Maroc : Noor, la plus grande centrale solaire à concentration d’Afrique

 
Les centrales solaires à concentration Noor I, II et III devraient produire à elles trois 670 MW d’électricité d’ici à fin 2018


Aperçu du projet – NOORo I, II et III

Pays concerné : Maroc
Secteur : énergies renouvelables & production d’électricité
Financements : 200 millions d'euros de la BAD (Noor I, II et III) ; 200 millions d'euros du Fonds pour les technologies propres (Noor I, II et III)

Réalisations :

  • Construction de trois collecteurs cylindro-paraboliques pour centrale solaire à concentration, dotés d’une capacité de stockage de 3 h (Noor I), de 7 h (Noor II) et de 7 à 8 h (Noor III)

Impacts attendus :

  • Réduire la dépendance énergétique du pays en produisant 160 MW supplémentaires d’électricité d’ici à la fin 2015 grâce à Noor I, et de 350 MW de plus d’ici à fin 2018 avec Noor II et Noor III
  • Réduire les émissions de CO de 762 000 tonnes/an 2, soit 19 millions de tonnes évitées sur 25 ans grâce à Noor I, II et III
  • Atteindre l’objectif national de 42 % d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique du pays d’ici à 2020 et développer une industrie locale des énergies renouvelables
  • 250 emplois permanents et 2 400 emplois temporaires créés au cours de la construction de Noor I, et 850 emplois créés avec la construction de Noor II et III

Contexte - À ce jour, le Maroc dépend à 95 % de l’extérieur pour ses besoins primaires en énergie. Rien qu’entre 2002 et 2012, la consommation énergétique du pays a cru de 7,2 % par an en moyenne. La demande en énergie primaire devrait même tripler et celle en électricité quadrupler d’ici à 2030.

Face à cette évolution exponentielle, le Maroc a fait de l’amélioration de la production d’électricité sur son territoire une priorité de sa nouvelle stratégie énergétique pour 2010-2030. Cette stratégie entend diversifier les sources de production et créer de la valeur grâce au potentiel des sources d’énergies renouvelables, de sorte qu’elles soient à la source, d’ici à 2020, de 42 % d’électricité produite dans le pays.

Objectifs : depuis 2010, la BAD, en partenariat avec le Fonds pour les technologies propres, la Banque européenne d’investissement, l’Union européenne, l’Agence française de développement, la Banque allemande de développement, l’Agence marocaine de l’énergie solaire et la Banque mondiale, contribue au programme marocain d’énergie solaire (Noor), qui vise à développer une capacité minimum de 2 000 MW d’ici à 2020, en vue de garantir un approvisionnement énergétique à la population et aux secteurs productifs de l’économie. La construction de la première centrale solaire de 160 MW (Noor I) a commencé en 2013, pour une mise en service programmée avant la fin de 2015. Les centrales à venir, Noor II et III, devraient atteindre une capacité totale de 350 MW et une production cumulée moyenne estimée à plus de 1 100 GWh par an d’ici à 2018.

Caractéristiques uniques du projet : ce projet donnera vie à l’une des plus grandes centrales solaires à concentration du monde. De plus, il recourt à une structure de financement innovante, qui démultiplie les capacités d’un groupement de producteurs d’électricité indépendants et, dans le cadre d’un partenariat public-privé, l’électricité produite par la centrale sera revendue au gouvernement. Le mécanisme de soutien financier au projet abaissera le coût d’investissement dans l’énergie solaire à concentration à des niveaux comparables aux technologies traditionnelles, et diminuera le coût global de l’électricité au Maroc. Le coût global de l’énergie solaire à concentration devrait s’en voire réduit de 3 %.

Enseignements tirés :

De précieux enseignements ont été tirés du projet Noor I. Ils profiteront ainsi aux  projets Noor II et Noor III, qui s’en verront améliorés.

Optimisée, la conception technique de la centrale permettra de satisfaire au mieux la demande d’électricité (particuliers et entreprises) aux heures de pointe (17 h-22 h en hiver et 18 h-23 h en été).

Un gain de temps pouvant atteindre 1 an sur les délais de passation de marchés, grâce aux modèles de documents juridiques incorporés dans le projet, qui profite aux soumissionnaires. Dans le cas de Noor I, le processus de développement et de négociation des accords juridiques afférents qui ont suivi l’octroi du projet a pris plus d’un an. Inclure des modèles d’accords juridiques s’inspirant de projets antérieurs similaires, que les soumissionnaires peuvent étudier et commenter au cours de la procédure de passation des marchés, est donc susceptible de faire gagner énormément de temps par rapport au lancement des discussions une fois que le marché a été octroyé.

Procéder à la majeure de l’étude d’impact environnemental et social pendant le processus de passation de marchés permet de gagner encore plus de temps.

L’étude d’impact environnemental et social de la centrale Noor I a été lancée après l’octroi du projet et a pris un temps considérable. Pour accélérer ce processus, les termes de référence pour l’embauche de consultants par les soumissionnaires aux fins de réaliser une très grande partie de l’étude d’impact pendant le processus de passation des marchés doivent être inclus dans le dossier d’appel d’offres. Les soumissionnaires sont ensuite tenus d’inclure un projet d’étude d’impact dans leur offre finale. Une fois le(s) soumissionnaire(s) sélectionné(s), il(s) peut/peuvent lancer leur procédure de consultation publique et divulguer ensuite l’étude / les études d’impact – après examen préalable par la Banque –, pendant la période de divulgation requise.

Témoignages

« Une fois achevé, le programme solaire marocain aura un impact direct et immédiat sur l’environnement. Ce programme va aider le Maroc à éviter l’émission de 3,7 millions de tonnes de CO2. Il va également permettre au Maroc de réduire la consommation de combustibles fossiles de l’équivalent de 1 million de tonnes de pétrole par an. Aujourd’hui, l’objectif est double : réduire notre dépendance énergétique et, dans le même temps, diminuer les émissions de CO2 et préserver l’environnement. »

Abderrahim El Hafidi, secrétaire général, ministère de l’Énergie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, et ancien directeur des énergies renouvelables au ministère marocain de l’Énergie

(extrait d’une interview de France24 retransmise le 29 mai 2013)


Technical contact

Adama Moussa, ingénieur électricien, Bureau de la BAD au Maroc