Témoignages sur le PAPIL recueillis dans la région de Fatick

Michel Ndour, président du Comité régional de concertation de Fatick

« Quand le PAPIL est venu, au début nous étions très réticents, mais avec ses réalisations, le projet nous a vraiment apporté quelque chose de nouveau. Partout, il y a de l’eau, ce que nous n’avions pas auparavant. Il y a des digues et nous n’avons que de bons résultats partout. Vraiment, le PAPIL a participé à la lutte contre la pauvreté. Actuellement, tout le monde travaille, que ce soit dans l’agriculture ou le maraîchage. C’est quand même une chance pour nous d’avoir une bonne équipe du PAPIL, qui s’intègre à la population et qui nous apporte vraiment les moyens de lutter contre la pauvreté, comme la maitrise de l’eau et les barrages aussi pour éviter la salinité qui gagne du terrain au fur et à mesure. Ainsi, les terres cultivables augmentent et il y a un impact sur l’environnement aussi ; actuellement, les sols deviennent de plus en plus riches. Ce, avec l’appui des techniciens. Le PAPIL a donné de bons résultats depuis son démarrage. Nous sommes satisfaits. C’est le premier projet avec d’aussi bons résultats à ce jour. »

Karim Sène, président de la communauté rurale de Fimela

« En tant que président de la communauté rurale, nous travaillons étroitement avec le PAPIL. Je reconnais le travail qui a été abattu au niveau de la localité. Ils font un travail excellent, qui mérite vraiment des encouragements. Le plus petit bambin de la communauté rurale de Fimela peut vous dire les réalisations du PAPIL. Grâce au PAPIL, la communauté rurale de Fimela atteindra d’ici quelques temps, s’il plait à Dieu, l’autosuffisance alimentaire. »

Samba Thiaw, président des organisations de producteurs de Keur Alioune Guèye

« Avant, nous cultivions le riz au niveau de cette vallée. Mais, à un moment, il s’est trouvé que l’eau ne s’arrêtait plus, elle allait directement à la mer. Nous ne pouvions pas l’arrêter, de telle sorte qu’en fin de saison, on récoltait le quart de ce qu’on avait semé. Alors, lorsque le PAPIL est arrivé, ça nous a sortis de cette situation : non seulement l’eau s’est arrêtée, mais les producteurs, ceux qui exploitaient la vallée, c'est-à-dire les 7 villages, ont vu leur nombre augmenter. Avant, on ne voyait que 50 producteurs, mais, actuellement, ils sont au nombre de 200 qui s’activent dans la vallée. Les activités se sont aussi multipliées, parce qu’en plus de la riziculture, il y a l’apiculture, l’arboriculture et le maraîchage qui ont fait un bond considérable. »

Adja Khady Labou, présidente des Groupements de promotion des femmes, Département de Fatick

« Je remercie le PAPIL, qui est venu pour aider la région en nous impliquant. Traditionnellement, chaque famille avait son grenier avec du mil et du riz, mais tout avait disparu. Aujourd’hui, nous sommes satisfaites des initiatives du PAPIL, qui nous a permis de disposer de stocks de riz et mil, ce qui aide à lutter contre la pauvreté. Que le PAPIL appuie les Groupements de promotion des femmes est une bonne chose, car il y a des Groupements au niveau des villages les plus reculés. Le fait de travailler avec les Groupements dans les vallées, d’aménager des digues anti-sel, d’aider pour les semences et les intrants, de construire des magasins, d’équiper en moissonneuses et batteuses, aident la région à se développer, ça ne fait pas de doute. Et nous les en remercions profondément. Nous n’avons pas beaucoup de moyens, mais nous avons pu bénéficier d’un accompagnement, et nous pouvons faire face à nos besoins. »

Abdoulaye Ndiaye, président de la communauté rurale de Keur Samba Guèye

« Avant la réalisation de l’ouvrage digue-piste de Médina Djkoye, les villages qui se trouvent de l’autre côté de la vallée faisaient presque partie de la Gambie, car en hivernage le passage était infranchissable. Ils menaient toutes leurs activités en territoire étranger. Présentement, ils vaquent à leurs occupations comme tous les Sénégalais, ils n’ont aucun problème pour se rendre à l’intérieur ou se faire soigner dans les postes de santé de la communauté rurale. Près de 15 000 habitants vivent derrière la vallée, dont ma communauté rurale de Keur Samba Guèye, celle de Keur Saloum Diané et plusieurs villages autour de Kaolack. Tous passent désormais par la digue-piste de Médina Djikoye pour se rendre à Kaolack ou ailleurs à l’intérieur du pays. »

Jean-Charles Faye, directeur de l’Agence nationale pour le conseil agricole et rural (ANCAR Kaolack-Fatick)

« Depuis 5 ans, nous avons développé un partenariat avec le PAPIL au niveau de la zone de Fatick. Ce qu’il faut dire dans ce partenariat, c’est que le PAPIL a permis de développer une synergie et une complémentarité avec l’ensemble des acteurs du développement rural, notamment l’ANCAR[1] et l’Institut sénégalais de recherches agricoles, pour mener des activités qui permettent d’augmenter les rendements au niveau des vallées qui sont aménagées par le PAPIL. Pour l’ANCAR, c’est une œuvre salutaire, dans la mesure où le PAPIL a permis, grâce à l’aménagement des ouvrages, de mettre en place un socle, un support qui valorise le Conseil agricole rural. Comme vous le savez, le Conseil agricole est un service, mais pour assurer ce service, il faut nécessairement mettre en place des infrastructures et financer des actions, afin de permettre aux agents chargés de la vulgarisation d’amener le savoir et le savoir-faire jusqu’aux producteurs. C’est ainsi qu’on a permis quand même, dans certaines zones, de renforcer les capacités des producteurs à travers la diffusion d’un certain nombre de technologies, en faisant des formations sur des thèmes allant de la production jusqu’à la transformation des produits agricoles, pour la riziculture aussi bien que pour le maraîchage. Cela a permis également d’augmenter la productivité et les rendements : on est passé de 600 kg à plus de 3 tonnes à l’hectare pour la production de riz, et même à 6 tonnes à l’hectare pour le volet d’appui à la multiplication de semences de riz. Cela a permis, dans toutes les zones où le PAPIL a eu à réaliser des aménagements, qu’on parvienne à l’autosuffisance alimentaire. L’autre objectif, c’est d’arriver à avoir un surplus de production pour la commercialisation, afin d’augmenter les revenus de ces producteurs. »

Mamadou Camara, chef d’antenne du PAPIL de Fatick

« Dans la région de Fatick, où la salinisation des sols limite le développement de la végétation, la mise en place de digues anti-sel, de diguettes de ceinture et de cloisons a eu un effet très bénéfique sur la végétation. En effet, on observe une bonne régénération des espèces arborescentes et ligneuses, en raison de la recharge de la nappe phréatique. Cette catégorie d’intervention représente une modification favorable de longue durée, à l’étendue locale et qui agit fortement sur la qualité de la végétation terrestre dans les milieux concernés. La présence de petits aménagements hydro-agricoles (retenues, bas-fonds et mares) dans les bas-fonds concernés par le projet permet d’assurer la maîtrise des eaux de ruissellement, en favorisant une répartition équilibrée de l’eau à l’intérieur des vallées et de leurs bassin versants, que ce soit en stockant l’eau ou en l’utilisant de manière plus efficace. La mise en défens[2], le reboisement et les brise-vents autour de certains aménagements contribuent à réduire la perte de couverture végétale causée par le lessivage des sols ou par l’érosion éolienne. Pour être efficace, la mise en défens est combinée à des actions visant à restaurer et maintenir la fertilité des sols. Par ailleurs, la réussite du Projet est induite par l’approche partenariale flexible et intégrale, la responsabilisation des autorités locales, le dynamisme de la démarche de mobilisation et de structuration autour de la valorisation des aménagements. En accompagnant les populations dans cette dynamique, le PAPIL a pu apporter des réponses concrètes aux problèmes liés aux changements climatiques. Pour répondre aux changements climatiques, les interventions du projet s’appuient sur une approche à deux niveaux : la mise en œuvre d’activités qui participent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ; ces mesures d'atténuation du changement climatique concernent notamment les activités de reboisement, de mise en défens de terroirs boisés et de régénération de mangroves ; et la promotion d’activités et de pratiques adaptatives visant à réduire la vulnérabilité des systèmes de production aux effets des changements climatiques ; ces mesures d'adaptation se traduisent pas un ensemble d’activités variées comme la lutte anti-sel, la récupération de terres dégradées par des techniques de conservation des eaux et des sols, l’aménagement d’ouvrages de stockage, la promotion de techniques culturales adaptées, la protection de milieux insulaires, etc. »

Fatou Senghor, trésorière générale de l’organisation des producteurs de Dassilamésocé 

« Je suis transformatrice d’anacarde de profession, et l’idée de pratiquer le maraichage ne m’avait jamais traversé l’esprit. Mais avec l’arrivée du projet PAPIL, j’ai pris un travailleur saisonnier et, à ma première campagne de culture d’oignons, en 2012, j’ai récolté 66 sacs, qui m’ont rapporté 759 000 francs CFA. Pour la campagne 2013, J’ai recruté deux travailleurs saisonniers et j’ai pu récolter 114 sacs d’oignons, vendus pour 131 1000 francs CFA. Les bénéfices tirés de ces ventes m’ont permis d’améliorer mes conditions de vie, j’ai acheté pour 250 000 francs CFA de meubles. »


[1] Direction régionale de développement rural.

[2] Technique qui consiste à mettre au repos, par des rotations périodiques, des surfaces dégradées afin d’y favoriser la restauration de l’écosystème.