Journée mondiale de l'eau: Chaque goutte d’eau est précieuse, d’où la nécessité de protéger les Africains contre les catastrophes liées à l'eau

20/03/2015
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Des représentants du gouvernement ivoirien et des membres du Parlement, du secteur privé, des partenaires au développement, ainsi que des experts en eau et assainissement de la Banque africaine de développement (BAD) se sont réunis, vendredi 20 mars, au siège de la BAD à Abidjan, pour commémorer la Journée mondiale de l'eau et discuter des priorités et des défis liés à l'accès à l'eau sur le continent.

Tous, ont reconnu que relever efficacement les défis de l'eau, est devenu une question globale, soulignant que les pénuries liées à l’eau et à l’assainissement persistent sur le continent, et que la ressource constitue un des facteurs vitaux pour l’homme.

Les statistiques et rapports entendus, font état de ce que près d'un demi-milliard d’Africains sont obligés de vivre sans eau potable et privés de l'assainissement de base. Une partie importante de ces populations comprend des femmes et des enfants démunis dans les zones rurales, et parfois urbaines.

Evoquant le cas de la Côte d'Ivoire et parlant au nom des partenaires au développement dans le pays, la représentante résidente de l'UNICEF, Adèle Khudr, a expliqué que de nombreux villages n’ont pas un accès à l'eau potable et à l'assainissement approprié. "La disponibilité de l'eau potable dans les écoles et centres de santé est un défi essentiel qui mérite notre attention, alors que nous célébrons cette Journée mondiale de l'eau», a déclaré Khudr.

Le directeur du département de l’agriculture et du développement rural de la BAD, Chiji Ojukwu, a, quant à lui, déclaré que l'eau affecte la vie des populations de diverses manières, de par son accessibilité et son acquisition. Il s’est appesanti sur la manière dont la mauvaise qualité de l'eau affecte la santé humaine et comment les jeunes filles en sont plus vulnérables – ce d’autant qu’elles peinent à effectuer de longues distances en quête d'eau.

«L'accès à l'eau potable est une question qui a manifestement besoin de plus de plaidoyer, afin de réduire la souffrance de nombreuses femmes ainsi que  d’enfants dans les zones rurales africaines et parfois dans les zones urbaines», a déclaré le ministre des Eaux et Forêts de Côte d'Ivoire, Mathieu Babaud Darret, qui s’est félicité de l’engagement  du Groupe de la BAD dans le secteur , dans son pays.

Le Directeur du département de l'eau et de l'assainissement de la BAD, Mohamed El Azizi, a, pour sa part, effectué un exposé analytique sur le Plan d'action régionale de l'institution en la matière, ressource qu’il a décrite comme facteur vital pour l’homme. "La pénurie d'eau peut briser l'harmonie sociale et même provoquer des guerres entre Etats," a-t-il dit.

El Azizi a en outre affirmé que la BAD collabore avec les gouvernements et les partenaires au développement dans le secteur de l’eau et l’assainissement, à travers des groupes de travail, au niveau des pays pour améliorer la gouvernance et la planification dans le secteur. A cet égard, il déclare que, grâce à diverses initiatives de la Banque – notamment l’Initiative de l'eau  et l’assainissement en milieu rural (IAEAR) et la Facilité africaine de l'eau (FAE) – la contribution de la BAD au financement du secteur, à travers le continent est passée de 100 millions de dollars en 2002 à 670 millions de dollars en 2013.

Plus précisément, El Azizi souligne : «Depuis sa création, la Banque a financé plus de 370 opérations dans ce secteur, pour un total d'environ 3 milliards de dollars, qui ont profité à plus de 40 pays africains. L'IAEAR, créé en 2003, a pu mobiliser plus de cinq milliards d'euros pour financer 49 projets et permis à plus de 107 millions de personnes d’accéder à l'eau potable, et plus de 72 millions de personnes, à l'assainissement.

"La facilité africaine de l'eau a permis à 164 000 personnes d'accéder à l’eau potable et 437 000 personnes à l'assainissement," a-t-il dit, ajoutant que, «grâce à la FAE, plus de deux  millions de personnes ont actuellement accès à l'eau pour des usages multiples.»

Comment la gestion des ressources en eau pourrait-elle jouer un rôle plus stratégique dans la croissance inclusive? C’est la question qui a alimenté le débat interactif qui a suivi. L’occasion d’un échange d'idées, d’approches de solutions et de meilleures pratiques en matière de gestion de l'eau pour une croissance inclusive en Afrique.

Aujourd'hui, plus que jamais, la problématique et le défi de l’eau ne concernent pas une région ou nation particulière, mais traduisent une question nécessitant une solidarité mondiale et des  actions conjointes. Car, conclut la rencontre, «Relever les défis de l'eau est une question globale de notre siècle.»