La BAD modernise le secteur agricole à São Tomé et Príncipe


Contexte de l’intervention

São Tomé et Príncipe (STP) est un petit État insulaire situé sur l'équateur à environ 450 km de la côte du Nigeria. En 2011, la population saotoméenne a été estimée à un peu moins de 200.000 habitants. Le secteur rural occupe une place importante et concerne 60% de la population active. En dépit des efforts consentis dans la mise en valeur du potentiel productif et la promotion des cultures vivrières, le pays continue à dépendre fortement des importations. L’analyse des diverses contraintes a notamment permis de faire ressortir les problèmes d’enclavement, des insuffisances au niveau des chaînes de valeurs et la faiblesse des capacités des acteurs. Il s’y ajoute le faible développement des infrastructures avec des coûts structurellement très élevés, affectant la compétitivité de tous les secteurs de l’économie. Cette situation a amené la Banque à financer en novembre 2010, le Projet de réhabilitation des infrastructures d’appui à la sécurité alimentaire (PRIASA). Ce projet vise à doter les communautés d’infrastructures appropriées et à les appuyer à mieux s’organiser pour qu’elles puissent disposer et écouler régulièrement des produits agricoles et de la pêche, en quantités suffisantes et avec une meilleure qualité.

Résultats obtenus


Après quatre années d’exécution, le PRIASA enregistre de nombreux résultats visibles et appréciés des populations :

  • Réhabilitation de 10 tronçons de pistes totalisant 23 km, selon une démarche communautaire
  • Réhabilitation de 6 réseaux d’irrigation gravitaire permettant de desservir 330 ha de terres agricoles
  • Installation à titre pilote de 14 abris serres pour pépinières et mise en place de 6 séchoirs solaires
  • Modernisation d’un marché à poisson à Santana et construction d’une rampe de débarquement pour les pêcheurs à Neves
  • Diffusion de 4 chambres froides et de 3 fabriques à glace pour la conservation du poisson
  • Modernisation et équipement du Centre nationale de recherche agricole (CIAT)
  • Réhabilitation et équipements de bâtiments du Centre de formation agro-pastoral (CATAP), et financement de 1.500 heures de formation touchant 63 élèves
  • Construction des nouveaux locaux et bureaux de la Direction de la Pêche à São Tomé, ainsi que du Centre de contrôle et de surveillance des pêches, et modernisation du laboratoire de contrôle des produits de la pêche
  • Appui à la structuration et l’organisation en direction de 30 associations de producteurs
  • Formation et sensibilisation de 1.380 pêcheurs et mareyeuses
  • Formation de 145 techniciens et agents du Ministère en charge du développement rural

De nombreuses innovations et le développement de connaissances

Le PRIASA a touché directement plus de 10.000 bénéficiaires dont près de la moitié sont des femmes, fortement présentes dans la commercialisation et la transformation des produits. La construction des pistes selon l’approche communautaire a permis de consolider les compétences et le savoir-faire des groupements d’entretien routier (GIME), tout en favorisant l’emploi local. Le projet a permis de développer certaines expertises spécifiques et d’apporter de nouvelles compétences dans des domaines clés pour São Tomé et Príncipe : développement de l’irrigation à l’échelle communautaire, diffusion et maintenance des équipements de la chaîne du froid, modernisation et équipement du laboratoire d’analyse des produits agricoles au sein du CIAT, meilleur suivi des activités de la pêche et des statistiques des captures, réflexion sur le développement des chaines de valeur, établissement d’un profil genre dans le secteur agricole, etc. Le projet a aussi permis à de nombreux techniciens nationaux de bénéficier de formations et d’acquérir de nouvelles connaissances par des voyages à l’étranger (Bénin, Israël, Portugal, Cap- Vert, etc.).

Une seconde phase en préparation

Le PRIASA a entamé en 2015 sa dernière année d’exécution qui lui permettra d’achever les travaux du marché à poisson de Sao Tomé, la consolidation des pistes et des réseaux d’irrigation, et l’appui à la mise en place d’unités de transformation. Le PRIASA continuera aussi, en 2015, à apporter l’accompagnement et l’appui conseil nécessaires à l’exploitation et la gestion optimales des réalisations. Afin de consolider les acquis, la Banque s’apprête à financer une seconde phase pour le PRIASA, dont la conception tirera largement profit de l’expérience et de la performance d’ensemble du projet en cours, tant au niveau des actions entreprises que des dispositifs opérationnels mis en place. Le PRIASA II sera en ligne avec les orientations stratégiques de STP et de la Banque, et qui ont été réaffirmées à l’occasion de la revue à mi-parcours du DSP 2012-2016 réalisée en juin 2014, et qui a fait ressortir un second pilier axé sur les infrastructures agricoles. Le PRIASA II, d’un montant d’environ 11 millions d’UC, mettra un accent particulier sur les infrastructures agricoles et de pêche, tout en impulsant ses interventions dans une logique d’émergence de pôles de production et de promotion de chaîne de valeur, et en soutenant le développement des connaissances et de nouvelles technologies. Des synergies et partenariats seront établis au niveau local, et une mobilisation maximale des sources de financement (Fonds africain de développement, Facilité africaine de l’eau, Fonds pour l'environnement mondial, etc.) sera recherchée pour cette opération.

PHOTOS PRIASA