Le projet éolien du Lac Turkana – vers le plus grand parc éolien d’Afrique


Aperçu du projet - Energie éolienne du Lac Turkana

Pays : Kenya
Secteur : Énergies renouvelables

Financement BAD et associé : 

Le devis de ce projet est de l’ordre de 680 millions de dollars EU et comprend le coût de la ligne à haute tension envisagée entre le Lac Turkana et la sous-station de Susua, près de Nairobi, ainsi que le coût de la remise en état de 200 km de routes et de divers ponts.

Ce projet sera financé par des prises de participation (25 %), par des prêts mezzanine (5 %) et par des prêts privilégiés (70 %). En tant que chef de file mandaté du consortium de prêteurs et de coprêteurs de premier rang, la BAD y apportera un prêt privilégié à long terme de 150 millions de dollars EU.

Produits : 

  • Parc éolien de 365 turbines produisant une puissance électrique de 300 MW
  •  Un réseau collecteur de 33 kV
  • Une ligne de transmission de 428 km du Lac Turkana à la sous-station de Susua

Situation : 

Le projet éolien du Lac Turkana prévoit les travaux d’études et de construction d’une centrale éolienne de 300 MW. Situé dans une région reculée du nord-est du Kenya, ce projet est à une douzaine de kilomètres à l’est du Lac Turkana. Il sera implanté dans une vallée entre deux chaînes de montagnes produisant un effet de tunnel conduisant à l’accélération des vents à de grandes vitesses. Le parc comprendra 365 éoliennes de 850 kW de puissance unitaire. En plus de l’implantation de ces éoliennes et de leurs fondations, le projet prévoit la construction d’un réseau collecteur sous tension de 33 kV.

Le Kenya en profitera grâce à un approvisionnement supplémentaire en énergie propre de coût abordable qui fera tomber le prix global de l’énergie pour les consommateurs. De plus, le projet favorisera la liaison de la vallée du Rift, une région enclavée, avec le reste du pays grâce à l’amélioration d’infrastructures liées au parc éolien, y compris la construction d’une route, l’établissement d’une liaison à fibres optiques, et des travaux d’électrification. Ce projet à émission zéro contribuera également à combler le déficit énergétique du pays, relevant la diversification de son bouquet énergétique et réduisant de 16 millions de tonnes les émissions annuelles de CO2 par rapport à celle d’une centrale électrique alimentée en combustibles fossiles.

Objectif : 

Le premier objectif du projet est de fournir du courant électrique fiable, d’origine propre et de faible coût au moyen d’une augmentation d’environ 17 % de la puissance électrique installée du Kenya. 

Spécificité du projet : 

Le projet éolien du Lac Turkana représente le plus grand projet de parc éolien d’Afrique. Apportant la démonstration à grande échelle de la technologie de l’énergie propre, il conduira, selon des estimations prudentes, à une réduction allant jusqu’à 736 615 tonnes d’émissions annuelles d’équivalent CO2.

Innovation sur le plan du financement :

Le projet éolien du Lac Turkana offre l’exemple d’une innovation en matière de financement de projets énergétiques :

  • Il présente en effet un aspect novateur de partenariat public-privé en ce que le financement de l’équipement de production électrique sera assuré par le secteur privé, à savoir, par le Lake Turkana Wind Project, et le financement de l’équipement de transmission, comprenant une ligne haute tension de 428 km, sera assuré par le secteur public. Tous les intervenants ont collaboré étroitement pour minimiser les risques du projet.
  • Le Fonds africain de développement a appliqué sa première garantie partielle de risque à la ligne haute tension afin d’atténuer le risque de retard de construction de cette dernière (épargnant des obligations de paiement pour retard au gouvernement kenyan envers la société du projet et ses prêteurs). 
  • La BAD a utilisé sa structure de Prêt-B, permettant aux banques participantes de bénéficier de son statut de créancier privilégié. 
  • La Banque européenne d’investissement, bénéficiant d’une garantie de l’Agence danoise de crédit à l’exportation (couverture politique et commerciale) et de la garantie de deux banques sud-africaines – Standard Bank of South Africa et Nedbank Limited – (couverture commerciale), pourrait réunir des fonds considérables, à hauteur de 200 millions de dollars EU, au profit du projet.
  • Le recours au Fonds d’affectation UE-Afrique pour les projets d’infrastructure (qui associe les fonds d’institutions de financement de développement et les subventions de la Commission européenne) a joué un rôle crucial pour combler le déficit de fonds propres.

Le projet du Lac Turkana s’est signalé par certaines innovations en matière de gestion du risque de liquidité (par le recours combiné aux crédits documentaires et aux comptes séquestres) qui ont témoigné de l’approche innovante du gouvernement, des organismes de parrainage et des prêteurs.


Contacts

  • Rafael Jabba, Responsable en chef pour les investissements, Centre régional de ressources en Afrique de l’Est