Entretien avec Alex Rugamba, directeur du Département Énergie, environnement et changement climatique de la BAD

25/03/2014
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À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée le 22 mars 2014 et dédiée cette année aux liens entre eau et énergie, Alex Rugamba, directeur du Département énergie, environnement et changement climatique de la Banque africaine de développement (BAD), fait le point sur le rôle de l’énergie dans la transformation de l’Afrique. Entretien.

Selon vous, quel rôle peut jouer l’énergie hydroélectrique dans les efforts que prodigue la BAD pour promouvoir la croissance verte sur le continent ?

Le développement de l’Afrique nécessite de l’énergie, et la mise en valeur de l’énorme potentiel hydroélectrique du continent est en partie la solution. La Banque a pour objectifs stratégiques à long terme de promouvoir la croissance pour tous et la transition vers la croissance verte. L’énergie hydroélectrique peut aider à répondre aux besoins en énergie des économies africaines et des Africains, tout en favorisant des voies de développement à faibles émissions de carbone. Toutefois, pour être bien planifié, le recours à l’énergie électrique doit offrir des réponses aux préoccupations environnementales locales, tenir compte des effets du changement climatique et de l’utilisation des sols sur l’approvisionnement en eau, et veiller à ce que les populations locales en bénéficient véritablement. Il importe donc que nous réfléchissions davantage à des solutions polyvalentes, capables, tout à la fois, de déboucher sur des infrastructures énergétiques et d’assurer, par exemple, la gestion des risques de sécheresse et d’inondation, voire l’irrigation de terres agricoles.

Quels projets hydroélectriques majeurs la BAD a-t-elle financés récemment, et qu’ont-ils apporté en termes de transformation ?

Depuis 2007, la BAD a financé un total de 12 projets hydroélectriques à travers 11 pays d’Afrique. Tous ces projets assureront l’approvisionnement électrique de quelque 100 millions de personnes sur le continent, et réduiront chaque année les émissions de CO2 de plus de 4 millions de tonnes métriques. Entre autres projets financés, on peut citer la centrale de Bujagali en Ouganda, le projet régional de Rusumo Falls, qui approvisionne la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi en électricité, le projet Itezhi Tezhi en Zambie, et la centrale d’Inga, sur le fleuve Congo, en République démocratique du Congo.