La BAD intervient au Niger pour renforcer la sécurité alimentaire


Contexte

Le Niger, pays situé au cœur de la zone sahélosaharienne, est confronté à des crises alimentaires récurrentes dues, entre autres, à l’irrégularité et à l’insuffisance des pluies. Les sécheresses répétées et l’avancée du désert observées ces dernières décennies justifient l’option prise par le Niger de retenir la mobilisation des ressources hydriques comme un élément fondamental de sa Stratégie de développement rural dont l’ultime objectif est de garantir la sécurité alimentaire du pays.


Projet

Bénéficiant d’un financement du Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP, selon l’acronyme anglais), le projet Mobilisation des Eaux pour le Renforcement de la Sécurité Alimentaire intervient dans les régions MARADI, TAHOUA ET ZINDER (PMERSA-MTZ) au Niger et bénéfice d’un financement total de 40,443 millions UC : 9,34 millions d’UC du Fonds africain de développement (FAD), 21,02 millions d’UC du GAFSP, 9,56 millions d’UC de la coopération espagnole et 0,52 millions d’UC en charge du Gouvernement et des bénéficiaires. 

Lancé en 2011, le projet axe ses interventions au sein de trois composantes : (i) les infrastructures de collecte et de mobilisation des eaux, (ii) le renforcement de la production agricole et les actions d’accompagnement des bénéficiaires (agriculteurs, éleveurs et collectivités), et (iii) la gestion du projet.

Principales réalisations du projet 

Le projet enregistre en mai 2016 un taux de décaissement de 43,5% sur le don GAFSP. En matière de mise en œuvre du projet, le PMERSA-MTZ a connu ces deux dernières années des progrès réels en termes de réalisations d’activités parmi lesquelles :

I.   la réalisation de 14 seuils et 29 autres seuils en cours d’exécution ;

II.  la réalisation de 500 puits maraîchers bétonnés, 2.000 mini forages agricoles, 2.500 groupes motopompes et 125.000 ml de réseau californien ;

III. la construction et la réhabilitation de 170 km de pistes;

IV.  la réhabilitation de 6 mini barrages et 4 nouveaux mini barrages en cours, et le surcreusement de 8 mares ;

V.   la réalisation de 4 km de protection de berges et 3,5 km en cours d’exécution ;

VI. la réalisation des travaux d’aménagement de 120 ha de petits périmètres irrigués et l’aménagement de 165 ha en cours ;

VII. la poursuite des travaux d’une digue de protection de la ville de Kantché et le traitement du ravin de Gouchi ;

VIII. le fonçage et la réhabilitation de 74 puits villageois ;

IX.   la réalisation de 8.700 ml de haies vives ;

X.   la structuration, l’organisation et l’accompagnement des organisations paysannes, la vulgarisation et l’appui conseil, et la mise en œuvre des travaux de protection de l’environnement.

Outre les effets ressentis à travers les réalisations et travaux cités ci-dessus, le projet est considéré comme un projet moteur dans sa zone d’intervention sur différents aspects :

  • PARTENARIAT : Le Projet continue à s’investir dans la mise en œuvre des relations de collaboration active nouées avec certaines institutions spécialisées (INRAN, BEEEI), les services techniques déconcentrés de l’Etat (Génie Rural, Hydraulique, Environnement, Agriculture, Elevage) et d’autres Projets intervenant dans les régions concernées permettant ainsi de conduire les actions dans un cadre harmonieux avec un esprit de synergie et de complémentarité.
  • PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT : Le volet protection de l’environnement et conservation des sols est renforcé par la récupération de 812 ha de terres traitées biologiquement par des plants provenant des pépiniéristes villageois et produits par les privés. Les premiers effets importants dus aux ouvrages de mobilisation d’eau et des actions de protection de l’environnement sont déjà constatés à la haute satisfaction des populations bénéficiaires.
  • RENFORCEMENT DES CAPACITES DES PRODUCTEURS : Le projet a formé 424 brigadiers et 175 auxiliaires d’élevage (moyenne générale de 30% de femmes). Une formation en vie associative et en gestion comptable a concerné 195 femmes et 37 hommes ainsi que 232 membres et 61 groupements féminins bénéficiaires des équipements AGR.
  • PROMOTION DES ACTIVITES GENERATRICES DE REVENU (AGR): En matière d’AGR en faveur des femmes et des jeunes, le projet a procédé à l’acquisition et la mise en place d’équipements et petits matériels de transformation/conservation et du matériel de transport des produits agricoles au profit de 61 groupements féminins.

Impact

En 46 mois d’exécution et malgré des retards dans l’exécution dus aux études préalables, le bilan du Projet est globalement positif, les impacts et effets sont ressentis et se traduisent notamment par:

  • Création de 15.940 emplois permanents ;
  • Production de 6.680 ha de superficies ;
  • Augmentation de la production (25.342 tonnes additionnelles) en campagne irriguée et de décrue (2013-2014) ;
  • Organisation des communautés par la mise en place de 205 comités de gestion des différentes réalisations totalisant 2.576 membres dont 1.254 femmes (soit 48,7%) ;
  • Création de synergies dans la zone d’intervention de projet dû au renforcement de partenariat avec certaines institutions spécialisées, projets et services techniques déconcentrés de l’Etat.

Perspective

Avec toutes ces réalisations et celles à venir, le projet constitue un bel exemple de partenariat fructueux entre la Banque et le Niger. Dans ce contexte, la dynamique du Projet est de tendre vers un souci de durabilité et de pérennisation des actions. De manière concrète, une attention particulière doit être portée à la pérennisation des infrastructures à réaliser et aux modalités permettant une meilleure efficacité des dispositifs d’accompagnement.