Journée mondiale de l’eau, 22 mars: de l’eau saine pour un monde en santé

19/03/2010
Share |

La célébration internationale de la Journée mondiale de l'eau est une initiative qui est née de la Conférence des Nations Unies de 1992 sur l'environnement et le développement (CNUED) à Rio de Janeiro.

L'Organisation des Nations Unies Assemblée générale a proclamé le 22 mars de chaque année comme la Journée mondiale de l'eau en adoptant une résolution. Cette journée mondiale de l'eau devait être observée à partir de 1993, en conformité avec les recommandations de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et du développement, figurant au chapitre 18 (ressources en eau douce) d'Action 21.

Les États ont été invités à consacrer cette journée à mettre en œuvre les recommandations de l'ONU et mettre en place des actions concrètes lorsque cela est jugé approprié dans le contexte national.

L’eau et l’assainissement dans le contexte du développement de l’Afrique

  • L’accès à l'eau et l'assainissement en Afrique était estimé en 2006 à 64 % et 38 % respectivement, ce qui se compare favorablement avec les moyennes mondiales correspondantes de 87 % et 62 %.
  • Seulement 20 % du potentiel d'irrigation et environ 6 % du potentiel hydroélectrique a été développé. Les réserves d'eau sont inférieures à 50 m3/personne comparativement à environ 3500 m3/personne en Europe, et 6.000 m3/personne aux USA.
  • Moins de 5% des terres agricoles sont irriguées.
  • Afrique a très peu de capacité de stockage de l'eau: à seulement 200 mètres cubes par habitant par rapport à plus de 1000 dans la plupart des pays en développement.
  • 60 des grands fleuves de l'Afrique traversent les frontières nationales, rendant la coopération internationale sur l'eau indispensable.
  • Les dépenses existantes sur l'approvisionnement en eau et assainissement ne sont pas suffisantes pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement : le déficit de financement est supérieur à 9 milliards USD par an.

Le rôle de la BAD

La Banque africaine de développement reconnaît que fournir à tous des services d’infrastructures à un prix abordable est l’un des facteurs essentiels de la promotion d’une croissance économique durable et de la réduction de la pauvreté. Voilà pourquoi la BAD décidé de faire de l’infrastructure un secteur prioritaire. L’infrastructure relative à la sécurité de l’eau s’inscrit au premier rang de nos priorités et un Département de l’eau et de l’assainissement a été crée afin de concentrer les actions dans ce secteur.

Depuis 2003, la Banque a adopté une stratégie visant à accroître sensiblement ses interventions dans le domaine de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement dans le monde rural tout en poursuivant ses efforts dans les zones urbaines et périurbaines et en assurant la promotion d’une gestion intégrée des ressources en eau.

L’initiative pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement en milieu rural (RWSSI), qui s’intéresse en priorité au milieu rural, est devenue la première initiative de la Banque dans le secteur de l’eau. Cette initiative a été conçue dans le but d’aborder le problème de l’accès limité à l’eau et à l’assainissement dans le milieu rural en Afrique où vit la majorité de la population.

Son ambition est d’accélérer l’accès à l’eau et à l’assainissement en milieu rural en Afrique, en vue d’atteindre une couverture de 80% d’ici à 2015, comparé à 47% pour l’eau et 44% pour l’assainissement en l’an 2000. A ce jour, 17 programmes IEAR ont été approuvés depuis 2003, soit un financement total de 1,8 milliard USD , pour lequel la Banque a contribué à hauteur de 750 millions et obtenu des dons à hauteur de 1,05 milliard USD auprès des autres donateurs et de pays membres régionaux. Ces programmes devraient permettre d’étendre l’accès à l’eau et à l’assainissement à environ 30 et 28 millions de personnes en milieu rural respectivement d’ici à 2010.

Bien qu’elle ne soit qu’à sa deuxième année d’activité réelle la Facilité africaine de l’eau a déjà financé 30 projets estimés à plus de 24 millions d’euros depuis le démarrage des opérations en 2006. La majeure partie des ces approbations concernent le renforcement de la gestion de l’eau fin de parvenir à une exploitation durable des ressources en eau nationales et transfrontalières, ainsi que des études de faisabilité et quelques investissements pilotes de petite échelle.

La Banque a multiplié par cinq son financement en faveur de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, qui est passé de moins de 70 millions USD en moyenne par an jusqu’en 2002 à plus de 330 millions USD depuis 2003. Le financement cumulé de la BAD pour l’alimentation en eau et l’assainissement en milieux urbain et rural depuis 2003 s’élève à environ 1,6 milliard USD pour des programmes et projets totalisant 2,3 milliards USD. Ces programmes devraient permettre d’étendre l’accès à l’eau et à l’assainissement à quelque 40 millions de personnes d’ici à 2010.

Conformément à la vision élaborée en 1999 et à la politique de développement des secteurs agricole et rural approuvée en 2000, la BAD a financé de nombreux projets de développement des ressources en eau à des fins agricoles. Jusqu’ici, le portefeuille de projets actifs de la Banque en matière de développement de l’eau à des fins agricoles comprend 53 projets et programmes dans 23 pays membres régionaux, soit plus d’1,37 milliard USD, ce qui équivaut à 29% du total des financements alloués à l’agriculture.  

Au total, les financements alloués par la Banque au secteur de l’eau (alimentation en eau et assainissement, irrigation, hydroélectricité) s’élevaient à 7 milliards USD fin 2007, et correspondent à 10,7% du total des financements accordés par la Banque (65,7 milliards USD) depuis le démarrage de ses opérations en 1967.

Exemples des succès enregistrés par la BAD dans le secteur de l’eau:

Ouganda

La Banque est le premier donateur en ce qui concerne le secteur ougandais de l’eau et de l’assainissement. Elle a adossé le projet d’accès et assainissement des petites villes, qui garantira approvisionnement et assainissement à 350 000 personnes réparties dans sept villes moyennes. Outre l’approvisionnement et l’assainissement liés à l’eau, le projet couvre l’amélioration des caniveaux et du traitement et de l’assainissement des déchets solides. Il s’attaque à ces problèmes de façon intégrée tout en assurant la promotion d’opérateurs privés locaux pour gérer l’approvisionnement et les systèmes d’assainissement public, selon des principes commerciaux afin de garantir la durabilité. Au cours d’une récente visite en Ouganda, j’ai eu le plaisir de rencontrer des bénéficiaires qui attendent beaucoup des avantages à tirer de ce projet.

Maroc

Depuis 1978, la Banque a financé 10 opérations dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, parmi lesquels 9 projets d’investissement et un programme d’ajustement sectoriel. La régularité de notre soutien a porté ses fruits, puisque l’accès du monde rural à l’eau est passé de 14% en 1990 à environ 85% actuellement, et que l’assainissement, qui couvrait 50% de la population en 1990, est à 65% aujourd’hui. Le programme d’ajustement sectoriel a contribué à améliorer le cadre institutionnel et réglementaire de la gestion des ressources en eau, visant à relever les défis présentés par la sécurité de l'eau dans le pays.

Activités de la Banque dans le Bassin du Congo

L’importance du rôle du Bassin du Congo en Afrique est indéniable. Consciente du rôle crucial de la forêt pour préserver l’environnement et atténuer les changements climatiques, la Banque a organisé en février 2008, en partenariat avec la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) et le ministère britannique du développement international (DFID), une conférence internationale sur le « Mécanismes de financement de la gestion durable des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo ». L’un des principaux résultats de cette Conférence a été de lancer un Fonds spécial Bassin du Congo.

L’irrigation – un soutien à la production alimentaire au Mozambique

Grâce à un projet d’irrigation à petite échelle financé par la Banque, 196 fermiers, dont 91 sont des femmes, ont réussi à opérer une activité durable, obtenir des crédits, réussir la production de canne à sucre, la vendre à des usines sucrières, rembourser leurs crédits et dégager un revenu annuel moyen de 50 000 meticais par fermier (environ 1 900 dollars USD). En plus de ces liquidités supplémentaires, les fermiers se sont également vu allouer une petite parcelle de terrain afin de produire leurs propres denrées alimentaires.

Les partenariats publics-privés dans la fourniture des infrastructures

Le projet hydroélectrique de 250 mégawatts à Bujagali, en Ouganda, qui est financé par de nombreux partenaires au développement dont la Banque, est un modèle du type de solutions de financement et de partenariats innovants qui aideront à résoudre la crise que connaît l’Afrique en matière de sécurité de l’eau.