Les jeunes entrepreneurs invités à voir au-delà d’un soutien en capital

21/05/2014
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Au fil des ans, l’Afrique a produit des entrepreneurs de renom. Le plus notable d’entre eux est Ashish Thakkar, devenu un modèle pour les jeunes de tout le continent.

Agé d’à peine 32 ans et désigné par le magazine Forbes comme le plus jeune milliardaire d’Afrique, Ashish Thakkar peut s’enorgueillir d’un patrimoine de 260 millions de dollars EU avec un large éventail d’investissements sur tout le continent.

Conférencier invité aux Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), à Kigali, au Rwanda, Ashish Thakkar s’est exprimé, le mardi 20 mai 2014, dans le cadre de la session, intitulée « L’Afrique qui entreprend ». D’autres conférenciers, également bien au fait des enjeux liés à la création d’emplois et à la jeunesse, ont pris la parole, à l’instar de Felix Bikpo, directeur général du Fonds africain de garantie (AGF), Benjamin Gasamagera, président de la Fédération rwandaise du secteur privé, et Valentine Rugwabizi, directrice générale de l’Agence rwandaise de développement.

Durant la session, la vie d’Ashish Thakkar, humble réfugié devenu un brillant homme d’affaires, a été présentée comme une source d’inspiration pour les jeunes Africains qui rêvent de devenir entrepreneurs.

« L’Afrique a besoin de jeunes gens courageux comme Thakkar, dotés de projets éblouissants. Nous sommes tous d’accord sur le fait que leur plus grand défi est l’accès au financement – mais ce que veulent les banques, c’est donner de l’argent à quelqu’un qui a une idée intéressante et qui a les compétences nécessaires pour bien la gérer », a expliqué Felix Bikpo. « Les jeunes doivent savoir que nous sommes là pour les aider et que les possibilités d’obtenir des financements sont ouvertes à ceux qui ont du courage et de l’assurance. »

Valentine Rugwabizi a souligné que certains jeunes, en Afrique, fourmillent d’idées excellentes, mais qu’ils sont freinés par la prudence des établissements financiers, qui hésitent à prendre des risques en « terre inconnue ». « Partout dans le monde, les banques font preuve de prudence et veulent en général travailler avec des individus ou des établissements qu’elles connaissent déjà. Aussi, cette situation fournit l’opportunité, aux établissements non bancaires, comme les entreprises de télécommunications et les sociétés coopératives, de trouver des solutions de financement pour des projets d’entreprises développés par des jeunes », a-t-elle expliqué.
« Les gouvernements doivent par ailleurs créer des environnements qui soient favorables aux projets d’entreprise des jeunes. On peut y parvenir en leur donnant des conseils gratuits et des ressources, telles que l’Internet et l’énergie. »

Pour sa part, Thakkar a appelé les jeunes à donner la priorité à l’entreprenariat, avant de rechercher un emploi. « S’il est crucial de rechercher un emploi, il est aussi crucial de rechercher des capitaux pour créer des entreprises. Mais ce dont les jeunes ont le plus besoin, c’est d’un encadrement. Ils ont besoin de soutien et de conseils pendant qu’ils s’efforcent de développer le projet qui pourrait déterminer leur vie », a déclaré Thakkar.

« En Afrique du Sud, bien que 65 % des emplois soient créés par des PME, quatre sur cinq ne durent pas », a-t-il ajouté. « Cela montre que beaucoup d’entre eux n’ont sans doute pas bénéficié d’un encadrement dans leur phase initiale. Nous sommes censés remédier à cette situation par l’accompagnement et par des histoires authentiques vécues en Afrique, qui inspirent les jeunes pour leur permettre de surmonter les obstacles au développement d’une entreprise. »

Si la création d’emplois est primordiale, elle doit s’accompagner de l’esprit d’entreprise si l’on veut répondre aux 12 millions de jeunes qui, chaque année, recherchent un emploi, a souligné Mouhamadou Niang, directeur par intérim du Département du secteur privé de la BAD.

La session a également été l’occasion d’étudier des enjeux liés aux disparités entre les sexes et aux opportunités économiques pour les catégories marginalisées, aux conseils techniques pour gérer une entreprise qui réussit, ainsi qu’au rôle du coaching.