Vers une agriculture durable : Projet multinational de diffusion du riz NERICA au Bénin


Contexte

L’Afrique importe chaque année le tiers de la production mondiale de riz, avec près de 20 % (5,2 millions de tonnes) pour la seule Afrique de l’Ouest. À l’horizon 2020, si sa production intérieure continue de se laisser distancer par la demande croissante, il faudra à l’Afrique 17 millions de tonnes supplémentaires de riz décortiqué, correspondant à plusieurs milliards en devises déjà rares. Toute hausse du prix du riz sur le marché international aura une incidence négative sur la sécurité alimentaire, notamment pour les ménages pauvres.

L’accroissement de la productivité du riz africain représente alors une autre stratégie de réduction de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire, en particulier en Afrique de l’Ouest où le riz est la culture vivrière de base enregistrant la croissance la plus rapide.

En 2005, sept pays d’Afrique de l’Ouest – le Nigeria, le Mali, la Sierra Leone, le Bénin, le Ghana, la Guinée et la Gambie – ont sollicité l’appui de la Banque en vue de renforcer la sécurité alimentaire à l’échelle régionale, à travers le financement de la diffusion de la nouvelle technologie et le partage du savoir sur les nouvelles variétés du riz NERICA (Nouveau riz pour l’Afrique) créées par AfricaRice.


Faits & Chiffres clés

  • Approbation: 2005
  • Financement: 34 millions de dollars EU
  • Région : Afrique de l’Ouest (Nigeria, Mali, Sierra Leone, Bénin, Ghana, Guinée et Gambie)
  • Bénéficiaires: 241.000 familles bénéficiaires 

Objectifs

Dans les 7 pays d’Afrique de l’Ouest concernés par ce projet :

  • Améliorer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté pour les ménages agricoles
  • Accroître la production riz à l’échelle nationale en vue de réduire la dépendance aux importations 

Impacts

  • Sécurité alimentaire renforcée grâce à une meilleure résilience des rendements des cultures face aux épisodes de sécheresse (les 19 variétés de riz NERICA arrivent plus vite à maturation, résistent aux mauvaises herbes, leur teneur en protéines étant 25% plus élevée que la moyenne des autres variétés) 
  • Niveau de pauvreté réduit pour 241.000 familles dont le revenu a été multiplié par 3 grâce à l’amélioration des rendements des cultures du riz Nerica (2500 kg/ha contre 800 kg/ha pour le riz traditionnel)
  • Economies en devises et augmentation des recettes tirées des exportations dans le cadre du commerce du riz et de ses semences entre les pays membres régionaux et avec d’autres pays.

Témoignage

Mathieu Aïmontche, 45 ans, agriculteur, village de Lélé

‘La population dans les villes augmente, la demande aussi, ce qui fait que le riz NERICA est un succès…Avec un rendement en moyenne 3 fois plus élevé, ce projet m'a permis d'acheter une moto, de contribuer aux charges du ménage et de construire une maison".