tourisme. Lancée en 1980 par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), un organisme des Nations Unies, la Journée mondiale du tourisme rassemble chaque année la communauté internationale du tourisme autour d’un thème significatif de grande portée pour l’accès à des destinations petites ou grandes, cosmopolites ou rurales, sur tous les continents.

Le thème de cette année – « Tourisme pour tous : promouvoir l’accessibilité universelle » – porte sur l’un des principes premiers des voyages : la mobilité et l’inclusion. Comme le rappelle l’OMT, « assurer un tourisme accessible à tous a trait à la création de produits et de services dont tous peuvent jouir de manière égale, qu’il s’agisse de personnes handicapées, de touristes et d’habitants, de familles avec des enfants en bas âge, de personnes âgées et des autres personnes ».

D’après les chiffres de l’OMT pour 2015, l’Afrique a accueilli au cours de cette année 62,6 millions de touristes internationaux, en recul de 2,7 millions par rapport à l’année précédente. Et pourtant, aucune autre région du monde n’offre la possibilité d’accroître sensiblement le nombre de visiteurs locaux, régionaux et internationaux. Et en 2016, nous avons été témoins des grands progrès qui ont été accomplis pour faire de l’Afrique une destination plus accessible.

« L’Afrique offre des expériences touristiques uniques et passionnantes. L’accent placé cette année sur l’inclusion et l’accessibilité pour tous procure aux entrepreneurs africains de très belles opportunités permettant de développer des produits, des services, des chaînes d’approvisionnement et des plateformes technologiques liés au tourisme pour accélérer la croissance et la durabilité du secteur touristique africain », déclare Charles Leyeka Lufumpa, directeur du Département de statistique de la Banque africaine de développement.

Les célébrations de la Journée internationale du tourisme de cette année coïncident avec le lancement, en juillet 2016, du passeport électronique de l’Union africaine (e-passeport). « La décision concernant ce projet phare a été prise en 2014. Il cadre entièrement avec l’Agenda 2063 pour l’Afrique, son objectif principal consistant à faciliter la libre circulation des personnes, des biens et services à travers le continent dans le but de promouvoir le commerce intra-africain, l’intégration et le développement socio-économique », explique l’Union africaine. 

La création de l’e-passeport fait suite à des initiatives antérieures de même type prises dans le cadre d’accords de coopération régionaux, notamment le visa de la Communauté de l’Afrique de l’Est entre le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda, l’uni-visa de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) connectant 15 pays, et le visa ouest-africain des Pays de l’Entente, lesquels lient déjà différentes régions de l’Afrique et facilitent les échanges, les voyages et les investissements intra-africains.

La Banque africaine de développement a financé des projets d’infrastructure qui ont facilité l’accès à des sites touristiques ou ont amélioré les liaisons aériennes entre les plates-formes régionales. Chaque année la Banque publie l’Africa Tourism Monitor, une publication conjointe qui suit et fait état des tendances les plus récentes en matière de tourisme sur le continent. La Banque a également élaboré, de concert avec des partenaires, l’Indice d’ouverture sur les visas en Afrique, qui mesure le degré d’ouverture des visas sur le continent, un facteur clé pour la mobilité des touristes et des compétences.

Aujourd’hui, le secteur touristique africain se porte bien et montre de bons signes de résilience. Grâce aux progrès de la connectivité, à l’extension des infrastructures TIC et à la pénétration du téléphone portable, les voyages en Afrique n’ont jamais été aussi accessibles, tant virtuellement que physiquement. Néanmoins, il reste des défis à relever. Pour que le continent puisse vraiment tirer les fruits de son tourisme, il aura à améliorer ses infrastructures et à réduire les obstacles aux déplacements qui se dressent. Le continent peut se targuer d’une grande richesse d’attractions naturelles et historiques, allant d’immenses plages vierges et de sites archéologiques à une vie sauvage abondante, de paysages époustouflants et à de riches traditions culturelles ; mais si le coût des voyages est trop élevé ou si les services font défaut, les touristes iront ailleurs.

Blog : Libérer le potentiel du tourisme en Afrique

À travers le continent, la Journée mondiale du tourisme sera marquée par des activités officielles, des événements et des manifestations touristiques innovantes qui auront lieu partout à travers le continent, dans des pays comme l’Algérie, le Bénin, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, le Rwanda, la Somalie, le Soudan, le Togo et l’Ouganda.

Ces activités se poursuivent sous l’égide d’autorités touristiques publiques et privées, aussi bien dans les zones rurales que dans les grandes villes, afin de promouvoir le tourisme international et intérieur tout en célébrant le patrimoine et la culture locaux. Certaines des festivités sont prévues pour le 27 septembre même, alors que d’autres sont destinées à commémorer le secteur du tourisme tout au long du mois.

Par ailleurs, comme l’a déclaré Taleb Rifaï, secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme, « on estime qu’environ 15 % des habitants du monde souffrent d’un handicap d’une forme ou d’une autre. C’est dire qu’environ un milliard de personnes à travers le monde ne peuvent probablement pas jouir du privilège de connaître d’autres cultures, de vivre la nature dans toute sa plénitude et de vivre l’expérience passionnante de partir en voyage pour explorer de nouveaux sites et de nouvelles contrées ».

Projets d’infrastructure financés par la BAD qui ont facilité l’accès au continent et à ses attractions touristiques :

Maroc : Modernisation du transport aérien dans le pays le plus visité d’Afrique

Au cours de la décennie passée, le Maroc a régulièrement investi dans ses équipements de transport aérien. La BAD a financé des programmes de modernisation aéroportuaire et de sécurité aérienne en 1992, 2001 et 2009, contribuant notamment à l’augmentation des capacités des aéroports de Fez, d’Agadir, de Marrakech et de Rabat. Le Maroc a également octroyé des droits d’accès à de nouvelles compagnies aériennes et a resserré ses règles de certification de sécurité, ce qui est de nature à attirer le tourisme international. De ce fait, Casablanca est devenue une plateforme de transit pour l’Afrique de l’Ouest, et les avantages de son ouverture se sont répercutés sur l’économie touristique locale. En moyenne, le Maroc reçoit plus de 10 millions de touristes chaque année.

Prêt d’urgence pour une construction à l’aéroport de Nairobi

À la suite d’un incendie à l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi (JKAI) en août 2013, la Banque lui a fourni un prêt d’urgence de 27 millions de dollars EU pour financer la construction d’un terminal temporaire. Cette mesure de relèvement visant à rétablir le niveau de service antérieur a contribué à maintenir le statut de l’aéroport international Jomo Kenyatta (JKIA) en tant que pôle aérien et économique régional de l’Afrique de l’Est. Elle a également permis de combler le déficit de capacités en attendant l’achèvement des projets d’expansion de l’aéroport en 2017. Le JKIA est la porte d’entrée des touristes qui se rendent au Kenya. Ce secteur y représente 10 % du produit intérieur brut du pays. 

Selon les projections, le trafic de l’aéroport devrait doubler entre 2020 et 2030, pour atteindre 200 000 arrivées d’appareils par an. À l’origine, le JKIA était doté de capacités permettant le transit annuel de 2,5 millions de passagers. Mais au fil des ans, ces capacités ont été largement dépassées et aujourd’hui l’aéroport accueille plus de 6,5 millions de passagers annuellement.

Projet routier de Fufulso pour faciliter le tourisme dans le nord du Ghana

Dans le nord du Ghana, la remise en état de la route de 147 km reliant Fufulso et Sawla grâce à un prêt de 168 millions de dollars EU en 2010 a amélioré l’accessibilité de sites touristiques importants, tels que la pierre mystique et l’ancienne mosquée de Larabanga. Une partie du prêt a été affectée directement au tourisme, notamment pour la création d’aires de stationnement et de la signalisation le long de la route, et pour le financement de la construction d’un musée de conservation à l’entrée du parc national de Molé. 

Protection côtière en Gambie

En Gambie, le tourisme balnéaire représente plus de 10 % du PIB. Mais les infrastructures touristiques, les sites historiques et même la ville de Banjul sont très vulnérables à l’érosion côtière. En 2001, la BAD a financé la construction de brise-lames à différents endroits de la côte, contribuant à la protection des plages. En 2016, la Gambie a reçu une subvention de 1,5 million de dollars EU dans le cadre du Programme pilote de protection contre les chocs climatiques du Fonds d’investissements climatiques (CIF PPCR) afin de pouvoir élaborer un Programme national stratégique de résilience climatique (SPCR).

La BAD tire actuellement parti de l’expérience du projet de protection côtière en Gambie, afin de conceptualiser d’autres projets de protection côtière, tel que le prochain projet Bénin/Togo.

Le corridor routier Nairobi-Addis Abeba ouvre l’accès au nord du Kenya et au sud de l’Éthiopie

Malgré leur frontière commune de 1000 km, l’Éthiopie et le Kenya ne disposent pas d’une seule route goudronnée desservant les deux pays. Une partie de la Route transafricaine 4, soit du corridor routier Mombasa-Nairobi-Addis Abeba, remédiera à cette lacune importante dans les réseaux de transport de l’Afrique de l’Est reliant l’Éthiopie à l’océan Indien via le Kenya. Cet axe majeur, dont la construction sera bientôt achevée, favorisera le commerce bilatéral et régional et ouvrira l’accès à de nombreux parcs nationaux dans le sud de l’Éthiopie et le nord du Kenya, en particulier la Réserve nationale de Samburu et la Réserve nationale de Losaï.