Le développement de l’énergie géothermique au Kenya : un modèle de référence


Aperçu du projet - Projet de développement géothermique de Menengai

Pays et/ou région concernée : Le Kenya et la vallée du Rift de l’Afrique de l’Est

Secteur : Énergie propre

Financements avec le concours de la BAD : 124 millions de dollars EU de la BAD et 25 millions de dollars EU des Fonds d’investissement climatique

Produits :

  • génération supplémentaire attendue de 400 MW d’énergie électrique à base de vapeur, équivalant à 26 pour cent de la puissance actuelle  installée  par des producteurs d’électricité indépendants

Impacts attendus à l’achèvement du projet :

  • approvisionnement supplémentaire en énergie répondant aux besoins de 500 000 ménages et 300 000 petites entreprises du Kenya, et fournissant 1 000 GWh d’énergie à d’autres entreprises et industries de ce pays
  • élimination d’émissions équivalant à 2 millions de tonnes de CO2 par année

Contexte : Bien que le Kenya produise tout juste assez d’électricité pour répondre à la demande actuelle des ménages et des entreprises reliés au réseau, il est constamment affecté par des coupures de courant qui non seulement occasionnent des inconvénients, mais font également perdre des revenus aux entreprises qui en dépendent. Le problème réside en grande partie dans la dépendance du pays à l’égard de l’énergie hydroélectrique, qui représente la moitié environ des capacités installées. Comme il n’y a pas de marge de réserve en cas de baisse de la production électrique par temps de sécheresse, le gouvernement est obligé de supporter les frais d’une production électrique de secours. Compte tenu du coût de cette énergie, cette solution doit être écartée dans le long terme. Aujourd’hui, une part de 13 % seulement de l’approvisionnement électrique du Kenya provient de l’énergie géothermique, alors que l’exploitation de tout le potentiel de cette source pourrait répondre à cinq fois la demande entière du pays.

Objectifs : Depuis 2011, la BAD, en partenariat avec les Fonds d’investissement climatique, l’Agence française de développement, la Banque européenne d’investissement et le gouvernement kenyan, travaille à la diversification du bouquet énergétique du Kenya, en cherchant à doter le pays en énergie propre, fiable et de faible coût.  Elle travaille aussi à renforcer le réseau national en augmentant d’environ 10 % la puissance installée en  énergie renouvelable.  Ce qui est conforme à la vision du pays en matière de croissance verte. Plus particulièrement, le projet vise à mettre en valeur le champ de vapeur géothermique de Menengai afin que suffisamment de vapeur pour la génération de 400 MW de puissance électrique soit produite de manière indépendante par des producteurs du secteur privé.

Spécificité du projet : Le projet de Menengai est le premier à être approuvé sous le Programme des Fonds d’investissement climatique pour le renforcement des énergies renouvelables dans les pays à faible revenu. Il a contribué à établir, et a été le premier à tester un nouveau modèle de développement rapide de ressources géothermiques dans le système de la vallée du Rift est-africain. Ce modèle prévoit le financement des étapes initiales et des activités à haut risque, liées pour la plupart aux forages, par des institutions de financement du développement, y compris la BAD.  Ce financement se fait au moyen de prêts concessionnels, afin que soit ouverte la voie à l’entrée subséquente d’investisseurs privés s’occupant de convertir la vapeur en énergie électrique. La Banque tirera parti de cette expérience pour contribuer à la réalisation de plans géothermiques futurs aux Comores, à Djibouti, en Éthiopie et en Tanzanie. 

Témoignages de bénéficiaires

« L’électricité (générée) devrait réduire le prix actuel de l’électricité, qui est de 16 shillings kenyans le kilowattheure, à 7-9 shillings le kWh... Le fait de disposer d’une électricité moins chère stimulera les activités économiques aussi bien locales que nationales, favorisant la création d’emplois et l’amélioration des moyens de subsistance ».

Caleb Indiatsi, chef du service de planification et de projets de la Geothermal Development Company 


« Nous espérons que d’ici à 2030, 90 pour cent des habitants du Kenya auront l’électricité dans leur foyer, grâce à ce que vous voyez se dérouler derrière nous ».

Dr. Peter A. Omenda, directeur général de la Geothermal Development Company

« Le géothermique va appuyer notre transformation socioéconomique et améliorera partout la qualité de notre énergie pour l’éclairage, y compris dans les régions rurales du Kenya ».

Patrick Nyoike, ancien secrétaire permanent au Ministère kenyan de l’Énergie


« L’empreinte géothermique est minime. Les émissions du géothermique, composées de sulfate d’hydrogène et de bioxyde de soufre, sont si faibles qu’elles n’ont aucun effet sur les êtres humains et les animaux ».

Geoffrey Muchemi, chef du développement du projet géothermique Olkaria de KenGen

« Quand il n’y a pas d’énergie, vous ne pouvez rien faire. L’électricité est absolument nécessaire. Sans électricité, pas de travail ».

Un charpentier anonyme au Kenya